En salle

Caprice

12 juin 2015

Caprice

Père séparé qui a son enfant en garde partagée, Clément est un professeur en quête d’amour. Adepte de théâtre, il a adoré la nouvelle pièce qui met en vedette Alicia. Quelle n’est pas sa surprise d’apprendre que la comédienne cherche un enseignant pour son neveu et qu’elle a jeté son dévolu sur lui.

SACCADES ROMANTIQUES

Charles-Henri Ramond
CRITIQUE

★★ ½

Fidèle à lui-même, Emmanuel Mouret signe avec Caprice une agréable comédie romantique tout en décalage, résolument nichée dans un univers candide, tendre complice des émois amoureux. Un prof timide et incertain, une star lointaine et une jeune femme fonceuse et voilà une histoire d’amour improbable, même pas moderne, dans laquelle Mouret parvient à aménager l’intervalle intangible qui sépare le drame de la comédie et le réel de l’imaginaire. La savoureuse théâtralité de ce ménage à trois fait écho aux grandes heures du marivaudage à la française par sa facilité apparente à s’appuyer sur le naturel et la sincérité du jeu de ses interprètes. Suite

Hamari Adhuri Kahani

Our Incomplete Story

L’histoire d’amour à la fois tendre et complexe entre Vidya, une femme délaissée par son mari et dévouée à la réussite de son fis, et Karan, puissant magnat de l’hôtellerie qui n’a jamais eu le temps de penser à l’amour.

AIMER À PERDRE LA RAISON

Élie Castiel
CRITIQUE
★★ ½

Les critiques indiens sont les plus durs envers leur cinéma, parfois même gratuitement, mais sans doute aussi en raison de ce qu’ils observent, notamment dans les festivals internationaux, voire dans les films occidentaux qui, eux, en général, évitent le mélodrame.

Après le film d’action The Villain (Ek Villain, 2014), précédé d’une dizaine de longs métrages, Mohit Suri prend le risque de proposer un mélo comme on en faisait en Inde dans les années 50 et 60. Le problème réside dans le fait que l’action à lieu de nos jours, rendant les invraisemblances encore plus suspectes. Les retours en arrière facilitent, certes, la compréhension d’un récit qui ne s’éclaire que vers le milieu du film, mais force est pourtant de souligner que le spectateur le plus crédule pourrait ressentir un certain malaise.

La direction photo de Vishnu Raoo, proche des personnages et des lieux, contribue à placer en exergue une relation amoureuse interdite par une société ancrée dans des valeurs et des traditions ancestrales. Si à un certain point, la femme se révolte dans les traits de Vidya Balan, l’une des plus prometteuses comédiennes à Bollywood, elle jette soudainement son objectif dans l’univers de l’ordre établi (parents, police, hommes en général). C’est ainsi que va le cinéma bollywoodien, voulant faire plaisir à l’un et à l’autre : le libre et émancipé et le traditionnel, trop à l’aise dans son confort et son indifférence.

La fin, soulignée à gros traits et qu’on ne révelera pas, confirme ce constat qui n’est pas prêt à changer malgré les récentes perturbations sociales dans l’Inde de ces dernières années. Dans ce récit amoureux et affectif tout de même intéressant, particulièrement parce qu’il jette un regard nostalgique sur le cinéma d’une autre époque, Emraan Hashmi s’en tire agréablement bien, mais Rajkummar Rao, qu’on ne voit pas souvent dans le film, propose une brillante performance en assumant parfaitement un rôle à plusieurs registres psychologiques. Quant aux critiques indiens, ne nous laissons pas entourlouper par leur approche rabat-joie.

revuesequences.org
Sortie : Vendredi 12 juin 2015
Version originale :  hindi

S.-t.a. > Our Incomplete Story

Genre : Drame romantique – Origine : Inde – Année : 2015 – Durée : 2 h 02 – Réal. : Mohit Suri – Int. : Emraan Hashmi, Vidya Bolan, Rajkummar Rao, Zachary Coffin, Amala Akkineni – Dist. / Contact : Fox International.
Horaires : @ Cineplex

CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Jurassic World

Jurassic World

Grâce à l’investissement d’un jeune milliardaire, Simon Masrani, le rêve de John Hammond est maintenant réalisé : Jurassic World est le plus grand parc à thème abritant des animaux de la préhistoire. Mais un jour…

INDOMINUS REX S’EST ÉCHAPPÉ

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★

Malgré tous les obstacles, certains genres subsisent au passage du temps. Plus de vingt ans après Jurassic Park (1993), une nouvelle génération de scénaristes réalisent leur rêve de faire revivre l’un des films parmi les plus excitants de Steven Spielberg. Jeux vidéo étant à l’ordre du jour, Jurassic World s’adresse particulièrement aux nouveaux adeptes du genre, visant essentiellement sur le caractère spectaculaire, laissant tomber au passage divers aspects psychologiques. Aujourd’hui, peu importe la résonnance narrative sur les personnages, ou du moins, ces derniers ne manifestent que peu d’importance à leurs rôles, se soumettant au service de l’imaginaire visuel.

La caméra jette ainsi son dévolu sur ces étranges bêtes sortis d’un autre âge. À tel point qu’ils deviennent les protagonistes principaux de ce ludique jeu vidéo sur grand écran. Quelques détails humains s’infiltrent tout de même par ci par là, donnant une vision de la femme dans le nouveau contexte hollywoodien. D’incertaine et innofensive, Claire (très convaincante Bryce Dallas Howard) se transforme en guerrière accomplie, au grand étonnement de Owen (Chris Pratt, très bon en honcho viril de service). Les nouvelles amazones portent désormais robe serrée et talons hauts, sont sexy, féminines, hétéro à 100 %, prouvant que la féminité ne se perd pas dans la lutte contre l’ennemi. Apport sans doute de la scénariste Amanda Silver (Dawn of the Planet of the Apes, 2014) et en prévision de 2017 et 2018, Avatar 2 et Avatar 3), avide d’apporter au scénario son grain de sel.

La caméra jette ainsi son dévolu sur ces étranges
bêtes sortis d’un autre âge. À tel point qu’elles
deviennent les protagonistes principaux
de ce ludique jeu vidéo sur grand écran.

De l’économie de moyens utilisée en 1993 par Spielberg, avec un résultat tout de même impressionnant, les nouveaux scénaristes jouent la carte de la séduction, entraînant les spectateurs dans un véritable maelström de course contre la montre. Indominus rex s’est échappé, et cela est plus que suffisant pour provoquer le délire, autant chez les protagonistes que chez les spectateurs qui, à la fin, le soir de la première, ont applaudi à tout rompre.

Mais il manque un je-ne-sais-quoi dans Jurassic World. Sans doute un côté poétique que les effets numériques empêchent de se manifester à cause de leur frivolité, leur froideur, leur manque d’humanité et leur mécanique. Et pourtant, dans ce spectaculaire sport de combat que constitue la survie contre ces créatures encombrantes, existe, dans la mise en scène de Colin Trevorrow, une sorte de naïveté adolescente, une des tendances d’un certain nouveau cinéma grand public, de plus en plus infantilisant. Les nombreux films d’animation à prendre l’affiche depuis quelques années sont des exemples parmi les plus convaincants.

Quant à Jurassic World, il est certain qu’il brisera des records en terme de recettes aux guichets, grâce aussi à une finale conservatrice qui tout en se faisant rassurante, reflète en quelque sorte, l’état du monde. Décidément, la machine hollywoodienne se porte à merveille.

revuesequences.org
Sortie : Vendredi 12 juin 2015

Version originale : anglais
Version doublée : français > Monde jurassique

Genre : Aventures fantastiques – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 2 h 04 – Réal. : Colin Trevorrow – Int. : Chris Pratt, Judy Greer, Bryce Dallas Howard, Jake Johnson, Vincent D’Onofrio, Irffan Khan, Lauren Lapkus – – Dist. / Contact : Universal.
Horaires : @ Cineplex

CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL
(Déconseillé aux jeunes enfants)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Papa ou maman

Papa ou Maman

Après 15 ans de mariage, Florence et Laurent décident de divorcer. L’entente de garde partagée de leurs trois adolescents apparaît comme un obstacle majeur à l’essor de leur carrière professionnelle et une source d’interminables querelles.

 RÉPONSE… NI PAPA NI MAMAN !

Élie Castiel
CRITIQUE
½

Véritable jeu de massacre matrimonial qui ne rime à rien, Papa ou maman déçoit alors que des comédiens confirmés comme Marina Foïs, Laurent Lafitte et Michel Vuillermoz, sans oublier Anne Le Ny, se jettent corps et âme dans un tourbillon de dialogues sans queue ni tête, lourds, la plupart du temps prévisibles, écrits sans doute à la hâte, et qui sentent plus l’épate à plein nez qu’un sincère semblant de naturel.

Si la proposition est raisonnable, l’incontournable garde des enfants lors d’un divorce, force est de souligner qu’il s’agit là d’un des thèmes de prédilection d’un certain cinéma hexagonal, du déjà vu. Un détail nous échappe : quelle est la cause du soudain divorce entre Vincent et Florence Leroy ? Question à laquelle les scénaristes Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, plus chanceux dans le cas deu Prénom, n’ont pas su répondre, préférant se concentrer sur le côté pseudo-surréaliste de l’entreprise.

Ils sont tous insupportables, autant les adultes que les enfants, prisonniers d’une mise en scène, certes alerte, vive, colorée (avec ce genre de sujet, on n’a guère le choix), mais qui en se voulant sadique et spirituelle, ne fait que s’enfoncer dans des détails superflus, quelques vulgarités inutiles et une tendance vers les redites. Vuillermoz et Lafitte, tous les deux de la Comédie Française, méritaient beaucoup mieux que cela.

L’engouement du public, du moins en France, pour les comédies à la française ne date pas d’hier. Certaines ont réussi à prouver que le genre peut s’avérer non seulement généreusement rentable, mais également pavé de bonnes intentions et souvent réussi. Dans le cas de Papa ou maman, c’est triste à dire… ce n’est pas drôle et d’une connerie exaspérante qui laisse stupéfié.

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Sortie : Vendredi 12 juin 2015

Version originale : français
S.-t.a. > Daddy or Mommy

Genre : Comédie – Origine :  France – Année : 2014 – Durée : 1 h 24 – Réal. : Martin Bourboulon – Int. : Laurent Lafitte, Marina Foïs, Alexandre Desrousseaus, Anna Lemarchand, Achille Potier, Michaël Abiteboul – Dist. / Contact : A-Z Films.
Horaires : @ Beaubien Cineplex

CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Phoenix

LE FILM DE LA SEMAINE
Phoenix_En salle

PRIX DE LA « FIPRESCI »
Festival de San Sebastián 2014

Défigurée par une explosion, Nelly, survivante du camp d’Auschwitz, doit subir une chirurgie reconstructrice. Devenue méconnaissable après l’opération, elle s’installe à Berlin. Dans une ville détruite par les bombardements, Nelly part à la recherche de son mari, Johnny.

RECONSTRUCTION COLLECTIVE

Charles-Henri Ramond
★★★ ½

Après le vertigineux Barbara, réalisé il y a trois ans, Christian Petzold continue son évocation du rapport à la douleur en illustrant à nouveau les stigmates laissés par l’histoire de son pays. Dans ce précédent film – qui mettait déjà en vedette Nina Hoss et Ronald Zehrfeld – il nous proposait de partager la fuite en avant d’une jeune infirmière tentant de gagner l’Ouest. Ici, il élabore une histoire d’amour dans laquelle un futur idéalisé devient l’essence même de l’abandon et, par le fait même, du mensonge. Placé dans l’immédiat après-guerre – une période qui restera à jamais douloureuse dans la psyché allemande –, Phoenix dresse le portrait d’êtres marqués tout en tissant une toile collective sur les ravages de l’Holocauste. Nelly (Hoss) refuse l’idée de l’anéantissement de son amour, elle aime Johnny (Zehrfeld) son ex-mari qui n’hésite pas à la trahir pour des raisons financières. Entre eux, une image défigurée du passé et Lene (Nina Kurzendorf), une amie dont les espoirs de construire un avenir dans un état juif autonome se retrouveront anéantis.

Avec Phoenix, brillante histoire de reconstruction
collective, Christian Petzold confirme sans l’ombre d’un doute
qu’il est l’un des grands cinéastes européens en activité.

Par son utilisation d’espaces restreints, ceux des appartements ou des décors de ruines encore fumantes, la réalisation minutieuse de Petzold parvient à rendre encore plus étouffante une intrigue hautement symbolique. La structure narrative élaborée par paliers successifs fait évoluer le drame intime de Nelly vers un abandon total dans les promesses d’un avenir enfin possible. Faisant un trait sur son idéal amoureux, cette femme se lance alors dans une reconstruction progressive qui prend aussi l’apparence d’une renaissance collective de tout un pays qui laisse derrière lui l’innocence irrémédiablement détruite par les horreurs de la guerre. « Love is pure gold and time’s a thief » dit la chanson Speak Low de Kurt Weill, reprise dans une scène finale marquant avec une étonnante simplicité le début d’une autre histoire, celle de Nelly, celle de l’Allemagne tout entière.

Mais si le temps passe et si le phœnix renaîtra bien de ses cendres, les cicatrices, elles, resteront à jamais, comme le numéro tatoué sur l’avant-bras de Nelly et de millions d’autres. Avec Phoenix, brillante histoire de reconstruction collective, Christian Petzold confirme sans l’ombre d’un doute qu’il est l’un des grands cinéastes européens en activité.

 revuesequences.org
Sortie : Vendredi 12 juin 2015

Version originale : allemand
S.-t.a. / S.-t.f. > Phoenix

Genre : Drame psychologique – Origine :   Allemagne / Pologne – Année : 2015 – Durée : 1 h 38 – Réal. Christian Petzold – Int. : Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Nina Kunzendorf, Imogen Kogge, Michael Maertens, Uwe Preuss – Dist. / Contact : EyeSteelFilm.
Horaires : @ Cinéma du Parc Cineplex Excentris

CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

You ‘re Still the One

10 juin 2015

Semaine 12 au 18 juin 2015

En 1999, dans le cadre d’un concours scolaire d’éloquence, Élise et Jojo se livrent une bataille féroce. Les hostilités entre les deux adolescents provoquent une attraction mutuelle qu’ils ont du mal à avouer. Quinze ans plus tard, cette attirance devient un sentiment amoureux entre deux adultes.

SANS COMMENTAIRES
Film non vu.

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Sortie : Vendredi 12 juin 2015

Version originale : anglais, filipino, tagalog
S.-t.a. > You’re Still the One

Genre : Drame sentimental – Origine :   Philippines – Année : 2015 – Durée : 1 h 56 – Réal. Chris Martinez – Int. : Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Nina Kunzendorf, Imogen Kogge, Michael Maertens, Uwe Preuss – Dist. / Contact : A-Z Films.
Horaires : @ Cineplex

CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Aloft

6 juin 2015

Un jeune homme accompagne une documentariste française dans un long voyage qui le conduira à revoir sa mère, avec qui il a coupé tout contact depuis une décennie.

Aloft

SANS COMMENTAIRES
Film non vu.

revuesequences.org
Sortie : Vendredi 5 juin 2015
Version originale : anglais

Suite

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