15 mars 2018
RÉSUMÉ SUCCINCT
Téhéran, capitale de l’Iran. Pari se prostitue dans l’espoir d’offrir une vie meilleure à son enfant handicapé. Sara, jeune mariée, rêve de quitter son rôle de femme au foyer pour devenir institutrice. Babak veut vivre de sa musique mais une aventure d’un soir avec Donya contrarie ses projets.
Bien saisir des codes de certaines cultures non-occidentales, et dans le cas qui nous concerne, dans un pays dominé par le pouvoir islamiste, aide à mieux comprendre ce qui se cache derrière les films de ces pays, même s’ils sont tournés, comme dans ce cas, à l’extérieur.
Téhéran, ville polluée, magnifique, tentaculaire, moderne selon les lieux, prise entre tradition extrême et modernité, où les nuits secrètes sont plus chaudes que les jours, où les interdits ne cachent pas leurs indifférences lorsqu’ils sont tus et n’affichent pas leur indépendance. Adultère, perte de la virginité avant le mariage, condition féminine, avortement, homosexualité, pouvoir religieux. Autant de préoccupations qui alimentent le premier long métrage d’un exilé iranien, Ali Soozandeh, qui a tourné son film en Allemagne selon une approche de l’animation en rotoscopie, technique d’autant plus efficace qu’elle permet aux vrais acteurs de porter des masques perméables qui leur permet tout de même d’exister.

C’est extrême, mais cela a à voir avec la mentalité iranienne, un orientalisme qui se confirme dans les pays à majorité musulmane et où les codes de la socialisation frôlent le plus souvent un côté aussi permissif que tragique. L’auteur de ces lignes parle en connaissance de cause pour avoir vécu dans un pays musulman, le Maroc, où la judaïcité se vivait dans un mélange d’européanisation et d’orientalisation. Double ou sans doute triple appartenance à des cultures qui aident à mieux capter l’universalité des choses. Soozandeh est désormais probablement allemand et dans Téhéran tabou, il peut ainsi se permettre d’avoir recours à des transgressions de l’ordre sexuel, politique et social qui débouchent vers une critique de l’hypocrisie et en quelque sorte, mais subtilement, de la religion.
En fait, le sexe, qu’il s’agisse de l’hétérosexuel (notamment avant le mariage) ou de l’homosexuel (carrément à proscrire), est peut-être interdit dans la plupart de ces pays, pour ne pas dire tous ces pays, mais se pratique beaucoup plus qu’en Occident, justement par nombreux de ceux qui l’interdisent ; du moment où on n’est pas pris et on a l’intelligence de bien « fermer sa gueule », le problème n’existe pas. C’est sans aucun doute le lot des religions orientalesMais ce qui étonne dans Téhéran tabou, c’est bel et bien la forme narrative. Indépendamment de son approche chorale, bien évidente, Soozandeh multiplie les codes du téléroman des pays arabes et place le mélodrame dans des sphères, certes connues, mais agrémentées ici d’un rythme nouveau, aérien, bouleversant, basculant certaines règles, soulevant chez le spectateur et le critique averti, une appréciation sans bornes.Mais le mal n’est pas seulement de l’ordre du religieux. Il y a même, chez ces jeunes hommes occidentalisés une part de responsabilité due au machisme ambiant, à une vision de la femme encore ancrée dans la cervelle. Comme ces adolescents qui épient, par le biais d’une fenêtre dans le toit de l’édifice, le bain que prend une jeune femme, et qu’il s’agit de la sœur de l’un d’eux, tout en soulignant le changement de chaîne du grand-père vers un canal porno, zappée au bon moment pour suivre le discours moralisateur d’un ayatollah de service.
Mais les femmes, notamment celles d’une autre génération, acceptent cette différence entre les sexes, résultat d’une économie sociale et politique patriarcale. Les plus jeunes se rebellent intérieurement comme le film le démontre, notamment en donnant à la prostituée le soin de les aider dans leurs causes. Sur ce plan, Soozandeh lui donne un rôle d’héroïne. Et ce n’est pas par hasard si son jeune fils, Elias, la douzaine, est muet. Il regarde les gens qui l’entourent et les spectateurs avec une expression du visage qui traduit mille mots : le vent tourne. Les derniers soubresauts dans ce pays nous prouvent que le cinéaste et le petit Elias ont raison.
Si sur le plan politique, le régime gouvernemental iranien a de quoi décontenancer, mais le cinéma persan, avec par exemple, le cinéma israélien contemporain, demeure parmi les plus beaux et les plus lucides du monde. Quel beau titre de film! En lui accordant 4½ étoiles, c’est reconnaître les qualités intrinsèques du projet et plus que tout, comprendre une vision du monde qui, forcément, nous échappe, mais qu’il faut avoir le courage partager. Subliminal.
Réalisation
Ali Soozandeh
Genre : Animation – Origine : Allemagne / Autriche – Année : 2016 – Durée : 1 h 37 – Dist. : A-Z Films.
Horaires & info.
@ Cinéma Beaubien – Cinéma du Parc – Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]
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RÉSUMÉ SUCCINCT
Déterminés à passer les derniers moments de leur vie comme bon leur semble, Ella, atteinte d’un cancer, et son mari John, qui souffre de la maladie d’Alzheimer, prennent la route à bord de leur vieux véhicule récréatif pour un voyage censé les mener de Boston à Kew West. En cours de route…
Réalisation
Paolo Virzi
Genre : Drame – Origine : Italie / France – Année : 2017 – Durée : 1 h 52 – Dist. : Les Films Séville.
Horaires & info.
@ Cineplex
Classement
Tout public
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RÉSUMÉ SUCCINCT
Tourné sur cinq ans, le documentaire de Hugh Gibson examine la vie des habitués du centre communautaire Regent Park à Toronto. Les travailleurs sociaux comprennent pleinement ceux qui viennent solliciter leur aide : en effet, ils ont été ou sont encore eux-mêmes accros à la drogue.
Il est des films qui, par leur capacité à magnifier la dureté de leur sujet, témoignent de la violence de notre monde avec une conviction que bien des reportages, thèses et grands discours n’auront jamais. The Stairs du canadien Hugh Gibson est de ceux-là. Tourné sur plusieurs années, ce documentaire capte avec une rare justesse la difficile réalité de trois travailleurs sociaux opérant dans le quartier de Regent Park à Toronto. Le parcours de Marty, Greg et Roxanne nous en fait voir de toutes les couleurs. Dépendance, viol, harcèlement, vie familiale impossible… chez eux, le quotidien est laid. Le fatalisme est peut-être de rigueur, mais il est vrai que leur combat est des plus ardus. Combien d’entre nous pourrions supporter ce tiraillement de tous les jours, et qui, comme le laisse entrevoir Marty dans une très poignante séquence finale, le restera probablement éternellement ?

La grande force de ce film, outre sa possibilité de faire naître chez certains une petite lueur d’espoir, est d’éduquer sans juger, d’informer sans que le propos ne soit circonstancié, adouci, changé, passé au tordeur des voix officielles. Car ici, point de docteurs, de spécialistes ou de sociologues. C’est la rue qui parle, sans détour ni langue de bois. The Stairs défie donc les discours habituels en montrant la réalité sans fards. Non seulement ces trois personnes sont en prise directe avec un public délaissé par les autorités (et même dénigré ou battu par la police), mais en plus ils sont eux-mêmes encore pris en tenaille par leurs problèmes de consommation.
La mise en scène de Gibson est à l’image de ses protagonistes, frontale, sans faux-fuyants. Les visages occupent bien souvent tout l’écran, laissant la place à la puissance évocatrice des mots, au détriment de plans séquences auteuristes ou autres images léchées. Le filmage, comme la vie à Regent Park, naît de l’urgence. Grâce à son média, Gibson se fait lui aussi intervenant social. Il s’insère dans l’action en entretenant avec son sujet un dialogue constant, au moins une écoute attentive et non moralisatrice. Un peu comme un reporter de guerre qui soulagerait un blessé en même temps qu’il le filme.
The Stairs a remporté deux mentions aux derniers RIDM et a été nommé Meilleur film canadien par l’Association des critiques torontois. C’est tout dire de l’importance de cette œuvre parfois difficile à supporter, mais ô combien nécessaire pour combattre les idées reçues sur le monde de la drogue et de la prostitution.
Réalisation
Hugh Gibson
Genre : Documentaire – Origine : Canada – Année : 2016 – Durée : 1 h 35 – Dist. : Midnight Lamp Films.
Horaires & info.
@ Cinémathèque québécoise
Classement
NC
(Non classifié / Exempté)
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★ Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]
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RÉSUMÉ SUCCINCT
Jeune femme enjouée et énergique, Lara Croft refuse d’accepter la mort de son père, le riche homme d’affaires britannique Richard Croft, disparu sept ans plus tôt au cours d’une mission archéologique. Dans une pièce secrète de la maison familiale, elle découvre un message vidéo qui lui demande de détruire tout ce qui a trait à la recherche du tombeau de la sorcière Himiko. Mais Lara est de nature curieuse.
Réalisation
Roard Uthaug
Genre : Aventures – Origine : États-Unis – Année : 2018 – Durée : 1 h 58 – Dist. : Warner Bros. Canada.
Horaires & info.
@ Cineplex
Classement
Tout public
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8 mars 2018
RÉSUMÉ SUCCINCT
Suite à la disparition d’un célèbre scientifique, trois étranges créatures envoient la jeune Meg, sa fille, ainsi que son frère et son amie, dans un voyage spatial afin de la retrouver.
RÉSUMÉ SUCCINCT
En 2012, dans le quartier Limoilou de la ville de Québec, une poussière rouge qui recouvre la ville tombe sur les quartiers avoisinants. Le couple compose de Véronique Lalande et de son conjoint Louis Duchesne ont décidé de se battre contre le puissant Arrimage du Saint-Laurent, le plus important transbordeur de nickel en Amérique du Nord.
RÉSUMÉ SUCCINCT
Vincent, jeune homme de 19 ans survolté et hyperactif, a des problèmes de comportement qui lui attirent bien des ennuis. Heureusement, il peut compter sur son grand frère JP pour le défendre et le tirer d’embarras.
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