12 octobre 2017
Genre : Drame judiciaire – Origine : États-Unis – Année : 2017 – Durée : 1 h 59 – Réal. : Reginald Hudlin – Int. : Chadwick Boseman, Josh Gad, Kate Hudson, Dan Stevens, James Cromwell, Keesha Sharp – Dist. : Les Films SK.
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Alors que la super-héroïne déesse et justicière ayant fait son apparition dans DC Comics Books en 1941 semblait, depuis les dernières décennies, avoir disparue de la culture populaire, voilà que Wonder Woman réapparait sous diverses formes, depuis quelques années. Les jeunes filles enfilent le costume à l’Halloween, le film d’animation Wonder Woman (Lauren Montgomery) voit le jour en 2009, deux ans plus tard NBC produit un pilot (Wonder Woman, Jeffrey Reiner) pour une série télé (avortée), puis en 2017, Gal Gadot incarne le personnage dans Wonder Woman, l’anticipé film éponyme de Patty Jenkins. Au contraire des films d’action énoncés ci-haut mettant en scène l’univers frictionnel de l’Amazone, Professor Marston and the Wonder Women, film biographique d’Angela Robinson, relate l’histoire vraie de son créateur, William Moulton Marston, qui sera d’abord professeur de psychologie et inventeur du détecteur de mensonges. Il enseignera notamment à ses élèves « les émotions » au cœur des relations humaines, de par sa théorie DISC (Dominance, Inducement, Submission, Compliance), qui sera plus tard mise en scène dans la bande dessinée, au même titre que sa relation polygame. William Marston, au même titre que sa femme et sa maitresse, vivront en ménage à trois et fondront une famille nombreuse; une conception du couple et de la famille très avant-gardiste pour les années 30-40 (et même encore aujourd’hui). Le film relate leur histoire, comme celle des « Wonder Women » (notez le pluriel du mot femme dans le titre du film), par le biais de retours en arrières, alors que Marston, subit un interrogatoire par la brigade de la moralité de l’époque au sujet de sa bande dessinée.

Ouvertement lesbienne, Angela Robinson s’est intéressée précédemment à la thématique des femmes de la diversité sexuelle de par son long-métrage primé D.E.B.S, un film d’agents secrets, où les relations lesbiennes et bisexuelles des protagonistes adolescentes se retrouvent au cœur d’un récit contemporain non dénudé d’humour. Ayant aussi réalisé des téléséries telles que Girltrash et quelques épisodes de The L Word, Robinson n’est pas en terrain inconnu avec Professor Marston and The Wonder Women.
La réalisation sensible de Robinson, comme son regard non centré sur le voyeurisme, empêche le récit de sombrer dans la porno soft, pour se concentrer sur les répercussions liées à la polygamie, la sexualité fluide, le lesbianisme, la bisexualité et à l’exploration sexuelle, tout en abordant, en fin de récit, les pratiques sadomasochistes. Bien que ces notions soient aujourd’hui abondamment explorées socialement, il convient de se replonger à l’époque de la genèse de cette bande dessinée pour comprendre le côté tabou et avant-gardiste des thématiques explorées. Le film met de l’avant un discours féministe (et inspiré de Marston) explorant le « women empowerment », l’autonomisation, la notion de consentement (dans les relations sexuelles), le respect de la femme, son droit à l’éducation, et bien d’autres facteurs sociaux.
La direction d’acteurs maîtrisée rend les personnages de ce biopic plus que vraisemblables. Dans le rôle d’Elizabeth Marston, Rebecca Hall offre une sublime performance ; une femme forte psychologiquement, intelligente et éduquée, qui n’hésitera pas à exprimer sa vulnérabilité, en fin de récit. Bella Heathcote, qui incarne l’étudiante-stagiaire Olive Byrne, possède la beauté et le charisme nécessaires au fantasme, assises de la relation polygame. Robinson priorise le jeu d’acteurs pour insuffler l’émotion au spectateur, au contraire d’artifices cinématographiques trop appuyés, comme la musique mélodramatique, procédé usé et récurrent de nombreux biopics.
Genre : Drame biographique – Origine : États-Unis – Année : 2017 – Durée : 1 h 48 – Réal. : Angela Robinson – Int. : Luke Evans, Rebecca Hall, Bella Heathcote, Connie Britton, Oliver Platt, J.J. Feild – Dist. : Columbia.
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Si Rebel in the Rye est le premier long métrage de fiction pour le cinéma de Danny Strong, plus connu en tant qu’acteur dans plusieurs téléséries et aperçu, entre autres, dans Knight of Cups (2015) de Terrence Malick, il n’en reste pas moins que son expérience au petit écran l’a sans doute influencé dans la mise en scène, lourde le plus souvent, illustrant la de cet énigmatique auteur américain comme s’il s’agissait d’un drame romantique.

Quelles sont les étapes qui ont bouleversé la carrière de l’auteur de The Catcher in the Rye (en français, L’attrape-cœurs), son unique vrai grand succès traduit en plus de trente langues. Récit biographique en même temps qu’œuvre fictionnel où le côté américain de l’auteur, son judaïsme à peine évoqué, une vision de la vie à la fois étrange et arbitraire, ainsi qu’un rappport assez particulier à la sexualité sont les éléments qui nourrissent ce livre aussi complexe qu’édifiant et que tous ceux qui ont suivi des cours de littérature anglaise ont lu.
C’est le cas de Danny Strong. Son adaptation, cependant, ne montre pas l’enthousiasme, la passion, l’esprit libre et la quête existentielle d’un héros littéraire qui a décidé de se retirer de la vie publique avant que celle-ci le dévore. Pour le spectateur, une déception devant ce film nonchalant, sans risque, malgré l’intervention solide des comédiens.
Genre : Drame biographique – Origine : États-Unis – Année : 2016 – Durée : 1 h 49 – Réal. : Danny Strong – Int. : Nicolas Hoult, Zoey Deutch, Kevin Spacey, Sarah Paulson, Lucy Boynton, Victor Garber – Dist. : Métropole Films.
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