9 septembre 2011
>> Sylvain Lavallée
Le jeu
Enfin! Vous me pardonnerez ces excès syntaxiques, mais comment exprimer autrement ma liberté reconquise? J’ai besoin de laisser paraître mon exultation et rien de mieux pour ce que les circonvolutions d’une phrase aussi spacieuse que primesautière, comme si mes débordements émotifs ne pouvaient être traduits que par des extravagances syntaxiques (par exemple, l’abondance de parenthèses (et d’autoréflexivité)), mais vous saurez reconnaître qu’il me faut célébrer d’une quelconque façon la fin de ma captivité (même si j’oserais dire qu’elle fut, jusqu’à un certain point, bénéfique), d’autant plus que ma libération doit tout à mes facultés de persuasion (laissez-moi don’ écrire mon apologie), à ma parole qui a su se montrer péremptoire, donc à un dialogue serré, art que j’ai pu développer au cours de cette investigation que je vais maintenant pouvoir conclure en toute liberté, que je dois poursuivre en fait, puisqu’il s’agit du prix de mon affranchissement, la promesse de continuer à publier sur ce site mes entretiens futurs, mes bourreaux ayant finalement compris que je ne suis pas en mesure de leur donner ce qu’ils cherchent, du moins pas encore, alors ils espèrent que je les mène au trésor (ils ne me croient pas, ou préfèrent m’ignorer, quand je leur dis qu’il n’existe pas) – mais, allez-vous me demander, comment avez-vous fait pour négocier alors que vous n’étiez même pas en mesure de leur adresser la parole? je vous répondrai qu’on s’en balance, qu’il vous suffit de savoir qu’ils m’ont entendu, qu’ils m’ont lu et qu’ils m’ont bien gentiment ouvert la porte afin que je puisse réintégrer ce monde que j’ai quitté trop longuement, et me voilà de retour sur les traces de Cary Grant!
Suite
8 septembre 2011
COTEAU ROUGE
COMÉDIE DRAMATIQUE | Canada [Québec] 2011 – Durée : 85 minutes – Réal. : André Forcier – Int. : Céline Bonnier, Roy Dupuis, Gaston Lepage, Louise Laparé, Mario Saint-Amand, Paolo Noël – Dist. : Atopia | Horaires / Versions / Classement : Cinéma Beaubien – Cinéma du Parc – Cineplex Divertissement
Résumé
Sur la Rive-Sud de Montréal, les déboires tragicomiques d’une famille excentrique qui tente de survivre aux aléas de l’existence.
En quelques mots
Prenant racine dans un quartier que le réalisateur connaît bien puisqu’il y habite directement ou dans les environs depuis longtemps, ce dernier film d’André Forcier retrouve la truculence de ses débuts jouant entre le réel et l’imaginaire d’une façon plus simple. On pourrait même voir dans la fable de la mère esturgeon un retour aux sources claniques amérindiennes qui irriguent aussi l’imaginaire québécois. C’est pourtant à un attaque diversifiée sur la gentrification de plusieurs quartiers ouvriers du Québec qui sous-tend cette œuvre du réalisateur de L’Eau chaude, l’eau frette. Au faux semblant des publicités du promoteur, répond directement la comédie de sa femme qui, nantie d’une mère porteuse très originale, joue parfaitement à la femme enceinte en proie à de nombreux maux. Se place en opposition à ce couple une famille ancrée depuis longtemps dans le quartier et qui trouvera divers moyens pour répondre de manière originale à ces tentatives d’appropriation de territoire. L’humour est très diversifié et les nombreux acteurs s’y donnent à cœur joie, épaulant le réalisateur dans cette chronique fantaisiste sur la solidarité. >> Luc Chaput
7 septembre 2011
Comment se présentent les cinémas du présent si ce n’est que par cette singularité qui consiste à innover, à placer les images en mouvement dans un contexte intemporel, c’est-à-dire dans un temps neutre et incertain qui n’offre aucune issue de secours, mais qui en même temps permet d’expérimenter avec l’art en question.
Entre le 13 septembre et le 6 décembre 2011, Antitube propose une série de films rarements projetés, des œuvres d’ici et d’ailleurs qui osent s’aventurer au-delà des codes établis de la narration et de la mise en scène. Des cinéastes invités seront invités à certaines séances pour mettre en contexte les œuvres proposées.
Entre autres, on pourra revoir ou découvrir Essential Killing de Jerzy Skolimowski (Pologne), Platform de Jia Zhang Ke (Chine), Le Chant des oiseaux d’Albert Serra (Espagne), La libertad de Lisandro Alonso (Argentine) et Le quattro volte de Michelangelo Fiorentino (Italie). Et côté-Québec, Jo pour Jonathan de Maxime Giroux et Ce cœur qui bat de Philippe Lesage.
LIEU : Musée de la civilisation – Auditorium Roland-Arpin | 85, rue Dalhousie, Québec | Réservation : 418 643 1 58 – Information : 418 524 21 13
1er septembre 2011
CECI N’EST PAS UN FILM (This Is Not a Film / In Film Nist)
DOCUMENTAIRE / FILM D’ESSAI | Iran 2010 – Durée : 75 minutes – Réal. : Jafar Panahi, Mojtaba Mirtahmasb – Avec : Jafar Panahi, Mojtaba Mirtahmasb – Dist. : Axia | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc
Résumé
Une journée dans la vie de Jafar Panahi. En compagnie de son compatriote-réalisateur Mojtaba Mirtahmasb, le cinéaste iranien nous propose un regard sur la situation actuelle du cinéma de son pays.
En quelques mots
Il s’agit ici d’un film clandestin, non seulement parce que signé par deux cinéastes iraniens persécutés politiques, mais aussi dû à sa formulation esthétique intentionnellement déséquilibrée, à sa narration oblique et à son positionnement idéologique. Certains trouveront l’omniprésence de Panahi parfois irritante, mais force est de souligner que dans ce film « qui n’est pas un film », le célèbre cinéaste iranien ne fait que se réapproprier les lieux de son quotidien après avoir purgé sa peine de prison. Son appartement devient ainsi un espace de fiction où tout se ranime et se construit. La parole prend néanmoins le dessus, pour témoigner, pour remettre les pendules à l’heure. Les moyens de tournage se multiplient. Le tout devient un film d’essai, ode à la liberté et à l’amour inconditionnel du cinéma. La séquence dans l’ascenseur est un tour de force de mise en scène et de durée, alors que Panahi filme (et dialogue avec) un jeune étudiant qui, d’étage en étage, ramasse les sacs à déchets des locataires, ayant gracieusement accepté de remplacer le concierge. Selon le palier, des voix hors-champ s’expriment, enrichissant la narration d’un apport extradiégétique. Le cinéaste ose s’aventurer (est-ce par fierté?) en faisant quelques pas à l’extérieur. On lui demande d’arrêter. Il obéit car on lui a interdit de filmer. Avant son arrestation, Panahi filmait des personnages de fiction qui disaient beaucoup sur la société iranienne et sur son cinéma. Avec Ceci n’est pas un film, grâce aussi à la collaboration de son compatriote Mojtaba Mirtahmasb, il devient son propre protagoniste, proposant ainsi une mise en abyme de la mémoire et de la pensée d’une puissante force d’évocation. Essentiel et envoûtant. >> Élie Castiel
26 août 2011
THE DEBT (L’Affaire Rachel Singer)
SUSPENSE | États-Unis 2010 – Durée : 113 minutes – Réal. : John Madden– Int. : Helen Mirren, Sam Worthington, Tom Wilkinson, Marton Csokas, Jessica Chastain, Ciaran Hinds, Jesper Christensen – Dist. : Alliance | Horaires / Versions / Classement : AMC – Cineplex Divertissement | Sortie : 31 août 2011
Résumé
Israël, 1997 : des souvenirs douloureux refont surface chez d’anciens membres d’un commando du Mossad marqués par un secret qu’ils partagent depuis une mission effectuée en 1965.
20 août 2011
La disparition du grand cinéaste franco-chilien Raúl Ruiz nous attriste et nous interpelle. Non seulement parce qu’il s’agit d’un humaniste d’une immense culture, mais aussi et surtout, en ce qui nous concerne, d’une des plus puissantes voix du cinéma.
Moderniste, post-moderniste, avant-gardiste, éclatée, souveraine, bouleversante, l’œuvre de Ruiz subit les chocs du temps, résiste aux tendances, assume son indépendance d’esprit, salue avec affirmation le pouvoir des images en mouvement et ne cesse de se réinventer.
Ce sont là peu de mots pour faire part de notre sentiment de vide. C’est aussi pour cette raison que nous lui consacrerons un dossier dans un des nos prochains numéros de la revue imprimée. Mais la vraie raison est également qu’il s’agit d’un des cinéastes qui a fait les plus d’honneur à sa profession.
>> Élie Castiel (Rédacteur en chef)
18 août 2011
SUBMARINE
COMÉDIE DRAMATIQUE| États-Unis / Grande-Bretagne 2010 – Durée : 97 minutes – Réal. : Richard Ayoade – Int. : Sally Hawkins, Craig Roberts, Paddy Considine, Noah Taylor – Dist. : Alliance | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc
Résumé
Oliver Tate a 15 ans et deux objectifs dans la vie. Le premier est de perdre sa virginité avant son prochain anniversaire; le second est de rallumer la flamme éteinte dans le couple que forment ses parents.
2026 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.