En salle à Montréal

Beast

14 juin 2018

| PRIMEUR |
Semaine 24

du 15 au 21 juin 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Interrogée par des policiers qui enquêtent sur une série de meurtres, Moll fournit un alibi solide à son amoureux, un homme au passé obscur qu’elle connaît à peine. Mais quelques jours plus tard, elle se rend compte qu’il est l’auteur des crimes qui terrorisent sa petite communauté.

CRITIQUE
[ Charles-Henri Ramond ]

★★★ ½

Sauvage innocence

Après avoir mis en scène quelques courts, l’anglais Michael Pearce signe avec Beast un premier long métrage qui trouve sa juste place dans un cinéma d’auteur strict, mais pas aride, dont la pureté des sentiments se nourrit aussi du côté sombre qui est en nous. Ici, c’est une métaphore à la bestialité qui sommeille, là une satire de la bourgeoisie anglaise. Entre la maison parentale, cossue, mais sans joie, et les affres d’un amour cruel, Moll, ne correspond pas vraiment au monde auquel elle appartient et semble ne jamais être en contrôle de son avenir, y compris dans ses moments les plus heureux. Tiraillée entre l’élan passionnel et l’oppression subie par une famille intolérante, la jeune femme nous laisse entrevoir l’étendue de ses troubles psychologiques au fil d’un récit alliant thriller et drame social, et possédant même quelques touches de gore et de fantastique.

Malgré son schéma d’ensemble qui n’est pas vraiment
nouveau et un dénouement traînant en longueur
Beast inscrit d’emblée Michael Pearce dans la courte liste
des nouveaux auteurs européens à surveiller attentivement.

Ce mélange pour le moins déroutant compose une intrigue dense, qui abat ses cartes au compte-gouttes sans que l’on sache vraiment dans quel univers nous nous retrouverons dans la séquence suivante. Du début à la fin, le film tient en haleine, parvenant à rendre palpable la sensation que rien ne se résoudra sans heurts. Dans cette ambiance en perpétuelle tension, le contraste entre les différents huis clos est frappant. D’un côté la civilisation avec ses contraintes (les parents, la respectabilité face à autrui, la vérité) et de l’autre l’envoûtement et la bestialité (le beau blond voyou, la nature sauvage, le mensonge).

Plongés dans les superbes paysages des Channel Islands, mis en valeur par la riche palette photographique de Benjamin Kracun, ces pôles d’attraction dissonants trouvent écho dans les performances d’une rare intensité des comédiens Jessie Buckley et Johnny Flynn. Inconnus ou presque jusqu’à maintenant, c’est en grande partie sur leur présence et leur charisme que repose la force de cette œuvre singulière. Malgré son schéma d’ensemble qui n’est pas vraiment nouveau et un dénouement traînant en longueur Beast inscrit d’emblée Michael Pearce dans la courte liste des nouveaux auteurs européens à surveiller attentivement.

 

Sortie
vendredi 15 juin 2018

V.o.
anglais

Réalisation
Michael Pearce

Genre
Suspense

Origine
Grande-Bretagne

Année
2017

Durée
1 h 47

Distributeur
Les Films Séville

Horaires & info.
@ Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
(Accès autorisé si accompagnés d’un adulte)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais.
½ [Entre-deux-cotes]

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