En salle

Self/less

9 juillet 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT
Damian Hale, milliardaire new-yorkais, est atteint d’une maladie incurable. Sa seule chance de survie repose sur une procédure médicale révolutionnaire employée par une mystérieuse clinique.

Selfless

CERVELLE ET MITRAILLE

Charles-Henri Ramond
CRITIQUE
½

Avec son titre énigmatique, la présence du toujours aussi charismatique Ben Kingsley et un premier quart d’heure mégalomane à souhait, Self/less n’a aucun mal à nourrir l’appétit. Dès les premières images, on se croit transporté dans un thriller futuriste classieux, dont l’action se déroule entre un Manhattan opulent, et un monde scientifique parallèle, surgissant dans les arcanes d’une transmutation cérébrale. Quinze minutes qui nous placent à la croisée des chemins de l’homme et de la machine, comme dans Ex-Machina, d’Alex Garland, une référence en la matière.

Passé cette prometteuse présentation, tout en énigme malgré un thème maintes fois vu (la quête de l’immortalité), le film transforme son propos et son style. Les choses se gâtent lorsque l’action prend le dessus, mettant de côté l’aspect psychologique de l’intrigue au profit de bagarres faisant fi de multiples invraisemblances technologiques, de cascades abrutissantes et de folles courses poursuites. Certes, le montage rythmé permet à l’action de ne pas retomber, mais les péripéties sans enjeux font très nettement perdre tout intérêt au film.

Évoluant dans des décors de carte postale (New Orleans) ou sentant le kitsch à plein nez (froideur des laboratoires, faste des appartements), Ryan Reynolds joue uniformément un personnage mal défini. Pour l’aider dans la quête de sa vraie personnalité, le mannequin Natalie Martinez manque cruellement de personnalité. Ses tentatives de nous faire croire qu’elle est comédienne s’avèrent vaines, tant dans l’action que dans les scènes intimes. Car malgré toute l’incongruité de leur rencontre, et après avoir déjoué les pièges de dizaines d’hommes lourdement armés, leur « couple » aura droit à une fin digne des plus beaux contes de fées.

Avec ce polar décevant, Tarsem Singh a au moins le mérite de nous donner envie de redécouvrir le chef d’œuvre d’anticipation méconnu qu’est Seconds, réalisé en 1966 par John Frankenheimer, et dont Self/less n’est qu’une pâle imitation.

revuesequences.org

Sortie : Vendredi 10 juillet 2015
V.o. : anglais
V.f. > Im/mortel

Genre : Suspense de science-fiction – Origine : États Unis – Année : 2015 – Durée : 1 h 57 – Réal. : Tarsem Singh – Int. : Ryan Reynolds, Ben Kingsley, Matthew Goode, Natalie Martinez, Victor Garber, Michelle Dockery – Dist. / Contact : V V S.
Horaires : @ Cineplex

CLASSIFICATION
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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