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Rio 2

10 avril 2014

Semaine du 11 au 17 avril 2014

Sortie : Vendredi 11 avril 2014
V.o. : Anglais
V.f. – Rio 2

[ ANIMATION ]
Origine :
États-Unis – Année : 2014 – Durée : 1 h 46  – Réal. : Carlos Saldanha – Voix (V.o. : Anglais) : Jesse Eisenberg, Anne Hathaway, Andy Garcia, Jemaine Clement, Kristin Chenoweth, Leslie Mann, Rodrigo Santoro – Dist. /Contact : Fox | Horaires/Versions /Classement : Cineplex

En quelques mots
Une famille d’aras bleus, vivant dans un sanctuaire écologique à Rio, entreprend un voyage en Amazonie pour retrouver ses congénères. Le réalisateur d’origine brésilienne Carlos Saldanha, fort du succès de sa série Ice Age, avait pu réaliser Rio sur la rencontre improbable entre Blu, un ara bleu vivant aux États-Unis et Jewel, une femelle de son espèce capturée au Brésil et transportée clandestinement au Nord. Le succès public et critique avait accueilli cette fable pour adultes et enfants sur la rencontre des cultures dans l’environnement dépaysant de l’ancienne capitale du Brésil.

Quelques années ont passé et Blu est toujours aussi américanisé et plus domestiqué que sa compagne et ils sont parents de trois jeunes aux caractères assez différenciés. Une introduction, haute en couleurs et musiques chatoyantes, épicée de gags d’inégale valeur  fait place  à l’intrigue des retrouvailles espérées, préparées.   La famille et leurs amis volatiles se transportent vers une Amazonie luxuriante aux dangers multiples où la déforestation désordonnée  (L’Erreur équatoriale pourrait-on dire) mine la tranquillité des lieux. Saldanha et son équipe rendent un hommage appuyé  aux comédies musicales à la Busby Berkeley et à la préparation de spectacles mettant en vedette des amateurs de tous poils ou plumes. La jalousie pointe son bec dans un déroulement d’aventures plus ou moins prenantes  où l’anthropomorphisme n’est pas trop appuyé. La trame musicale servie par de bons interprètes nord-américains mais aussi latino-américains accompagne  magiquement le travail d’orfèvre en animation qui fait de ce film une suite réussie à Rio.

Texte : Luc Chaput
Cote : ★★★

MISE AUX POINTS
★★★★★ (Exceptionnel) ★★★★ (Très Bon) ★★★ (Bon) ★★ (Moyen) (Mauvais) 0 (Nul) ½ (Entre-cotes) – LES COTES REFLÈTENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Tel père, tel fils

Semaine du 11 au 17 avril 2014

LE FILM DE LA SEMAINE

PRIX DU JURY / PRIX DU JURY ŒCUMÉNIQUE (Mention Spéciale)
Festival de Cannes 2013

Sortie : Vendredi 11 avril 2014
V.o. : Japonais ; S.-t.f.
S.-t.a. – Like Father, Like son
Titre original – Soshite chichi ni naru

[ DRAME FAMILIAL ]
Origine :
Japon – Année : 2013 – Durée : 2 h – Réal. : Hirokazu Kore-eda – Int. : Masaharu Fukuyama, Machiko Ono, Lily Franky, Yako Maki, Keita Ninomiya, Shogen Hwang – Dist./Contact : Métropole | Horaires/Versions /Classement : Beaubien Cineplex Excentris

En quelques mots
Kore-eda a toujours été un cinéaste des frontières, de ces espaces et de ces temps où les démarcations se brouillent. Les démarcations sont d’autant plus intéressantes à dépeindre si le film parle d’un milieu familial, en apparence bien uni, ordonné, réussi. Kore-eda est un cinéaste du « drame familial », principalement de la classe moyenne. Dans Nobody Knows (2004), une famille doit se (re)créer lorsqu’une mère abandonne ses enfants. Souvent, ces démarcations familiales prennent forme dans le contexte de l’étroitesse des logements dans les grandes villes (c’est le cas pour la famille Seiki dans Tel père, tel fils). L’architecture des maisons a toujours joué un grand rôle dans la dramaturgie des films japonais (vrai, aussi bien pour Ozu que Kobayashi). Dans Still Walking (2008), une famille se retrouve pour commémorer la mort tragique du frère aîné décédé quinze ans plus tôt. La maison de cette famille ressemble étrangement à celle de Ryota : une caméra stable met en évidence le trait net du contour des murs des deux appartements. Ces maisons sont grandes et « réconfortantes », image de stabilité, mais un changement peut survenir et il faut changer, s’adapter. Ce que doivent faire aussi bien la famille de Still Walking que celles de Tel père, tel fils. Rien n’a bougé dans la spacieuse maison des parents dans Still Walking; elle est à la fois classique et moderne. La maison de Ryota est celle des objets aux lignes épurées avec des plans où s’exprime la volonté ordonnée, rigide, du père et son désir de perfection.

Kore-eda croit que tout peut changer, même imperceptiblement. Le changement vient toujours d’abord par les personnages féminins. Dans Tel père, tel fils, ce sont effectivement les deux mères qui comprennent le plus vite, et mieux, la situation difficile qu’il faut affronter. Au total, Kore-eda nous donne à voir des familles comme toutes les autres, unies par l’amour, les ressentiments et les secrets. Il le fait tout en témoignant des préoccupations des Japonais du 21e siècle. En effet, beaucoup d’entre eux âgés de plus de 55 ans ont sacrifié la famille, la paternité, à la solidarité économique. Cela donne des personnages masculins qui mesurent ce qu’ils ont manqué en tablant uniquement sur le travail et sur leur rôle de pourvoyeur, au détriment de celui d’accompagnateur de leurs enfants. Kore-eda, comme dans ses autres films, n’est pas méchant, mais il peint une trop grande indifférence de certains adultes envers les (leurs) enfants. À la toute fin du film, c’est en découvrant des photos de son fils (qui n’est pas le sien biologiquement) que Ryota constate que celui-ci, en fait, lui voue une grande admiration. C’est alors que le titre du film prend tout son sens : on est bien le fils d’un père lorsque celui-ci a pris le temps de le reconnaître.

Texte : Pierre Pageau
Cote : ★★★

Texte complet : Séquences (nº 290, p. 46)

MISE AUX POINTS
★★★★★ (Exceptionnel) ★★★★ (Très Bon) ★★★ (Bon) ★★ (Moyen) (Mauvais) 0 (Nul) ½ (Entre-cotes) – LES COTES REFLÈTENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Le Dragon d’or

L’INSOUTENABLE ÉGAREMENT DE L’ÊTRE

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★

Deux parties séparent les spectateurs : d’une part, celle des sièges traditionnels, comme dans tous les théâtres ; de l’autre. des tables disposées comme dans un cabaret où l’on servira aux heureux élus un met chinois choisi parmi trois possibilités.

Le concept n’est pas nouveau, mais au Prospero, c’est du « jamais vu », d’autant plus que le principal intéressé s’est retrouvé au milieu des convives. Expérience étrange pour ainsi dire puisque notre rapport à ce qui se passe sur scène n’est plus le même.

PHOTO : © Marc-André Goulet

Suite

The Houston Ballet

4 avril 2014

MARIE-ANTOINETTE

L’avant-dernier spectacle de la saison des Grands Ballets célèbre le Houston Ballet avec Marie-Antoinette, sur une chorégraphie de Stanton Welch et une musique de Dmitri Shostakovich, revue par Ermanno Florio.

En 1969, une quinzaine de jeunes danseurs font leur début au Sam Houston State Teacher’s College, à Huntsville, au Texas. Le Houston Ballet compte aujourd’hui plus de 50 danseurs, faisant de la compagnie l’une des plus imposantes d’Amérique du Nord. Dans leur vaste répertoire, on retrouve des signatures aussi imposantes que Christopher Bruce, James Kudelka, Trey McIntyre et Nicolo Fonte.

Ian Cassidy et Melody Mennite (PHOTO : © Amitava)

Suite

Raphaël à Ti-Jean

L’ESPRIT DE FAMILLE

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★
½

Tout en étant conscient des nouvelles normes ethno-démographiques, le théâtre québécois est en constante recherche d’une identité nationale qui lui est propre. Force est de souligner que cette quête se traduit par une écriture qui privilégie souvent la nostalgie, mais qui est au fond un cri politique pour la survie.

Hubert Proulx, Yves Bélanger et Catherine Allard (PHOTO : © Bruno Roy)

Suite

Éden Motel (Première Partie)

TERRAINS VAGUES

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★★

Les intentions du Philippe Ducros, auteur et metteur en scène, sont louables, voire même édifiantes et essentielles par les temps qui courent. Elles sont d’ordre social et politique et dans ce sens, elles se démarquent de la plupart des pièces proposées depuis quelque temps, plus axées sur les crises existentielles de l’individu, particulièrement dans le milieu du théâtre parallèle.

Ici, ce qui confirme l’originalité de l’écriture, c’est avant tout qu’elle émane d’un processus d’observation de l’individu à travers de nombreux voyages de l’auteur dans plusieurs régions affectées du monde (Proche-Orient, Bosnie, Palestine occupée, Israël, Inde..). Sur ce point, les prises de position politique de l’auteur sont évidentes, et libre à chacun d’y adhérer ou pas.

PHOTO : © Théo Graveraux

Suite

9 mois ferme

3 avril 2014

Semaine du 4 au 10 avril 2014

Sortie : Vendredi 4 avril 2014
V.o. :
Français

COMÉDIE
Origine :
France – Année : 2013 – Durée : 1 h 22  – Réal. : Albert Dupontel – Int. : Albert Dupontel, Sandrine Kiberlain, Philippe Uchan, Nicolas Marié, Bouli Lanners, Gilles Gaston-Dreyfus – Dist. / Contact : Métropole | Horaires / Versions / Classement : Beaubien Cineplex

En quelques mots
Entouré de deux brillants scénaristes acolytes, Héctor Cabello Reyes et Olivier Demangel, l’iconoclaste Albert Dupontel construit volontairement ses dialogues sur un ton incisif, sournois, pince-sans-rire, parfois même affreux, sale et méchant. Son pouvoir de séduction, c’est dans les mots traitres, grossiers, invulnérables et pleins de rage qu’on le trouve ; mais aussi dans les scènes chocs qu’il impose avec une grâce animale. Impossible de ne pas réagir à cette autopsie ensanglantée, alors que l’exécutant se débrouille pour que les bruits provoqués par le matériel employé montrent leur fureur affriolante ;  l’échographie annonçant la grossesse de la protagoniste est aussi une séquence d’anthologie. Par sa nonchalence et sa truculence, par son je-m’en-foutisme et sa déreliction. Les esprit tordus en ont pour leur argent (et tant mieux !). Les autres, moins avertis, s’en donnent tout de même à cœur joie puisque Dupontel ne cesse de réinventer l’absurde dans le jeu et l’inconcevable dans la mise en scène.

Il semble nous dire qu’après tout, « nous ne sommes qu’au cinéma et tout est permis ». Une fois cette hypothèse acceptée, on se laisse emporter par ce jeu pervers qui constitue la majeur partie du film ; et d’un coup, cet univers en décomposition morale se transforme en une bizarre histoire d’amour non consommée qui montre qu’en fin de compte, la trendresse est un sentiment accessible à tout le monde.

Entre la célibataire quanrantenaire qui rêve de carrière plus importante et l’accusé de crimes atroces (est-il coupable ou pas ?), une possible relation se crée au fil des jours. Conscient de la tournure des événements, de ces paradoxes narratifs, Dupontel atténue d’un coup la mise en scène grandiloquente tout en conservant la pugnacité requise. Comédie grand public, 9 mois ferme est un grand rire garanti, intelligent parce que calibré à point, superbement mené par des comédiens exceptionnels qui ont un plaisir fou à simplement déconner, par plaisir, par instinct, pour nous emmerder ; et nous en redemandons. Et puis, une surprise : la présence éphémère d’un Jean Dujardin imbattable dans la peau d’un traducteur télé pour malentendants.

Texte : Élie Castiel
Cote : ★★★

Mise aux points
★★★★★
Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul. ½ (Entre-cotes) — LES COTES REFLÈTENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Afflicted

Semaine du 4 au 10 avril 2014

Sortie : Vendredi 4 avril 2014
V.o. : Anglais

ÉPOUVANTE
Origine :
Canada – Année : 2013 – Durée : 1 h 25  – Réal. : Derek Lee, Clif Prowse – Int. : Derek Lee, Clif Prowse, Baya Rehaz – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

En quelques mots
SANS COMMENTAIRES / Film non vu.

Bethlehem

Semaine du 4 au 10 avril 2014

LE FILM DE LA SEMAINE

GRAND PRIX « GIORNATE DEGLI AUTORI »
Mostra de Venise 2013
MEILLEUR FILM, RÉALISATEUR ET SCÉNARIO – Ophirs 2013

Sortie : Vendredi 4 avril 2014
V.o. : Arabe ; Hébreu
S.-t.a. – Beit-Lehem

DRAME POLITIQUE
Origine :
Israël / Allemagne / Belgique – Année : 2012 – Durée : 1 h 40  – Réal. : Yuval Adler – Int. : Tsahi Halevi Shadi Mar’i, Hitham Omari, Michael Shtamler, Tarik Kopty, George Iskander – Dist. / Contact : Métropole | Horaires / Versions / Classement : Cineplex

En quelques mots
Le premier long métrage de Yuval Adler brille par la précision du scénario, coécrit avec Ali Wakad, journaliste palestinien. Sur ce point, les deux coscénaristes refusent catégoriquement l’apitoiement, la vision politique au premier degré, évacuée, sans réfléchir. Ils proposent au contraire un regard original sur le conflit israélo-palestinien qui montre jusqu’à quel point les deux camps se battent tous les deux pour défendre des droits tout à fait légitimes. Mais dans le même temps, Bethlehem démontre également que ce combat est mené entre la force militaire et organisée de l’un et la résistance brouillonne et conflictuelle de l’autre. Cette entreprise bicéphale pour le moins inusitée constitue la pierre angulaire d’un thriller politique d’une étonnante virtuosité.

Entre Razi, l’agent israélien des services secrets, et Sanfur, jeune collaborateur palestinien, une étrange relation père/fils, parfois même frisant l’ambigüe incestueuse si on observe de près, mais que Adler refuse de focaliser davantage pour ne pas déroger du thème principal, la dictature des idéologies. Point de héros dans ce récit qui se déroule à tout haleine et dont les conséquences sur chacun des groupes montre toute l’absurdité du conflit. Qu’il s’agisse des Services secrets israéliens ou des résistants palestiniens, les membres de chacun des camps n’arrivent pas à transiger, prouvant que ce conflit qui s’éternise possède autant de zones d’ombre que d’incompréhensions.

Si esthétiquement, le film est tourné selon les règles du jeu, force est de souligner que la luminosité des plans éclairés par un soleil de plomb s’oppose à l’idiosyncrasie désespérée et intransigeante  des intervenants. Si Tsahi Halevi propose un agent secret peut-être un peu trop doux mais bigrement efficace, le jeune Shadi Mar’i surprend par son jeu instinctif, combatif, totalement investi dans un personnage partagé entre les injustices évidentes de la colonisation et le confort dangereusement éphémère de la collaboration.  Essentiel, perspicace et d’un humanisme transcendant.

Texte : Élie Castiel
Cote : ★★★ ½

Mise aux points
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. Moyen. Mauvais. ☆☆ Nul. ½ (Entre-cotes) — LES COTES REFLÈTENT  L’AVIS DES SIGNATAIRES.

2009 © SÉQUENCES - La revue de cinéma