En couverture

Aimer Michael Bay

8 juillet 2011

>> Sylvain Lavallée

Oui, oui, aimer Michael Bay, comme on se doit d’aimer Fritz Lang. Ils ont eu droit tous deux à leurs Criterion, non? C’est une vieille blague, avancer que Michael Bay est un auteur parce qu’on peut dénicher quelques traits particuliers dans son œuvre, Manohla Dargis déjà l’avait argumenté dans sa critique de Transformers : Revenge of the Fallen, et on s’y remet encore aujourd’hui à la sortie de son dernier film, par exemple ici, comme s’il suffisait, pour être un auteur, d’avoir un mouvement de caméra caractéristique qu’on réutilise de film en film, ou un « thème » aussi général que « overwhelming violent conquest ». Je ne sais pas trop à quoi rime cette blague, si elle sert à dévaloriser le concept d’auteur en l’appliquant à l’homme qui sert usuellement de bouc émissaire pour tout ce qu’il y a de pourri au royaume d’Hollywood (un non-sens puisque le concept d’auteur, du moins dans sa définition originelle, est une déclaration d’amour quasi-inconditionnelle à un cinéaste, il ne peut pas y avoir de mauvais auteur), ou s’il s’agit ainsi de vilipender encore plus Bay (si c’est possible), en insinuant que non seulement il fait des films de merde, mais en plus il les fait intentionnellement, ce qui est bien pire. Je ne pense pas que Bay soit un auteur, encore moins la pire calamité cinématographique contemporaine (je réserve ce titre à des types comme Ron Howard), mais je suis assez d’accord avec cette phrase d’Alex K, de Ruthless Reviews, dans une critique du dernier Transformers : « Michael Bay is one of the most talented directors working today, in that he knows precisely how to assemble atrocious bullshit. »

Transformers: Dark of the Moon

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Semaine du 8 au 14 juillet 2011

7 juillet 2011

LE FILM DE LA SEMAINE …

L’ARBRE (The Tree)
DRAME | France / Australie / Allemagne / Italie 2010 – Durée : 100 minutes – Réal. : Julie Bertucelli – Int. : Charlotte Gainsbourg, Aden Young, Morgana Davies, Marton Scokas – Dist. : Métropole | Horaires / Versions / Classement : AMC – Cinéma Parallèle – Cineplex Divertissement

Bande-annonce

Résumé
En Australie, une mère de quatre enfants vit difficilement le deuil de son mari. Pour l’aider à se remettre, sa fille Simone, âgée de huit ans, lui confie que son père s’est réincarné dans l’immense figuier qui abrite leur maison.

En quelques mots
Julie Bertucelli a choisi de faire entendre la voix de l’arbre, ses craquements, de montrer ses balancements, sa majesté, sa faune, son envahissement progressif. L’attention à chaque détail de chaque plan de l’arbre s’étend aux acteurs, qui sont filmés avec une minutieuse attention. On sent le courage et le désarroi de Dawn dans chaque regard, chaque geste, on comprend son besoin de se confier à l’arbre, de s’abandonner dans ses branches (même quand celles-ci viennent la visiter dans le lit). Son besoin d’exil des autres au sein même de son propre exil intérieur est bien rendu par ses silences vis-à-vis de ses voisines, par ses passages nocturnes dans l’arbre, par ses nuits blanches dans la nature.  >> Anne-Christine Loranger

Texte complet : Séquences (nº 273, pp. 34-35)

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L’Arbre

5 juillet 2011

LE PARFUM MÉLANCOLIQUE DU FIGUIER

Julie Bertucelli tenait à tourner un film sur un arbre. Après avoir cherché à adapter Le Baron perché, d’Italo Calvino, interdit d’adaptation cinématographique par son auteur, elle s’est tournée vers le roman L’arbre du père, de Judy Pascoe. Résultat d’une rare élégance.

>> Anne-Christine Loranger

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Monologue critique

1er juillet 2011

>> Sylvain Lavallée

–       Vous vous rappelez cette discussion d’il y a presque un an?

–       …

–       Eh ben moi oui : on se demandait alors quelle place on doit accorder à l’émotion dans une critique d’une œuvre d’art, s’il n’est pas contradictoire de pleurer devant un mélodrame que l’on trouve pourtant médiocre, à quel point notre appréciation d’une œuvre est liée à notre expérience de celle-ci, etc.

–       …

–       Bon, peu importe, je voulais seulement dire que je ne peux plus aujourd’hui tenir le même dialogue : l’an dernier, ça reflétait ce qui me passait par la tête, ça faisait part d’un doute, d’un questionnement que je n’arrivais pas à résoudre, et voilà que maintenant je veux revenir sur le sujet en me disant que je pourrais réutiliser la même forme, mais je me rends compte que ça ne marche pas, que je devrais inventer un faux contradicteur qui ne serait qu’un faire-valoir, alors à quoi bon?

–       …?

–       Certitude, je n’irais pas jusque-là, le mot est un peu fort (est-ce que je suis certain de quoi que ce soit?), mais ce n’est pas si exagéré non plus, alors si j’avais à faire part de ma certitude, je la formulerais ainsi : dans le fond, on s’en crisse-tu?

–       …?

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Semaine du 1er au 7 juillet 2011

30 juin 2011

 LE FILM DE LA SEMAINE …

ILLÉGAL
DRAME SOCIAL | Belgique / France / Luxembourg 2010 – Durée : 90 minutes – Réal. : Olivier Masset-Depasse – Int. : Anne Coessens, Alexadre Gontcharov, Milo Masset-Depasse, Olga Zhdanova, Natalia Belokonskaya – Dist. : Axia | Horaires / Versions / Classement : Cinéma Beaubien

Résumé
Tania et Ivan, son fils de 14 ans, sont russes et vivent clandestinement en Belgique depuis huit ans. Sans cesse sur le qui-vive, Tania redoute les contrôles de police jusqu’au jour où elle est arrêtée. La mère et le fils sont séparés.

En quelques mots
Si le parti pris est clair, laissant le spectateur constamment sur le qui-vive, force est de souligner la façon avec laquelle Olivier Masset-Depasse maîtrise le sujet. Thème brûlant d’actualité si l’en est un, et en l’occurrence casse-gueule si on opte pour la fiction, Illégal s’avère fort convaincant dans ses quelques parties aux apparences de documentaire. Selon leurs convictions, certains spectateurs peuvent réagir autrement au message exprimé, mais on ne peut nier le caractère objectif de l’entreprise, véritable œuvre de conscientisation sociale et politique. En citoyenne illégitime sur la corde raide, Anne Coessens incarne une femme marquée avec une distante application qui traduit admirablement bien la force de caractère du personnage. Car derrière sa froideur, une puissante bombe à retardement prête à exploser à n’importe quel comment. D’autres films comme Welcome, de Philippe Lioret, ont indéniablement traité le sujet avec beaucoup plus de nuance et de sobriété, ce qui n’empêche pas cet Illégal d’être à la hauteur, ne serait-ce que pour la noblesse du propos. >> Élie Castiel

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Rescue 3D

26 juin 2011

Dans les situations d’urgence, des professionnels de la sécurité publique agissent habituellement rapidement pour répondre à ces incidents. Le réalisateur Stephen Low, fils de Colin (Corral) Low  qui fut un des concepteurs d’Imax, avait  déjà  présenté dans ce format plusieurs films illustrant l’importance du lien entre  l’homme, la vitesse ou la technique Super Speedway, The Ultimate Wave Tahiti, Volcanoes of the Deep Sea.

Le film Imax Rescue 3D comprend de courts portraits de quatre spécialistes s’entrainant ou travaillant  dans des cas d’urgence habituelle. La deuxième partie plus enlevée nous les montre prenant part intégrante à l’effort surhumain déployé après le tremblement de terre d’Haïti . Les images souvent en plongée sont saisissantes de réalisme et permettent d’appréhender d’autres aspects de ce travail titanesque accompli entre autres sous l’égide de l’ONU.

Toutefois, le film semble avoir été monté pour un public surtout américain. Ainsi, dans une animation virtuelle, on voit des avions se dirigeant entre la Floride et Haïti et passant au-dessus d’une île non  nommée à l’écran, Cuba. Le film est aussi un hommage direct au travail d’assistance humanitaire de ces  forces armées  impliquées par ailleurs dans de nombreux conflits.   >> Luc Chaput

Critique culinaire

24 juin 2011

>> Sylvain Lavallée

Faisons comme si nous n’avons pas un monument sous les yeux et tentons de voir ce qu’il peut y avoir autour, ou comment contourner The Tree of Life pour ne pas en parler toutes les semaines : essayons en commençant par un article tournant autour dudit film, mais ne l’abordant pas spécifiquement. Richard Brody du New Yorker rapportait cette semaine une critique de David Thomson sur The Tree of Life dans laquelle Thomson s’inquiète que le film « will mystify large audiences and leave a greater gap between popular cinema and the art house. » Drôle de reproche : le grand public, que l’on imagine attiré instinctivement (et uniquement) vers le film à cause de la lumière irradiée par sa star, Brad Pitt, serait comme berné par cette fausse promesse, s’y brûlerait les ailes, se disant « ah non, je croyais voir du cinéma populaire, mais me voilà devant du cinéma de répertoire, hermétique de surcroît, je m’ennuie tant de Legends of the Fall! » Je ne comprends pas comment on peut réprouver un film selon la présomption qu’il ne charmera pas le public que l’on suppose qu’il tente de rejoindre, pire encore, selon la présupposition qu’il aliènera des spectateurs qui ne demandaient rien de plus qu’à être bêtement divertis. Ça fait beaucoup de préjugés et de conjectures en peu de mots.

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