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Tully

3 mai 2018

| PRIMEUR |
Semaine du 4 au 10 mai 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Mariée et mère de deux enfants en bas âge, Marlo est sur le point de donner naissance à un troisième bébé. Enceinte jusqu’aux yeux et submergée par les tâches quotidiennes dans sa maison en banlieue de New York, elle est à un cheveu du surmenage. Pour lui permettre de se reposer, son frère lui offre les services d’une gardienne. D’abord réticente, Marlo finit par accepter. Elle rencontre Tully, une jeune femme libre et émancipée avec qui elle se lie d’amitié.

CRITIQUE
| Élie Castiel |

★★★ ½

Confidences pour confidences

Au scénario, le nom de Diablo Cody est pour quelque chose ; on n’a qu’à retenir son inusité et délicieux Juno. Ici, cette adolescente (efficace Ellen Page) qui était tombée enceinte, est devenue Marlo (Charlize Theron), déjà femme, mère de deux enfants et en attente d’un troisième. La comédienne tient à son personnage comme dans une bouée de sauvetage à laquelle elle s’accroche. Accaparée, elle reçoit l’aide d’une « gardienne » d’enfant nouvelle-mouture, ou plutôt « rêvée », car dans un monde où l’individualisme est un credo, la fusion entre les individus est devenue chose rare.

Beau message de la scénariste qui, par le biais de la comédie dramatique parvient à séduire un certain public, notamment celui prêt à ce que les choses changent. Les rapports amoureux sont affaires du privé, mais lorsque l’intrusion peut apporter des solutions à des problèmes, pourquoi pas ? Thérapie, remise en question de soi, de ses valeurs, d’un société qui a perdu la foi, non pas d’un point de vue religieux, mais spirituel.

Avec Tully, Jason Reitman poursuit une  carrière
où l’humain et ses contradictions demeurent
les principaux boulons narratifs. Touchant!

L’écriture est donc pour quelque chose dans ce récit d’un simplicité étonnante, mais qui offre, chose peu courante, une unification des personnages qu’on aurait voulu voir plus souvent par les temps qui courent. S’immiscer dans le privé, se sentir comme faisant partie d’une famille, reconnaître les problèmes des autres qui, à leur tour sauront découvrir ceux d’autrui.

C’est là la grande richesse de ce film qui, malgré des écarts de langage et des situations biscornues, se savoure avec un mélange de bonheur et de tristesse à la fois. La mise en scène de Jason Reitman privilégie le verbe et on le comprend puisque les mots servent ici d’éléments thérapeutiques, de points d’ancrages, quelque chose qui ressemble à de la mélancolie qu’on tente d’apprivoiser. Cela se voit, paradoxalement, lorsque Marlo et Tully décident de « sortir » entre filles, le soir venu, dans les boîtes de Brooklyn.

Mais le cinéaste préfère la retenue, l’intellect primant sur les émotions trop tendues. Il y a là une dimension narrative qui peut plaire à certains et qui évoquent le dialogue exempt de confontation, car tous ont tort et raison et, surtout, le reconnaissent.

Avec Tully, Jason Reitman poursuit une carrière où l’humain et ses contradictions demeurent les principaux boulons narratifs. Touchant!

 

Sortie : vendredi 4 mai 2018
V.o. : anglais / Version française

Réalisation
Jason Reitman

Genre : Drame – Origine : États-Unis – Année : 2018 – Durée : 1 h 35 – Dist. : Universal Films.

Horaires & info.
@ Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
(Accès autorisé si accompagnés d’un adulte)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

Un jour mon prince

| PRIMEUR |
Semaine du 4 au 10 mai 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Rien ne va plus au royaume des fées. La Belle au bois dormant est endormie depuis bientôt cent ans et aucun homme n’est encore venu pour l’embrasser et la libérer de son mauvais sort. Lorsque l’horloge à son chevet marquera le coup des cent ans, c’est le royaume tout entier qui risque d’être anéanti.

SANS
COMMENTAIRES

 

Sortie : vendredi 4 mai 2018
V.o. : français

Réalisation
Flavia Coste

Genre : Conte / Comédie – Origine : France / Québec [Canada] – Année : 2016 – Durée : 1 h 23 – Dist. : Les Films Séville.

Horaires & info.
@ Cineplex

Classement
Tout public

Lorenzo Coppola : Du comique et du sérieux chez Mozart et Haydn

2 mai 2018

Critique CONCERT
| Élie Castiel |

★★★ ½

Prova d’orchestra

Autrement dit, en français, « Répétition d’orchestre », à partir du film du grand Federico Fellini. Car cette première médiatique dans la Salle de concert Bourgie reflétait en quelque sorte l’esprit du maestro italien du 7e art. Par ailleurs, avec un nom comme Coppola, difficile de ne pas s’investir à fond dans ce que le chef invité Lorenzo Coppola a à offrir.


Articulé, ne présentant le programme que dans la langue de Molière (c’est bien ainsi), il donne un cours fort sympathique sur la commedia dell’arte et sur l’importance de la musique classique dans nos vies. Belles paroles qui mettent les spectateurs à l’aise. Car Coppola, l’homme de musique, a un profond respect pour le public, et son discours lyrique est en pleine harmonie avec l’époque dont il parle. Mozart et Haydn sont ses deux points d’attache. Il démistifie ces légendes de la musique et en les situant terre à terre, ne fait qu’anoblir ce genre tant contesté aujourd’hui.
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