18 octobre 2013
Résumé
À la suite d’une rencontre à Berlin, Julian Assange, fondateur de Wikileaks, s’associe avec Daniel Domscheit-Berg, un informaticien de talent prêt à s’investir pour traquer les agissements des privilégiés et des tout-puissants. À l’aide d’un site Internet accessible par des serveurs fantômes, ils sollicitent l’aide de dénonciateurs anonymes pour diffuser des documents confidentiels issus de gouvernements ou d’entreprises privées.
En quelques mots
★
L’histoire est récente et les démêlés de Julian Assange avec la justice internationale sont encore frais dans les mémoires. Quelle belle opportunité donc pour des financiers avisés que de produire un suspense grand public tiré de ces événements connus aux quatre coins de la planète. S’inspirant de deux livres réputées crédibles (celui de David Leigh et Luke Harding du Guardian et celui de Daniel Berg), le film fut rejeté en bloc par Assange, qui a d’ailleurs choisi le mois d’octobre pour promouvoir la diffusion du documentaire Mediastan, du suédois Johannes Wahlstrom, traitant de la divulgation des fameux câbles américains.
Il est vrai que le portrait dressé par Josh Singer, auteur de télévision qui signe ici son premier scénario d’envergure, est raconté du point de vue de Daniel Berg, assistant dévoué qui finit par perdre tout espoir en son idole. Il n’est donc pas étonnant que le film résume celui qui se fait passer pour un héros des temps modernes en un informaticien autodidacte souffrant de troubles égocentriques et insiste à moult reprises sur instabilité psychologique.
Ne souhaitant pas prendre parti, le film ne souffle mot sur les charges de viol qui pèsent contre lui et qui auraient sans doute pu altérer notre relation par rapport à cet intrigant personnage. Un portrait très incomplet donc puisqu’il n’insiste pas non plus sur les motivations initiales du créateur de WikiLeaks. Son objectif philanthropique de faire tomber les tricheurs et les corrompus par le seul biais de la divulgation d’information se transforme vite en dogmes inflexibles d’un homme prêt à tout pour s’attirer l’adoration du public, et ce au détriment des conseils de ses proches, s’isolant ainsi dans une inexorable solitude, qui le mènera finalement à son isolement actuel. On peut difficilement faire plus réducteur.
Traité à la manière d’un thriller politique conventionnel et réalisé presque machinalement, The Fifth Estate a tous les airs du biopic bien pensant qui, sans être totalement raté, ne propose qu’une vision superficielle d’un personnage hors normes et qui ne fait qu’effleurer le changement de donne qui est en train de s’opérer dans les médias d’information. Un tel sujet méritait bien meilleur sort. >> Charles-Henri Ramond
DRAME BIOGRAPHIQUE | Origine : États-Unis / Belgique – Année : 2013 – Durée : 2 h 08 – Réal. : Bill Condon – Int. : Benedict Cumberbatch, Daniel Brühl, Laura Linney, Moritz Bleibtreu, Alicia Vikander, Stanley Tucci – Dist. / Contact : Buena Vista | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
Résumé
La veille de la compétition pour le titre de Mr. Olympia, sept culturistes et leurs proches partagent leurs points de vue sur le sport. D’anciens champions se souviennent de leur parcours et des plus grands moments de leur carrière.
En quelques mots
SANS COMMENTAIRES / Film non vu.
DOCUMENTAIRE | Origine : États-Unis – Année : 2013 – Durée : 1 h 47 – Réal. : Vlad Yudin – Dist. / Contact : Cineplex.com | Horaires / Versions / Classement : Sphèretech 14
Résumé
Adolescente timide de Liverpool, Freda Kelly accepte de travailler pour The Beatles, un nouveau band local alors inconnu. Pendant onze ans, elle reste fidèle au groupe rock devenu légendaire. Aujourd’hui, pour la première fois depuis 50 ans, elle nous raconte son incroyable histoire.
En quelques mots
★ 1/2
Le réalisateur Ryan White interviewe Freda essentiellement à son domicile actuel où elle va au grenier pour retrouver des archives du fan club dont elle était responsable. Certains témoignages de proches des Beatles ou de leur organisation à Liverpool montrent l’importance et le caractère trempé de cette jeune femme venant d’un milieu similaire aux Beatles mais qui n’a pas eu accès à leur richesse importante comme actionnaire incluse dans leurs compagnies. Comment cela se fait-il ? Le film ne le dit pas mais fourmille d’anecdotes montrant un temps où les groupes musicaux avaient des magazines et des personnes répondant à la machine à écrire aux innombrables lettres des fanatiques. Freda Kelly a gardé une réserve certaine concernant certains agissements de ses patrons à une époque où on séparait encore plus facilement vie privée et publique. >> Luc Chaput
DOCUMENTAIRE | Origine : États-Unis / Grande-Bretagne – Année : 2013 – Durée : 1 h 26 – Réal. : Ryan White – Avec : Freda Kelly, Paul MacCartney, John Lennon, George Harrison, Ringo Starr – Dist. / Contact : Kinosmith | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
Résumé
Un lac dans la nature. Des hommes errent et draguent dans le simple but d’assouvir leurs pulsions sexuelles. Franck, un des habitués, aperçoit Michel. Un rapport ambigu s’établit entre eux. Mais le soir venu, Franck assiste au meurtre d’un des hommes. L’assassin est Michel.
PRIX DE LA MISE EN SCÈNE ET PRIX FIPRESCI « UN CERTAIN REGARD » – FESTIVAL DE CANNES 2013
En quelques mots
★★★★
Déjà, avec Le Roi de l’évasion (2009), le français Alain Guiraudie abordait les thèmes de la solitude et de la sexualité avec une approche singulière. Avec L’Inconnu du lac, il poursuit avec ces mêmes motifs narratifs en leur attribuant une signification encore plus résonnante. La nature extrovertie, sauvage, spontanée et sans retenue, avec tous ses sons, ses bruits, ses crissements et grésillements contribue à donner aux scènes sexuellement explicites une connotation subliminale, presque irréelle. Ici, le sexe anonyme n’est plus du domaine du voyeurisme, mais plutôt d’un conscient assumé, d’un acte revendicateur, à la limite presque politique. Le non lieu dangereux, le huis clos inquiétant et la solitude incontournable défient tous ces corps nus masculins qui, paradoxalement, convoquent le danger et l’interdit pour mieux jouir du plaisir. Car L’Inconnu du lac, qui rappelle l’univers d’un Jean Genet, montre ces charpentes humaines dans une mise en scène chorégraphique menée par une symphonie de gestes, d’expressions cachées, de paroles sourdes et d’intentions désirées.
Aucune musique, seul le bruit de l’agitation, voire même de l’excitation de l’eau, permet un rapport séduisant et érotisant entre la nature et l’homme. Le seul lien avec la réalité est ravivé par l’enquête autour d’un crime qui n’arrête en rien les habitués du lieu. C’est dans cet amalgame de fiction minimaliste et de suspense que L’Inconnu du lac tire sa grande originalité. Les acteurs, tous impeccables, assument leur nudité avec grâce et naturel. Dans un rôle exigeant plein de nuances, Patrick D’Assumçao compose un personnage touchant, un lien émouvant et sincère avec l’ailleurs, témoin de ce qui se passe autour de lui. Même si le film a été conçu pour un grand public adulte (averti et ouvert d’esprit), il s’inscrit néanmoins dans la mouvance du queer cinema, caractéristique que la majorité des critiques rejetterons injustement. Car, justement, le réalisateur déconstruit le genre en lui attribuant de nouvelles voies narratives et de mise en scène faite ici de contrastes tourbillonnants, de génie modeste et accompli et d’un sens magnétique de l’économie. Avec L’Inconnu du lac, Alain Guiraudie nous offre l’une des promesses les plus lumineuses du cinéma français. >> Élie Castiel
DRAME | Origine : France – Année : 2013 – Durée : 1 h 37 – Réal. : Alain Guiraudie – Int. : Pierre Deladonchamps, Christophe Paou, Patrick d’Assumçao, Jérôme Chappatte, Mathieu Vervisch, Gilbert Traina – Dist. / Contact : Axia | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc – Cineplex – Excentris
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
Résumé
Depuis longtemps accro du sexe, Adam vient de reprendre le contrôle de sa vie grâce à la thérapie de groupe. Mis lorsqu’il fait la connaissance de Phoebe, il doit faire des efforts pour ne pas se laisser tenter par ses vieux démons.
En quelques mots
★★
Le premier long métrage du scénariste du futé et intelligent The Kids Are All Right, de Lisa Cholodenko, aborde le thème de la dépendance sexuelle avec un esprit ludique qui ne se compare pas au caractère austère de l’exceptionnel Shame, de Steve McQueen, ni à l’accomplissement confirmé de Don Jon, également premier long métrage du très talentueux Joseph Gordon Levitt. Si dans Thanks for Sharing, titre où domine adroitement la notion de « confession », la problématique prend des allures parfois fantasques, force est de souligner la performance convaincante des comédiens, oscillant entre céder à la tentation de leur asservissement et le profond désir de changement. Le dialogue dérape par moment, mais laisse place tout d’un coup à des échanges de paroles tout à fait brillants. Un film de plus sur un sujet à la mode. >> Élie Castiel
COMÉDIE DRAMATIQUE | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 1 h 53 – Réal. : Stuart Blumberg – Int. : Mark Ruffalo, Gwyneth Paltrow, Josh Gad, Patrick Fugit, Joely Richardson – Dist. / Contact : Métropole | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
10 octobre 2013
Résumé
Sam, Jeff et Marco, trois amis de longue date, imaginent une combine pour aller à Amsterdam à l’insu de leurs familles. Prétextant un séjour de pêche dans un chalet, les trois complices s’envolent pour la capitale néerlandaise où ils font la fête. Le plan fonctionne, jusqu’à ce que Sam décide de prolonger son séjour. Cette décision place Jeff et Marco dans l’embarras. Quand Sam est porté disparu, ils doivent mentir à la police. La situation tendue fait émerger les mensonges et ranime de vieilles rivalités.
En quelques mots
★ 1/2
Stefan Miljevic nous offre de belles images et une prémisse assez intéressante avec son premier long métrage. Mi-drame, mi-thriller, la question du mensonge dans la vie de gens ordinaires y est discutée de façon presque convaincante, mais le scénario est malheureusement teinté d’un brin de déjà-vu, de conte pour adolescent. Il y avait pourtant au départ tout ce qu’il faut pour faire un film intéressant. Les premières scènes nous mettent dans le coup, nous rendent complices de la petite fugue que les trois amis s’apprêtent à faire, et les images filmées dans la capitale européenne du vice sont superbes, originales et même emballantes, comme ce petit tour en vélo-bar à travers les rues d’Amsterdam, tourné comme un vidéoclip. C’est durant le deuxième acte que le fil qui nous lie à l’émotion vécue par la demi-douzaine de personnages (un peu trop archétypaux) se brise. La lecture de la réalité devient grossière au moment où on entre dans le volet dramatique du récit, et le suspense ne fonctionne plus dès lors que les événements imaginés par les trois scénaristes ne correspondent plus à l’univers qui nous avait été présenté au départ, ce qui provoque un décrochage du spectateur. Il aurait fallu s’attarder beaucoup plus à ce qui se passe à Amsterdam entre les trois amis, y trouver un élément déclencheur à la hauteur de la chute dramatique qui occupe le reste du film, pour que le retour au quotidien se fasse plus brusque, plus embarrassant, comme une claque en plein visage. Somme toute, on peut espérer qu’avec un bon scénario, un élément déclencheur solide sur lequel se construit un récit crédible et enlevant, Stefan Miljevic arrivera un jour à nous offrir un film à la hauteur de ses capacités. >> François D. Prud’homme
DRAME / SUSPENSE | Origine : Canada [Québec] – Année : 2013 – Durée : 1 h 48 – Réal. : Stefan Miljevic – Int. : Robin Aubert, Louis Champagne, Gabriel Sabourin, Fanny Mallette, Suzanne Clément, Marie-Chantale Perron – Dist. / Contact : Séville | Horaires / Versions / Classement : Beaubien – Cineplex
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
Résumé
En avril 2009, le cargo commercial du capitaine Richard Phillips, le Maersk Alabama, est pris d’assaut par des pirates armés en provenance de la Somalie. Aidé par les membres de son équipage qui se terrent dans la salle des machines, Phillips réussit tant bien que mal à défendre son bateau. Mais les négociations avec les criminels échouent. Le capitaine est kidnappé et séquestré dans le canot de sauvetage avec ses ravisseurs.
En quelques mots
★★★
Le scénario de Billy Ray basé sur «A Captain’s Duty: Somali Pirates, Navy SEALS, and Dangerous Days at Sea», les mémoires du dit capitaine, reprend de l’intérieur un événement que beaucoup d’entre nous ont vu passer alors dans les journaux, les sites ou les émissions d’information télévisée. Le film est donc construit comme un thriller documenté. Paul Greengrass et son caméraman Barry Ackroyd, avec leur caméra à l’épaule, sur le pont, dans les coursives et la salle des machines de cet immense navire, réussissent à placer le spectateur aux côtés des protagonistes que ce soit les marins du cargo et même les Somaliens obligés pour payer tribut aux seigneurs de guerre de quitter leurs misérables villages pour tenter cette opération à haut risque. Les quatre pirates sont individualisés tant dans leur dégaine que leur caractère et sont servis par des acteurs non-professionnels qui leur apportent une réelle crédibilité. Face à eux, dans le rôle de l’anonyme qui trouve le courage nécessaire à accomplir son travail jusqu’au bout, Tom Hanks trouve là un de ses meilleurs rôles, évitant de trop en faire et de trop en dire. L’attention aux détails est l’apanage normal d’un bon capitaine et Hanks montre bien le professionnalisme puis la rouerie, le sens de la négociation puis l’abnégation de cet homme aux prises avec des circonstances dangereuses. Greengrass mène donc avec toute son équipe à bon port cette odyssée où la force a besoin de l’intelligence pour prévaloir. >> Luc Chaput
SUSPENSE | Origine : États-Unis – Année : 2012 – Durée : 2 h 14 – Réal. : Paul Greengrass – Int. : Tom Hanks, Corey Johnson, Max Martini, Barkhad Adbhi, Barkhad Addirahman, Michael Chernus – Dist. / Contact : Warner | Horaires / Versions / Classement : Cineplex
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.
2026 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.