28 août 2015

Les deux sujets courts du montréalais Adam MacDonald, Sombre Zombie (2005) et In the Dominican (2010) lui confère déjà le ton pour son premier long métrage qui, malgré quelques faiblesses dans la mise en scène et de rythme, s’avère quand même assez intéressant sur le plan de la durée. Point de repères narratifs fortuits ; chaque séquence respecte son contenu, certes invraisemblable par moments, mais formant un tout acceptable pour un premier essai. Aucun moment mort, donc, plutôt une tentative de s’en tenir au sujet, sans fioritures, faisant foi d’enthousiasme envers le projet.
SANS
La Caméra d’or décernée à César Acevedo cette année à Cannes confirme que le cinéma d’auteur ne cesse de s’affirmer comme unique représentant d’un art qu’on a parfois tendance de croire en régession. Avec La terre et l’ombre, titre on ne peut plus poétique, puissant et symbolique, le colombien César Acevedo signe un premier long métrage d’une noblesse absolue, renouant avec une tradition chère au cinéma latino-américain, le recours à la métaphore pour conter le chemin sinueux de l’expérience humaine.
De surcroît, sentier de la vie taillé d’embûches, de failles, d’injustices, de privations et de luttes constantes. Pour rendre compte de cette fable amère, le jeune cinéaste exprime les émotions par des images d’une rare beauté picturale. Acevedo possède le sens du cadre, du mouvement à la fois sec et fortement significatif. Les deux comédiennes, deux âges de la vie, saisissent l’œil de la caméra pour gagner l’émotion du spectateur. De ces visages, émanent une aura de respect, de dignité face aux aléas de la vie.
Il y a aussi le fils, combattant une maladie sacrifiée par l’environnement désertique d’un endroit perdu et hostile ; son fils, un jeune non-professionnel d’une profondeur admirable, vrai, intense, au jeu dramatique sortant de l’ordinaire. Et puis l’adulte, rendant son « retour du père prodigue » aussi biblique que païen. Rituel bercé par une nature intense qui n’a aucune pitié pour la vie. Les quatre éléments terre, eau, air et feu s’expriment ici avec une résonance aussi furieuse que magnétique. Acevedo se permet de les intégrer autour de l’individu en créant des situations dramatiques dignes et intenses.
Mais aucun effet mélodramatique, plutôt une distanciation qui, pour certains, peut paraître glaciale, mais n’en demeure pas moins accueillante. Mais avant tout, La terre et l’ombre est un film triste d’un esthétisme plastique et d’un fort rationalisme fonctionnel. Et il y a aussi, chez César Acevedo, une approche réaliste de la fiction qui ne se laisse pas emporter par le souci parfois excessif de la forme. C’est là aussi un premier essai où le plan-séquence n’est plus seulement une question de durée, mais devient également le guide rationnel de la trajectoire humaine. Mais derrière leur condition de déshérités de la terre, un espoir, une rédemption, une volonté de toujours croire car ici, la foi et la solidarit sont aussi des composants nourriciers. Un film abouti qui laisse présager un futur prometteur.
Genre : Drame – Origine : Colombie – Année : 2015 – Durée : 1 h 37 – Réal. : César Acevedo – Int. : Haimer Leal, Hilda Ruiz, Edison Raigosa, Marleyda Soto, José Felipe Cárdenas – Dist. / Contact : K-Films Amérique.
Horaires : @ Beaubien – Excentris
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Général
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
SANSGenre : Comédie dramatique – Origine : États-Unis – Année : 2014 – Durée : 1 h 30 – Réal. : Isabel Coixet – Int . : Patricia Clarke, Ben Kingsley, Grace Gummer, Jake Weber, Daniela Lavender, Sarita Choudhury – Dist. / Contact : TVA.
Horaires : @ Cinéma du Parc – Cineplex
CLASSIFICATION
Général
(Déconseillé aux jeunes enfants)

Basé sur une histoire d’amitié ayant uni le temps d’un tournage le cinéaste Éric Rohmer et le jeune comédien Jocelyn Quivrin, tous deux disparus depuis, Maestro est une comédie douce amère dont le propos évoque à la fois la nostalgie du temps passé et la promesse faite à la jeunesse. Avec ce que nous pourrions qualifier de petite comédie érotique d’une nuit d’été, la réalisatrice suisse Léa Fazer dresse avec charme et délicatesse les instants éphémères d’une rencontre improbable, baignés dans la beauté et la simplicité d’une nature luxuriante.
À l’aide de petites touches à l’effet certain, Fazer mise sur l’opposition entre modernité et chose du passé pour créer ses décalages comiques, sans forcer le trait ni tomber dans la caricature. La jeunesse et sa Xbox est certes enchaînée à l’insouciance, mais elle est aussi capable de percevoir le beau et le sacré. Le vieil homme de lettres est bien entendu très sage, mais il possède aussi une humanité et une gouaille de proximité qui le font descendre du piédestal de vieil intello. En parallèle, Fazer en profite pour porter sur le cinéma d’auteur manquant de ressources, obligé à faire des prouesses avec peu, un regard empreint d’empathie qui offre lui aussi plusieurs moments comiques, même s’ils peuvent parfois paraître un peu plaqués.
Cependant, la seconde moitié du film déçoit et ne parvient pas à soutenir l’originalité initiale. La relation entre le cinéaste et son jeune protégé s’efface, au profit d’une simple bagatelle unissant les deux jeunes comédiens que tout oppose, mais dont le sort ultime est déjà connu. Dommage que la profondeur soit délaissée et que l’intrigue devienne si superficielle et si prévisible. Par chance, Michael Lonsdale et son personnage recèlent suffisamment de charme pour maintenir l’intérêt jusqu’au bout.
Genre : Comédie – Origine : France – Année : 2014 – Durée : 1 h 35 – Réal. : Léa Fazer – Int. : Pio Marmaï, Michael Lonsdale, Déborah François, Alice Bealaïdi, Nicholas Bridet, Dominique Reymond – Dist. / Contact Filmoption.
Horaires : @ Beaubien
CLASSIFICATION
En attente de classement
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Cinéaste hautement raffiné, élégant, original, d’une personnalité suavement attachante, la quarantaine, l’âge parfait pour faire de la réalisation, entre une période adulte en pleine effervescence et un souvenir nostalgique d’une époque moins sérieuse qui transparaît dans sa filmographie, parfois en filigrane, d’autres fois accidentellement et souvent directement.
Connu récemment pour son superbe Frances Ha (2012), qu’il a scénarisé, Noah Baumbach fait partie de cette nouvelle bohème intellectuelle urbaine des grandes villes branchées d’Amérique, aujourd’hui vus comme de privilégiés du système. C’est ce qui explique la totale dépolitisation des personnages, qui, justement, laisse pantois, comme s’ils avaient atteint un degré de je-m’en-foutisme face aux événements cruciaux du monde.
C’est une histoire d’amitié féminine et de demie filiation avortée. Par les hasards de la vie, par les circonstance, par l’égocentrisme actuel. Mais ce qui compte les plus dans ce Mistress America, titre d’autant plus pompeux qu’il se croit permis d’occuper la dynamique féminine dans sa totalité, c’est bel et bien le portrait fictivement documentaire d’un certain type de jeune femme d’aujourd’hui, maladroitement superficielle, intellectuellement active, capable de tous les dangers, faisant face à son pendant masculin avec autant de grâce que de pugnacité.
Ce sont d’ailleurs les scènes les plus réussies de ce film bavard, parolier, sans aucune minute de silence. Nous sommes emportés par un flot de paroles aussi profondes que bêtes et démesurées. Et derrière tout cet accoutrement logorrhéen, une idée de mise en scène brillante qu’on appelle simplement « situation ».
Sans doute inspiré par la sitcom télévisuelle, très prisée par ceux et celles de sa génération (Friends revient sans cesse dans notre pensée), Baumbach construit une mise en situation brillante, parfois volontairement surfaite, mais qui finit par s’installer confortablement devant la caméra, laissant le specteur assister à quelque chose de brillant.
Ce n’est peut-être le meilleur de ses douze films à son crédit, mais Mistress America demeure, tels les personnages littéraires du film, un véritable cours de socialisation urbaine branchée sur le plaisir et la peur d’exister.
Quant aux comédiens, et surtout comédiennes, tous sont investis dans ce film aux mille et un rende-vous pour discuter de la vie, de l’amour et de tout ce que cela comporte comme morale, éthique et préjugés.
Genre : Comédie – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 24 – Réal. : Noah Baumbach – Int. : Lola Kirke, Greta Gerwig, Charlie Gillette, Juliet Brett, Michael Chernus, Cindy Cheung – Dist. / Contact : Fox Searchlight.
Horaires : @ Cineplex
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Général
(Déconseillé aux jeunes enfants)
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
SANSGenre : Suspense d’espionnage – Origine : Inde – Année : 2015 – Durée : 2 h 16 – Réal. : Kabir Khan – Int. : Saif Ali Khan, Katrina Kaif, Mohammed Zeeshan Ayyub, Sabyasachi Chakrarbarty, Rajesh Tailang – Dist. / Contact : Imtiaz Mastan.
Horaires : @ Cineplex
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