16 juillet 2015

Sorti en France en 2012, ce n’est que trois ans plus tard que De l’autre côté du périph, titre original rebaptisé Incompatibles, sort finalement des tablettes des distributeurs, en plein été, alors que le cinéma hexagonal a encore plus de difficulté à rivaliser avec le géant américain.
Quoi qu’il en soit, nous sommes devant une comédie grand public qui calque sans grande originalité tous ces Beverly Hills Cop (Le Flic de Beverly Hills) et Lethal Weapon (L’Arme fatale) de ce monde, eux beaucoup plus achevés. L’intrigue en question repose sur un fait criminel prétexte à opposer les deux flics, aux méthodes à l’antipode l’une de l’autre. Il en résulte des face-à-face drôles, des situations prévisibles, des accrochages inattendus, et toujours un humour propre à ce genre de comédie.
Laurent Lafitte, issu de la Comédie française , institution d’excellente réputation, excelle dans les dialogues, les réparties, le rythme, la sonorité, prouvant qu’il peut habiter chaque rôle avec un charisme souverain et une habile intelligence. Face à lui, un Omar Sy, toujours aussi populaire, magnétique, multipliant les répliques assassines, directes et bien nourries avec un sans-gêne à la fois candide et rebelle. Entre ces deux acteurs (principaux), la complémentarité se taille une place généreuse, laissant les différences de classe sociale et de race aux oubliettes.
Genre : Comédie – Origine : France – Année : 2012 – Durée : 1 h 36 – Réal. : David Charhon – Int. : Omar Sy, Laurent Lafitte, Sabrina Ouazani, Lionel Abelanski, Youssef Hadji – Dist. / Contact : Séville.
Horaires : @ Beaubien
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En attente de classement
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ]
LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Jimmy’s Hall (2014) unit les thèmes de Cathy Come Home et de Kes dans une dimension historique. Sans faire suite à The Wind That Shakes the Barley (2006, Palme d’or à Cannes), le film se situe en continuité puisqu’il commence dix ans après la Guerre d’indépendance irlandaise (1919-1921) contre l’oppresseur anglais, dépeinte dans The Wind…, alors que la nation irlandaise reste politiquement et religieusement divisée.
Dans le comté de Leitrim, situé au sud de l’Irlande, James Gralton avait, avant la guerre, fondé la salle communautaire Pearse-Connolly, où jeunes et vieux se rencontraient pour danser et suivre des cours d’art, de musique, de littérature et de sport. Cet esprit de réjouissance et d’éducation n’avait pas fait l’affaire de l’Église, laquelle considérait l’éducation comme étant de son strict ressort. Jimmy avait dû fuir vers New York où il avait découvert le jazz et l’indépendance intellectuelle en vogue dans la grande ville. De retour au pays après 10 ans d’absence, à la suite du décès de son frère, Jimmy a pour seul objectif de prendre soin de sa mère et de la ferme familiale. Mais les jeunes du village veulent danser et convainquent Jimmy de rouvrir la salle, ce que ses anciens adversaires – dont le Père Sheridan – n’apprécieront guère, persuadés que le jazz est la musique du diable et que tous les communistes sont des agents de l’Antéchrist.
Ken Loach retrouve avec ce film élégant, raffiné et émouvant l’équipe technique qui avait fait le succès de The Wind That Shakes the Barley, dont le scénariste Paul Laverty. Si Jimmy’s Hall raconte une histoire à une échelle beaucoup plus réduite, elle n’en demeure pas moins historiquement significative, James Gralton ayant été déporté sans jugement et interdit à jamais de retour en Irlande. Malgré sa relative simplicité, l’histoire bénéficie de la main du maître Loach et se déroule sans fil visible, tel une soie ondoyante sur la verte campagne irlandaise.
Le ton est sobre, mais efficace, et le casting impeccable. Sans dresser artificiellement Jimmy et le Père Sheridan à la manière du combat de Titans de There Will Be Blood (2007), le réalisateur leur donne l’étendue nécessaire pour ériger leurs irréconciliables positions, tout en laissant au prêtre la possibilité d’exprimer des doutes face à lui-même, jusqu’à démontrer, à la fin, de l’admiration pour l’opiniâtreté de Gralton. Jim Norton effectue là un magnifique travail dans son personnage de prêtre conservateur, arrêté dans ses positions, mais non totalement dénué d’humour. De même, Barry Ward crée un personnage d’une grande noblesse, à la fois tendre et entêté, passionné et visionnaire. Sa façon sensuelle de montrer à ses compatriotes à danser le jazz, mêlant les roulements de hanches américains aux pas de gigues irlandaises, est un délice.
Genre : Drame biographique – Origine : Grande-Bretagne / Irlande / France – Année : 2014 – Durée : 1 h 49 – Réal. : Ken Loach – Int. : Barry Ward, Simon Kirby, Jim Norton, Denise Cough, Shane O’Brien, Francis Magee – Dist. / Contact : Métropole.
Horaires : @ Cineplex – Excentris
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Tout public
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★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ]
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FEMME DE PERSONNEAprès le prometteur Cold Souls (Âmes en stock, 2009), suivi de deux courts métrages, Sophie Barthes risque l’adaptation littéraire en abordant un classique français, Madame Bovary de Gustave Flaubert. Libre transposition qui repose beaucoup plus sur l’illustration visuelle que sur le fond. Les plans et les cadrages sont au service d’une œuvre photographique, donnant l’impression au spectateur qu’il feuillette un roman.
L’héroïne n’a pas appris les règles du mariage de l’époque. Sa sortie du couvent l’a immédiatement conduite à un monde d’adultes qui lui était, jusque-là, inconnu. Le film de Barthes repose sur ce personnage, laissant aux protagonistes masculins, réduits à des rôles caricaturaux, mais non pour le moins révélateurs. Mais avant tout, Madame Bovary est un film sur deux mondes qui se bousculent, celui égocentrique d’une femme capricieuse, encore enfant, et l’autre, composé d’hommes de bonne volonté et de commerçants avides de gain.
La beauté à la fois innocente, vulnérable et coupable de l’héroïne (toujours aussi magnifique et éthérée Mia Wasikowska) s’oppose au calme inquiétant et subtilement tendu des paysages de douce campagne. C’est là où le film de Barthes prend toute son ampleur, grâce à la direction photo contemplative d’Andrij Parekh (compagnon de Sophie Barthes dans la vie), métamorphosant les lieux en des tableaux dignes de maîtres, donnant pour ainsi dire à l’œuvre de Flaubert toute une autre dimension, presque métaphorique. Femme libre par auto-procuration, Madame Bovary n’appartient à personne.
Genre : Drame – Origine : Allemagne / Belgique / États-Unis – Année : 2014 – Durée : 1 h 59 – Réal. : Sophie Barthes – Int. : Mia Wasikowska, Henry Lloyd-Hughes, Rhys Ifans, Ezra Miller, Paul Giamatti, Logan Marshall-Green – Dist. / Contact : TVA.
Horaires : @ Beaubien – Cineplex
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Tout public
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★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ]
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SANS COMMENTAIRESGenre : Comédie dramatique – Origine : Canada – Année : 2014 – Durée : 1 h 30 – Réal. : Cameron Labine – Int. : Tyler Labine, Chace Crawford, Britt Irvin, Ben Cotton, Christine Willes, Paralee Cook – Dist. / Contact : TVA.
Horaires : @ Sphèretech 14 (Guzzo)
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Interdit aux moins de 13 ans
(Langage vulgaire)

Le phénomène Sherlock Holmes ne cesse de fasciner au bonheur des cinéphiles investigateurs. Ses méthodes de déduction pour élucider des crimes singuliers prolifèrent tant au grand écran, avec les interprètes Robert Downey Jr et Jude Law (Guy Ritchie, 2009, 2011), qu’en versions contemporaines dans les téléséries Sherlock, de la BBC, avec Benedict Cumberbatch et Martin Freeman, à Londres, et Elementary, de la CBS, avec Jonny Lee Miller et Lucy Liu à New York. Il faut rappeler que la plupart des séries télévisées de ce début de siècle, tant policières que médicales (Dr House, entre autres), appliquent systématiquement les principes narratifs de l’enquête propres à Sir Arthur Conan Doyle et Agatha Christie.
Dans ce nouvel opus des aventures du célèbre détective, interprété par un brillant Ian McKellen, on le retrouve dans la coquette campagne anglaise où il s’est retiré avec ses abeilles alors que ses vieux acolytes ont disparu pour faire place à Mrs. Munro, la gouvernante, et son fils Roger. Le temps ayant malheureusement atteint ses capacités physiques et son esprit incisif ne l’empêche pas de résoudre son dernier cas et de terminer le récit de son ultime énigme. Ici, Watson est remplacé par le jeune Roger, fasciné par le maître des lieux et ses ruches.
Depuis quelques années, le cinéma verse dans la gérontologie héroïque avec des films comme R.E.D., The Expendables, The Love Punch ou même Terminator Genesys. Pour sa part, le réalisateur Bill Condon propose un chapitre final, tiré de l’imaginaire de Mitch Cullin, mettant en scène l’homme au deerstalker, et ce, sans artifices ni coups de feu, mais avec tout le flegme propre à la légende. Par des aller-retour dans le passé, la trame dramatique se tisse à la vitesse des réminiscences du vieillard et des drames du quotidien. La photographie, digne des productions de la BBC, envoûte par sa maîtrise classique de la lumière. Le montage respecte les déplacements du vénérable monsieur tout en faisant preuve d’une belle vivacité. L’interprétation juste du jeune Milo Parker provoque tout de suite la sympathie d’autant plus que son personnage réussit à amadouer l’introverti Holmes. Sans présenter une réalisation innovatrice magistrale, Mr. Holmes a le mérite de faire passer un agréable moment avec une figure fascinante de la littérature. Élémentaire !
Genre : Drame – Origine : Grande-Bretagne / États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 45 – Réal. : Bill Condon – Int. : Ian McKellen, Milo Parker, Laura Linney, Hattie Morahan, Hiroyuki Sanada, Patrick Kennedy – Dist. / Contact : Séville.
Horaires : @ Cineplex
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Tout public
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★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ]
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Judd Apatow épate la majorité par son relâchement, ou bien déçoit certains, peut-être un peu trop frileux, à cause de son ironie parfois douteuse. Au diapason de son époque, il a recours à l’humour sexuellement explicite (ou presque), pince-sans-rire, farouchement égocentrique, illustrant un portrait de la vie, essentiellement celle vécue dans les pays occidentaux, et plus particulièrement en Amérique, comme s’il fallait finalement l’accepter comme une étape éphémère de l’existence. Car derrière la comédie, se cache ches les personnages une mélancolie, une nostalgie d’une autre époque qu’ils n’ont même pas connue, mais qu’ils imaginent.
Et paradoxalement, le temps présent enveloppe tout le film. En fin observateur de ses contemporains, Judd Apatow, ou plutôt Amy Schumer, stand-up montante, qui a écrit le scénario, illustre une vision réaliste de notre idiosyncrasie actuelle. La plume est incisive, vulgaire à l’image de sa contemporanéité, groteste dans ses incertidues, prenant la vie à grands coups de one-liners incendiaires et de situations rocambolesques. C’est ahurissant et dans le même temps émouvant, triste à en pleurer et d’une drôlerie incomparable.
La mise en scène semble donc contrôlée par le dialogue et la mise en situations d’une Schumer en plein délire qui, par miracle, se calme à certains moments, et on la croit. Photogénique, véritable girl-next-door, elle invite le grand public à célébrer un rituel social qui consister à déconner, s’en prendre à tout le monde, manifester son égoïsme généralisé. Bref, être d’aujourd’hui.
Mais il y a aussi Bill Hader, l’autre côté de la médaille qui croit en l’amour sincère et durable, convaincant dans gestuelle et son rapport aux autres, gauche et dans le même temps sûr de lui, représentant le groupe majoritaire de notre société ; et Tilda Swinton, méconnaissable et parfaite. Entre folie et mégalomanie, entre tendresse et débordement, entre états d’âme et remises en question, Trainwreck, dont le titre français de Cas désespéré est plus conforme au sujet, propose une fin politiquement correcte, mais qui s’inscrit parfaitement bien dans l’adage qui persiste à dire « ainsi va la vie ».
Genre : Comédie sentimentale – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 2 h 05 – Réal. : Judd Apatow – Int. : Amy Schumer, Bill Hader, John Cena, Dave Attell, Vanessa Bayer, Tilda Swinton – Dist. / Contact : Universal.
Horaires : @ Cineplex
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Interdit aux moins de 13 ans
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9 juillet 2015

Dans son précedent film Senna, le réalisateur britannique Asif Kapadia décortique l’accident mortel du pilote automobile brésilien Ayrton Senna à Imola en mai 1994. Malgré le fait que l’on connait l’issue fatale, on est étonné puis choqué des erreurs criminelles qui ont émaillé cette fin de semaine. Dans Amy, le concert à Belgrade en juin 2011 où Amy Winehouse se comporte de manière désordonnée crée un sentiment équivalent. L’impression de voir au ralenti une chute mortelle tout au moins sur le plan artistique nous taraude. Suite
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