28 mai 2015
Originaire de l’Inde, un magnat des affaires établi au Canada, et menant une existence à plein gaz, cache un lourd secret sur son passé qui ne cesse de le hanter.

Après le prometteur Haani / Happy (2013), Amitoj Mann réalise un premier thriller d’action en langue pendjabi, risquant le tout pour le tout. Le résulTat s’avère plutôt hésitant, voire même décevant. La mise en scène, bancale, oscille entre les joutes psychologiques et les scènes d’action ne correspondant pas à un genre précis. La présence du comédien-chanteur Harbhajan Mann dénote cependant un gain d’espoir.
Mais pas à ce point, puisque l’intrigue, fortement appuyée, ne repose que sur des codes écoulés, pris d’autres films de divers genres. À un certain point, il nous est impossible de savoir où se dirige le récit, dû à une avalanche de personnages qui se présentent sans crier gare. Mann, l’acteur se débrouille du mieux qu’il peut grâce notamment à un physique séduisant et une présence charismatique.
Des personnages secondaires se glissent dans l’ensemble, provoquant des petites zones de turbulence. La fin, calquant le western, propose quelques bonnes idées, mais mal ficelées, sans surprises ni agréments. Quelques chansons et deux ou trois inserts chorégraphiques s’aventurent par ci par là, sans aucune logique dans ce récit d’une âme tourmentée qui crie vengeance pour le mal qui lui a été fait.
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Genre : Suspense / Thriller – Origine : Inde / Canada / Grande-Bretagne / Australie / États-Unis – Année : 2015 – Durée : 2 h 12 – Réal. : Amitoj Mann – Int. : Evelyn Sharma, Ashisha Duggal, Girja Shankar, Harbhajan Mann, Manpreet Grewal, Shavinder Mahal, Tarsem Paul – Dist. / Contact : Imtiaz Mastan.
Horaires : @ Cineplex
CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
Alors qu’elle mène une existence paisible, une enseignante à la retraite croise un homme de son âge qui pourrait transformer sa vie amoureuse.

Genre : Comédie dramatique – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 26 – Réal. : Brett Haley – Int. : Blythe Danner, Martin Starr, Sam Elliot, Malin Akerman, Rhea Perlman, June Squib – Dist. / Contact : Remstar.
Horaires : @ Cineplex
CLASSIFICATION
Général
Bien plus qu’un simple film de mode, ce documentaire raconte avant tout une histoire sur la créativité et comment, malgré l’âge avancé de Iris, un esprit libre persiste à nous inspirer.

Il y a quarante ans, sortait au New York Film Festival, Grey Gardens, des frères David et Albert Maysles et de leurs coréalisatrices Ellen Hovde, Muffe Meyer et Susan Froemke. Ce regard acéré sur deux parentes appauvries de Jacqueline Bouvier Kennedy avait choqué pour sa description des liens complexes entre une mère et une fille. Celle-ci, Edie, se signalait par des accoutrements étonnants recyclant des vieilles choses défraichies. Depuis la mort de David en 1987, Albert a multiplié ses croquis de personnalités du monde artistique bien loin de leur Salesman. Ainsi dans Christo in Paris, il suit les démarches de cet artiste pour envelopper de toile un certain temps le Pont-Neuf au complet, ce qui suscita d’abord les hauts cris.
Iris Apfel est une nonagénaire encore pleine de vitalité qui continue à défier les diktats de la mode en mélangeant haute couture et breloques ou bracelets et des jeans avec des tuniques venant de civilisations éloignées dans le temps ou l’espace. Le cinéaste, également cameraman, suit donc cette carte de mode ambulante dans ses déplacements à New York et ailleurs où elle continue de dire certains aphorismes et deviser sur le style et la beauté avec des personnalités ou des clientes d’un grand magasin. La relation encore amoureuse avec Carl, après plus de soixante-cinq ans de mariage, constitue un des points d’ancrage de cette vie virevoltante. Cela est l’occasion de visites dans leur appartement trop plein d’objets de toutes sortes collectionnés tout au long d’une vie de décoratrice d’intérieur. La section sur leur entreprise Old World Weavers qui recréait des tissus anciens est trop succincte et Iris met le holà à une anecdote sur la Maison Blanche. La célébrité restreinte, grandement renforcée par l’exposition au musée new-yorkais de la mode The Museum at FIT est mieux décrite.
L’on sent, dans le regard de Maysles, un autoportrait partiel devant la résilience de cette femme âgée qui continue à créer et à dispenser la bonne parole à des étudiantes étonnées de son savoir encyclopédique. Avec Bill Cunningham New York (2011), le documentaire de Richard Press sur le photographe du New York Times, croquant les silhouettes de la mode urbaine new-yorkaise, cet avant-dernier film d’Albert Maysles constitue un hommage à la pluralité étonnante de ces styles vestimentaires.
Genre : Documentaire – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 23 – Réal. : Albert Maysles – Dist. / Contact : Kinosmith (Cinéma du Parc).
Horaires : @ Cinéma du Parc
CLASSIFICATION
Non classé
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
À la suite d’un séisme d’une amplitude exceptionnelle provoqué par le coulissement extrême de la faille géologique de San Andreas, en Californie, Ray, pilote d’hélicoptère de secours de la ville de Los Angeles, tente par tous les moyens de sauver sa fille.
VÉRITABLE TSUNAMIRéalisateur de quelques courts métrages, de téléséries et des longs peu satisfaisants, Cats and Dogs : The Revenge of Kitty Galore (2010) et Journey 2: The Mysterious Island (2012), Brad Peyton se permet le film-catastrophe à grands renforts de quelques séquences spectaculaires, pour le genre, réussis grâce notamment aux trucages adéquats et à un suspense plutôt adroit.
Mais le premier scénario de long métrage de Carlton Cuse, transfuge de la télé, d’après une idée du duo Andr Fabrizio et Jeremy Passmore, aux antécédents peu sérieux, ne passe pas inaperçu par son indigence et le manque de cohérence, en l’occurrence le récit banal d’un couple en divorce et la présence de deux personnages-frères forcés, quoique sympathiques. Les invraisemblances s’accumulent : entre autres, les cellulaires qui fonctionnent parfaitement alors que San Francisco et Los Angeles sont dévastées par un tremblement de terre à l’échelle 9.5 et un épouvantable tsunami. Ne reste donc aux spectateurs que le plaisir coupable d’assister à un genre déjà mieux exploité,écartant ainsi toute réflexion raisonnable de sa tête.
Pour faciliter le happy end, les auteurs n’hésitent pas une seconde à troquer leur mauvaise foi en présentant un personnage faussement lâche. Quant aux interprètes, Dwayne Johnson s’accomode plutôt mal de son rôle, cantonné comme pilote d’helicoptère pendant presque toute la durée du film, tandis que les autres s’enlisent avec difficulté dans les méandres d’une immense ville qui disparaît à une vitesse incroyable.
Genre : Film catastrophe – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 54 – Réal. : Brad Peyton – Int. : Dwayne Johnson, Alexandra Daddario, Carla Gugino, Colton Haynes, Ian Gruffudd, Paul Giamatti – Dist. / Contact : Warner.
Horaires : @ Cineplex
CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
Nouvellement affectée à l’ambassade des États-Unis à Londres, Kate Abbott, déléguée du service des affaires extérieures, se retrouve au cœur d’un vaste complot qui vise la sécurité de son pays.
SANS COMMENTAIRESGenre : Suspense d’espionnage – Origine : États-Unis / Grande-Bretagne – Année : 2015 – Durée : 1 h 36 – Réal. : James McTeigue – Int. : Mila Jovovich, Pierce Brosnan, Dylan McDermott, James D’Arcy, Frances de la Tour, Angela Bassett – Dist. / Contact : V V S.
Horaires : @ Dollar Cinema
CLASSIFICATION
Général
(Déconseillé aux jeunes enfants)
Métaphore animalière sur la résistance palestinienne à l’occupation israélienne lors de la première intifada.

Des documentaires sur la Palestine, il en existe déjà beaucoup, et il continuera de s’en faire. La particularité du film Les 18 Fugitives (The Wanted 18) tient à la fois dans son sujet et dans son style. En 1988, 18 vaches sont achetées par un fermier palestinien du village de Beit Sahour à un kibboutz israélien, afin de ne plus dépendre des approvisionnements extérieurs pour donner du lait aux enfants. Cet épisode peu connu du conflit est documenté ici dans le contexte plus large de l’asservissement des palestiniens avec des techniques différentes mais complémentaires par le réalisateur québécois Paul Cowan et l’artiste palestinien Amer Shomali.
Tout d’abord, l’information est livrée de façon conventionnelle par le biais des images d’archives, de quelques reconstitutions et des entrevues d’intervenants des deux camps. Filmées en couleur et montées au gré des souvenirs d’enfance de Shomali, ces séquences chronologiques s’entremêlent avec une restitution des faits filmée en noir et blanc au style beaucoup plus léger, désinvolte presque. Les dessins de Shomali sont mis à contribution pour illustrer certains passages, et des petites marionnettes animées personnifient quelques unes de ces 18 vaches providentielles.
Rivka la pacifique, Ruth qui n’aime pas les palestiniens, Lola fan de Madonna et Goldie, la plus jeune, commentent les faits, revivent les événements et se font ainsi les portes parole de l’Histoire d’une manière plus récréative, sans pour autant diminuer la portée du propos. Hautement symboliques, ces ruminants pacifiques portent en eux l’esprit de révolte de palestiniens tout aussi pacifiques.
Habile combinaison d’animation image par image, d’illustrations, d’entrevues et de documents d’archive, Les 18 Fugitives est une œuvre dotée d’une appréciable originalité, à la fois dans la forme et dans le fond.
Genre : Documentaire d’animation – Origine : Canada [Québec] / Palestine / France – Année : 2014 – Durée : 1 h 15 – Réal. : Paul Cowan, Amer Shomeli – Dist. / Contact : ONF.
Horaires : @ Cinéma du Parc
CLASSIFICATION
Général
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
Essai cinématographique tourné lors d’une traversée de l’océan à bord d’un navire de charge.

Lumineuse ode à la mer et à ces milliers de marins anonymes qui voyagent sur elle, Transatlantique a été réalisé, mis en images et en sons par les trois frères Dufour-Laperrière qui, durant plus de trois semaines, ont filmé de l’intérieur une traversée reliant l’Europe du Nord et Montréal effectuée sur le Federal Rideau, un navire cargo canadien battant pavillon chinois.
Il est des documentaires, mi fictionnels, mi réalistes, qui demandent au spectateur une attention particulière et un abandon total. Dans la courte liste de cette catégorie, le Miron : un homme revenu d’en dehors du monde de Simon Beaulieu est encore frais en mémoire. Poursuivant une démarche entreprise dans plusieurs courts métrages, Félix Dufour-Laperrière nous livre Transatlantique, un essai artistique inclassable à l’esthétique hautement travaillée. Un premier long métrage remarqué au dernier FNC puis aux RVCQ, où il fut récompensé du prix Pierre et Yolande Perreault décerné au réalisateur du meilleur premier ou second documentaire.
Unique objet tout en sensations, usant des répétions qui marquent invariablement un si long périple, le film vit au rythme des tempêtes, des moments de détente, de prières et d’inspections dans les cales ou dans la salle des machines (plusieurs scènes filmées là sont impressionnantes). Si ce poème sacré composé d’autant de terreur que de fascination laisse une large place à la contemplation et à l’abstraction, il ne perd pas pour autant son caractère instructif en montrant sans avoir à forcer le trait documentaire l’emploi du temps de ces marins étrangers (bien que non précisée, leur origine doit être indienne). Nettoyage des cales, épluchage de patates en cuisine, navigation attentive, le tout sans entrevue, sans sous-titres ni cartons explicatifs. Et l’emploi d’un noir et blanc contrasté mettant en évidence la variation des ombres, la moindre lumière, le plus petit geste de ces êtres minuscules perdus dans l’antre de 35 000 tonnes de métal.
Bien sûr, le style fait immédiatement penser à l’hallucinant Leviathan, de Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel. Et même s’il ne l’égale pas dans sa puissance, Transatlantique a cette rare capacité à évoquer une réalité de manière tout à fait originale, histoire d’aiguiser notre regard de plus en plus formaté. De telles œuvres, ciselées en dehors des modes et du temps, sont rares.
Genre : Essai documentaire – Origine : Canada [Québec] – Année : 2014 – Durée : 1 h 12 – Réal. : Félix Dufour-Laperrière – Dist. / Contact : La Distributrice de films.
Horaires : @ Excentris
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Non classé
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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