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Puzzle

16 août 2018

| PRIMEUR |
Semaine 33
Du 17 au 23 août 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Agnes, mariée et mère de deux adolescents, habite une banlieue tranquille de New York. Elle consacre tout son temps à sa famille. Pour son anniversaire, elle reçoit en cadeau un casse-tête de 1000 pièces qu’elle assemble en quelques heures. À l’insu de son mari, elle répond à l’annonce de Robert, un expert qui cherche un coéquipier pour participer à une compétition nationale.

CRITIQUE
| Élie Castiel |

★★★

MI- FUGUE, MI- RAISON

Côté long métrage, on lui doit l’inédit Gods Behaving Badly (2013). Cinq ans plus tard, Puzzle marque pour Jon Turtletaub, plus à l’aise dans la production (Little Miss Sunshine, The Laws of Attraction), un retour plus sobre, loin de la sophistication appuyée souvent associée à certaines productions, laissant tout élément incongru en dehors de la trame narrative.

Une possible histoire d’amour (adultère) finit par se
résorber, comme ça, comme dans la vie de tous
les jours, sans cris excessifs ni drames théâtraux.

Dans le cinéma indien, Irffan Khan est celui qui se rapproche le plus de l’indie, cherchant toujours les réalisateurs peu enclins aux codes du cinéma grand public. Il respecte les règles et c’est son allure de gars viril, pas trop beau, et justement charismatique parce que naturel, qu’il gagne un certain attrait. Chez Kelly Macdonald, ses premières présences dans le film ne nous convainquent pas de son métier de ménagère, jusqu’à sa progressive émancipation, alors qu’elle sort de son cocon de femme de petite ville.

La réalisation, discrète, s’interroge constamment, mais évite particulièrement toute intervention étrangère. C’est sans doute dû à la singularité et à sobriété du sujet. Une possible histoire d’amour (adultère) finit par se résorber, comme ça, comme dans la vie de tous les jours, sans cris excessifs ni drames théâtraux. Une fin ouverte laisse entrevoir que la liberté peut, si on se donne la peine de chercher, se vivre au présent sans nécessairement quitter là où on a bâti une vie où, en principe, il reste encore de nombreuses années actives.

Sortie
Vendredi 17 août 2018

Version originale
anglais

Réal.

Marc Turtletaub

Genre
Drame

Origine
États-Unis

Année : 2018 – Durée : 1 h 43

Dist.
Métropole Films

Horaires & info. @
Cineplex

Classement
Tous publics

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

The Gospel According to André

| PRIMEUR |
Semaine 33
Du 17 au 23 août 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Devant la caméra de la documentariste Kate Novack, des personnes connues et des amis partagent leurs impressions sur le designer de mode André Leon Talley.

CRITIQUE
Sans commentaires


Sortie
Vendredi 17 août 2018

Version originale
anglais


Réal.
Kate Novack

Genre
Documentaire

Origine
États-Unis

Année : 2017 – Durée : 1 h 34

Dist.
TVA Films

Horaires & info. @
Cinéma du Parc

Classement
Tous publics

Wall

| PRIMEUR |
Semaine 33
Du 17 au 23 août 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
De passage au Moyen-Orient, le dramaturge et scénariste anglais David Hare se questionne sur les répercussions sociales et politiques de l’édification d’un énorme mur fortifié entre Israël et la Palestine. Mur de la séparation pour les Israéliens, mur de la ségrégation raciale pour les Palestiniens.

COUP DE CŒUR
| Élie Castiel |

★★★★★

OMBRES IDENTITAIRES

Le conflit le plus médiatisé du monde, celui qui, par sa position géographique, suscite les passions les plus extrêmes, soulève des vagues d’indignation, crée des partisans d’un côté ou de l’autre et, mine de rien, qu’on le veuille ou pas, fait apparaître un nouvel antisémitisme diasporatique, plus intellectuel que racial, encore plus menaçant puisque sourd.

Quoi qu’il en soit, c’est la problématique du « mur » que soulève Cam Christiansen, grâce à l’écriture fortement simple, précise et ô combien significative de David Hare, dramaturge, metteur en scène et réalisateur dont la réputation n’est plus à faire parce que discret, presque intimiste, ne soulevant pas l’ire des lecteurs ou des spectateurs. Et puis un film, Wall, un mur de lamentations d’aujourd’hui, qui sépare, qui divise, qui évite le rapprochement. Au nom d’une fausse sécurité, bien que dans le film, un des intervenant confirmera que les attentats contre Israël ont reculé de 80%, et qui laisse à penser que dans la société civile israélienne, la critique du gouvernement n’est pas nécessairement dans l’ordre du jour. Pour la simple raison qu’il est question d’un très jeune pays dont les premiers habitants sont sortis, pour une grande part, de l’enfer et que certains vivent encore. Les stigmates de la déchirure européenne, de la mise en éxécution d’un extermination qui n’a pas de nom, mais qui persiste dans son discours d’expropriation.

Les Palestiniens ensuite, dépossédés, sémites eux aussi, cousins presque germains de l’autre sémitisme. Rêvant d’un retour dans leurs terres volées, et des petites colonies bâties par-ci, par-là, habitées par des gens qui s’en fichent du conflit, la majorité non politisée.

La Palestine, c’est la souffrance, les actes de terrorisme du Hamas, une mauvaise entente avec la Cisjordanie, le bordel en quelque sorte ; Israël, c’est la fausse insouciance, l’occidentalisation qui a balayé les grands rêves socialistes des premières années de l’État ; un pays démocratiquement capitaliste. Un gouvernement où on permet aux partis politiques d’en faire partie.

L’Islam et le judaïsme, deux croyances millénaires qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau. La paix sans doute possible si l’on en juge par la magnifique et poignante fin de Wall, un mur plein de signes de pays, Israël entouré de la Palestine et autres pays arabisants. Possible, c’est du moins ce que prône le cinéma, en général, depuis son invention.

Et cette adaptation à l’écran d’un monologue scénique singulier construit les preuves du discours à travers un essai visuel d’un magnétisme hallucinant. Nous sommes pratiquement à l’intérieur de deux territoires en suspens, comme si le temps jouait contre eux.

On craignait le parti pris idéologique. Loin de là. Il y a, dans le personnage de David Hare, en tenue animée, un rapport humaniste au problème, une politisation intellectuelle dont le verbe et la parole réfléchie sont les principaux atouts. Salutaire travail de mise en scène par deux artistes pris par le vif du sujet. Christiansen et Hare, une complicité tacite qui évite courageusement et avec une volonté farouche tout rapport partisan ou condamnable.

Pendant ce temps, la terre tourne et les conflits mondiaux naissent à pas de géants. Le prix à payer, autant pour les uns que pour les autres, en vaut-il la chandelle ? Encore une fois, Israël et la Palestine, des ombres dans un ciel bleu, des zones géographiques paradoxales. Et une terre biblique qui n’a pas cessé de vivre ses multiples tourments.

 On craignait le parti pris idéologique. Loin de là. Il y a, dans le personnage de David Hare, en tenue animée, un rapport humaniste au problème, une politisation intellectuelle dont le verbe et la parole réfléchie sont les principaux atouts. Salutaire travail de mise en scène par deux artistes pris par le vif du sujet.

 
 Sortie
Vendredi 17 août 2018

Version originale
anglais; s.-t.f.
Le mur


Réal.
Cam Christiansen

Genre
Documentaire / Animation

Origine
Canada

Année : 2017 – Durée : 1 h 19

Dist.
ONF

Horaires & info. @
Cinéma du Parc
Cinémathèque québécoise

Classement
Tous publics

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

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