En salle

Bitter Harvest

9 mars 2017

RÉSUMÉ SUCCINCT
À travers le récit de Yuri, un jeune artiste, et sa bien-aimée, Natalka, une évocation de la période dite de l’Holodomor, la grande famine qui a eu lieu en Ukraine et dans le Kouban en 1932 et 1933 et qui a fait, selon les estimations des historiens, entre trois et cinq millions de victimes.

CRITIQUE
★★
Texte : Élie Castiel

LES HISTOIRES DE
L’HUMANITÉ SE RÉPÈTENT

Né en Allemagne, 68 ans, le canadien George Mendeluk, d’origine ukrainienne,  a produit une oeuvre de plus de quarante films, téléfilms, téléséries et cinéma confondus. Au Québec, c’est notre première incursion dans son univers particulier. Le réalisateur a bien suivi l’actualité récente entourant les querelles entre la Russie et son pays ancestral pour le pousser à réaliser un film qui accumule d’énormes clichés par le biais d’une histoire d’amour à l’ancienne, accumulant redondances et une tournure des événements qui laisse pantois.

Bitter Harvest

Par ailleurs, le film parle superficiellement de communisme comme
d’une plaie idéologique et prend les idées marxistes à la légère,
renforçant l’image de l’orthodoxie chrétienne, un retour en arrière
qui indique la place de plus en plus manifeste de la droite actuelle.

Cependant, les acteurs ne sont pas mal dirigés, mais sous l’influence des codes du mélodrame, ils s’appuient sur des directives souvent incongrues. Par contre, le film de Mendeluk nous rappelle avec ardeur que les holocaustes de l’Histoire de l’humanité sont multiples: Ukraine, Shoah, Rwanda…  avec une probité extraordinaire. Cette prise de conscience est nécessaire dans le monde où nous évoluons aujourd’hui. Nous signalons, mais nous le savons déjà, que notre histoire est un long récit de morts, de conquêtes, de colonisations et de trahisons. À chacun sa croix. Ce qui ressort, par contre, en rapport à notre époque, c’est que la politique stalienne ressemble à s’y méprendre à celle du chef d’état russe actuel.  

Car Bitter Harvest, titre générique, c’est aussi la récolte amère des hommes  (surtout) et des femmes qui ne cessent de se battre pour des territoires. Étrangement, la présence de Terence Stamp nous fait songer au chef-d’œuvre pasolinien Teorema (1968). Nous sommes loin de cette époque bénie des Dieux du 7e art.  Film canadien, en langue anglaise, Mendeluk aurait dû choisir des comédiens qui puissent s’exprimer en ukrainien. Mais nous savons que les anglophones (et au Québec aussi), le grand public n’aime pas les sous-titres. Comme quoi, l’ingérence canadienne dans les affaires du cinéma produit le plus souvent des étincelles néfastes.

Par ailleurs, le film parle superficiellement de communisme comme d’une plaie idéologique et prend les idées marxistes à la légère, renforçant l’image de l’orthodoxie chrétienne, un retour en arrière qui indique la place de plus en plus manifeste de la droite actuelle.

Sortie :  vendredi 10 mars 2017
V.o. :  anglais

Genre :  DRAME HISTORIQUE  – Origine : Canada –  Année :  2017 – Durée :  1 h 43  – Réal. :  George Mendeluk – Int. :  Samantha Barks, Max Irons, Aneurin Barnard, Barry Pepper, Terence Stamp, Tom Austen  – Dist./Contact :  A-Z Films.
Horaires : @  Cineplex

CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence)

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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