8 octobre 2015
SANSGenre : Drame de guerre – Origine : Canada – Année : 2015 – Durée : 2 h 02 – Réal. : Paul Gross – Int. : Rossif Sutherland, Clark Johnson, Paul Gross, Allan Hawco, Christine Horne, Jennifer Pudawick – Dist. / Contact : Remstar.
Horaires : @ Cineplex
CLASSEMENT
Visa GÉNÉRAL

C’est surtout pour revoir les incontournables Aishwarya Rai Bachchan et Shabana Azmi que le film de Sanjay Gupta vaut le détour. Profitant du justifié battage médiatique entourant les nombreux cas de viol en Inde ces derniers temps, le réalisateur construit une fiction sur un rapt d’enfant et l’affaire de meutre d’une jeune femme pour jeter un regard colériquement acrimonieux sur une société indienne qui ne semble pas retenir les bonnes leçons de l’occident soi-disant évolué pour parfaire son évolution économique et sociale.
Mais le film prend de nombreuses directions, s’enlise dans des passages pas toujours crédibles et finit même par irriter à certains moments. Face aux deux vedettes féminines, Rai Bachchan et Azmi, Irrfan Kahn s’avère le plus crédible, justifiant avec bonheur un retour au cinéma de plus en plus évident. Les inévitables chants/danses se limitent au strict minimum ; c’est déjà un bon point, mais l’ensemble n’est pas assez développé pour convaincre le spectateur.
C’est donc à un Bollywood aux intentions sincères que nous assistons, mais sortons néanmoins décus de la projection, persuadés que dans le genre, nous avons vu mieux ailleurs. Mais cela ne peut être que le résultat d’une production cinématographique excessivement volumineuse, dans un sens, opium incandescent d’un peuple qui compte sur les images en mouvement, pour se regarder face à un miroir réprobateur. Dans ce sens, les séquences dans la cour de justice s’avèrent les plus intéressantes.
Genre : Thriller – Origine : Inde – Année : 2015 – Durée : 1 h 59 – Réal. : Sanjay Gupta – Int. : Aishwarya Rai Bachchan, Irrfan Khan, Shabana Azmi, Jackie Shroff, Atul Kulkarthi, Siddhanth Kapoor – Dist. / Contact : Imtiaz Mastan.
Horaires : @ Cineplex
CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence)
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
SANSGenre : Suspense – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 39 – Réal. : Eli Roth – Int. : Keanu Reeves, Lorenzo Izzo, Ana de Armas, Ignacia Allamand, Aaron Burn, Colleen Camp – Dist. / Contact : Séville.
Horaires : @ Dollar Cinema
CLASSEMENT
Interdit aux moins de 16 ans
(Violence / Érotisme)

Comment réagirions-nous si nous connaissions la date précise de notre mort ? C’est sur cette question universelle que se construit Le tout Nouveau Testament, cinquième long métrage de Jaco van Dormael depuis Toto le héros. Énième satire religieuse mêlant l’irrévérencieux au sacré, tout comme son compatriote Vincent Lanoo l’avait fait l’an dernier dans Au nom du fils, le film part sur de très bonnes bases, au moins durant une première moitié enlevée dans laquelle van Dormael propose plusieurs passages savoureux, dont celui qui remet en selle les fameuses « Lois de l’emmerdement universel ». Agrémentant sa satire de réflexions justes sur le sens de la vie, le film vogue alors au gré d’un imaginaire enfantin parsemé de beaux moments de douce rêverie (la main qui danse sur une table de cuisine). Une belle rupture s’opère ainsi avec les aspects plus satiriques de la critique sociale, à peine esquissée mais suffisamment grinçante.
Malgré cette assise onirique, aussi jolie soit-elle malgré la noirceur du cadre dans lequel elle évolue, le film montre assez vite ses limites, dont la plus visible réside dans une interprétation qui ne se met pas suffisamment en danger. Fidèles à eux-mêmes, Benoît Poelvoorde et Yolande Moreau rejouent leurs personnages connus d’abrutis féroces ou naïfs enfermés dans leur statut de caricatures. La surprise principale du film vient de Catherine Deneuve qui n’hésite pas à casser une nouvelle fois son image dans une séquence croustillante avec un partenaire inusité. Enfin, regrettons la décevante finale rose-bonbon, qui en plus d’être consensuelle et bien-pensante ne colle pas vraiment avec la comédie noire qui prévalait jusqu’alors. Revisitant les Évangiles de manière plus bourrue que réellement dérangeante, Le tout Nouveau Testament ne laisse finalement qu’une très fine traînée de poudre aux yeux.
Genre : Comédie fantaisiste – Origine : France / Belgique / Luxembourg – Année : 2015 – Durée : 1 h 55 – Réal. : Jaco van Dormael – Int. : Benoît Poelvoorde, Pili Groyne, Yolande Moreau, Catherine Deneuve, François Damiens, Didier De Neck – Dist. / Contact : Axia.
Horaires : @ Beaubien – Cineplex
CLASSEMENT
Visa GÉNÉRAL
(Déconseillé aux jeunes enfants)
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
SANSGenre : Aventures fantastiques – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 51 – Réal. : Joe Wright – Int. : Levi Miller, Hugh Jackman, Garrett Hedlund, Rooney Mara, Amanda Seyfried, Paul Kaye – Dist. / Contact : Warner.
Horaires : @ Cineplex
CLASSEMENT
Visa GÉNÉRAL

Compagnons dans la vie, Avi Lewis, dont on se souviendra du percutant The Take (2004), et Naomi Klein partagent la même idéologie politique, centrée principalement sur le rapport néfaste entre la manipulation des multinationales et la quête populaire de justice, de paix et d’un environnement sain pour un meilleur avenir de l’humanité.
Si Lewis est le seul réalisateur de l’essentiel et urgent This Changes Everything, film coup-de-poing, force est de souligner que Klein est présente, soulignant avec insistance les composantes qui forment ce documentaire sur la possibilité de changements. En fait, il ne s’agit pas de possibilité, mais de nécessité, et le temps presse.
Nous ne dévoilerons pas les principaux fondements d’un récit documentaire qui brise les tabous de la crise sur les changements climatiques. Les faits sont là, appuyés par de virulentes images de Mark Ellam, certes manipulatrices, mais intrinsèquement franches et réalistes. Elles ont pour but de conscientiser les spectateurs pour les ramener à l’ordre, pour les sortir de leur torpeur, et pourquoi pas, forme d’amnésie.
Dans un monde actuel où le divertissement populiste croît à un rythme effrené, un changement radical en faveur de nouvelles bases sociétales et politiques sont essentielles pour la survie. Le film traverse plusieurs continents. La caméra s’installe dans le Montana (États-Unis), en Alberta (Canada), dans le sud de l’Inde, à Beijing (Chine) et en Grèce. Autant de territoires qui présentent de problèmes énormes, soit reliés au climat ou à l’économie (comme le cas évident de la Grèce1).
Ce qui émane de This Changes Everything, c’est avant tout la possible reprise de la parole citoyenne. Lorsque le montage parallèle montre des manifestations sociales à travers quelques villes dans le monde, on pense à une époque où ces insurrections citadines étaient une façon de vivre et de provoquer le changement. Documentaire libre, humaniste, rebelle, je-m’en-foutiste, allant droit au but, urgent, This Changes Everything illustre avec rigueur les rapports rigides et parfois dangereux entre la politique et les citoyens. Lewis et Klein rappellent le public à l’ordre. La morale de l’histoire : Résister dans le bon sens ou simplement périr. Cela, c’est déjà quelque chose d’accompli.
1 Lors de la présentation du film en Grèce, les organisateurs n’ont chargé aucun frais d’entrée au nombreux spectacteurs, tout à fait conscients de la crise économique, sociale et politique que traverse ce pays.
Genre : Documentaire – Origine : États-Unis / Canada – Année : 2015 – Durée : 1 h 29 – Réal. : Avi Lewis – Dist. / Contact : VSC.
Horaires : @ Excentris
CLASSEMENT
Exempté
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

À première vue, ce deuxième long métrage de Guy Édoin peut paraître un peu long, guindé, artificieux et suranné. À vrai dire, le jeune cinéaste nous propose un fort bel exercice de style tout comme le propose, au cours de ses productions, la tornade Dolan depuis quelques années. Édoin fait appel à deux icônes féminines que la lumière adore : Monica Bellucci et Pascale Bussières qu’il retrouve après Marécages, réalisé en 2011.
Ne cherchez pas l’hôpital Ville-Marie dans le répertoire montréalais des centres de soins. Guy Édoin attribue ce nom à l’un de ses lieux scénaristiques pour le rattacher au thème maternel qui sous-tend le propos de son film, ressemblant étrangement à l’une des fixations de Dolan : le rapport du fils à sa mère. Édoin utilise ce titre pour son incursion au coeur de Montréal (originellement Ville-Marie en 1642), dont la caméra surplombe à maintes reprises le paysage. En faisant progresser des personnages dans deux univers complètement opposés, mais complémentaires, Guy Édoin relativise la réalité et la représentation que l’on projette à l’écran. Alternant entre les images ordinaires du quotidien et celles léchées de son appropriation par le cinéma, Ville-Marie évolue au coeur d’une urgence et d’un plateau idéalisé.
Dans sa réalisation, Guy Édoin parsème, çà et là, ses influences cinématographiques. Elles oscillent, entre autres, entre Orson Welles (The Lady of Shanghai, 1948), dans la loge où se multiplie le reflet de la comédienne en costume rouge et noir aux motifs asiatiques; Pedro Almodóvar pour son côté photo-roman (Femmes au bord de la crise de nerfs, 1988) et les difficiles relations mère-enfant de Talons aiguilles (1991) et Tout sur ma mère (1999); François Ozon pour son Huit femmes (2002), entièrement tourné en studio où l’on sent les mécanismes du tournage. On ne peut passer sous silence la prestation de Monica Bellucci qui, en star, crève l’écran, mais en tant que mère affligée, rejoint le commun des mortels, et surtout une Pascale Bussières toujours aussi crédible.
Texte complet : Séquences (nº 298, p. 24 – En kiosque)
Genre : Drame – Origine : Canada [Québec] – Année : 2015 – Durée : 1 h 40 – Réal. : Guy Édoin – Int. : Monica Bellucci, Pascale Bussières, Aliocha Schneider, Patrick Hivon, Louis Champagne, Frédéric Gilles – Dist. / Contact : Filmoption.
Horaires : @ Beaubien – Cineplex – Excentris
CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
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