En salle à Montréal

Mary Queen of Scots

26 mars 2015

Raccourcis d’un destin tragique

Luc Chaput
CRITIQUE
★★  ½

Le destin tragique de Marie Stuart, reine d’Écosse à 6 jours, reine de France à 17 ans puis redevenue reine d’Écosse à la suite de son veuvage un an plus tard, a inspiré de nombreux auteurs dont Schiller et Donizetti. Elle fut interprétée déjà au cinéma par Katharine Hepburn sous la direction de John Ford et par Vanessa Redgrave opposée à Glenda Jackson dans le rôle d’Elizabeth, reine d’Angleterre. Le film somptueux, au même titre que celui-ci, était de Charles Jarrot, auteur auparavant d’Anne of a Thousand Days sur l’histoire des parents d’Elizabeth.

Mary Queen of Scots

Le réalisateur suisse allemand Thomas Imbach s’inspire de la biographie écrite par Stefan Zweig et s’intéresse surtout aux épisodes d’avant son exil et emprisonnement pendant 16 ans et son exécution par les Anglais, ce qui lui permet de garder le personnage historique jeune. La construction en flashbacks est guidée par des lettres que Marie écrit à sa cousine alors déjà reine d’Angleterre. Contournant les difficultés de budget par une retenue certaine dans les décors et les costumes en Écosse, Imbach, par sa direction photo, rend prenante la personnalité changeante de Marie prise entre ses passions et sa volonté de réconciliation nationale. De nombreuses courtes séquences de landes et plages balayées par le vent illustrent aussi le caractère frustre de cette Écosse vue par le biais d’une reine qui a connu jeune et adolescente les ors des palais français.

 Contournant les difficultés de budget par une retenue certaine
dans les décors et les costumes en Écosse, Imbach, par sa direction
photo, rend prenante la personnalité changeante de Marie
prise entre ses passions et sa volonté de réconciliation nationale.

Certaines ellipses du réalisateur et de ses coscénaristes Andrea Staka et Eduard Habsburg risquent de rendre difficile à plusieurs spectateurs la compréhension du contexte historique pris entre les diverses factions religieuses ou politiques et ces personnalités qui entrent et sortent au gré des épisodes nécessaires trop souvent raccourcis. Camille Rutherford apporte une nerveuse prestance à son interprétation. Le conseiller-amuseur Rizzio, bien interprété par Mehdi Dehbi, souligne par ses courts spectacles le carcan auquel ces dirigeants sont obligés de se plier pour assumer leur rôle politique. Un carton final eut été utile pour faire remarquer à certains que Jacques VI, fils de Marie, devenu héritier de la couronne anglaise après la mort d’Elizabeth, fit placer, plusieurs années plus tard, le cercueil de sa mère près de celui d’Elizabeth dans l’abbaye de Westminster.

revueséquences.org
Sortie : Vendredi 27 mars 2015

V.o. : anglais ; français
S.-t.f. > Marie, reine d’Écosse

Genre : Drame biographique – Origine :   Suisse / France– Année : 2013 – Durée : 1 h 59 – Réal. : Thomas Imbach – Int. : Camille Rutherford, Aneurin Barnard, Sean Biggersteff, Mehdi Dehbi, Edward Hogg, Tony Curran – Dist. / Contact : K-Films Amérique.
Horaires : Beaubien

CLASSIFICATION
Visa GÉNÉRAL

MISE AUX POINTS
★★★★★ (Exceptionnel). ★★★★ (Très Bon). ★★★ (Bon). ★★ (Moyen). (Mauvais). ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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