En salle à Montréal

Plaire, aimer et courir vite

6 décembre 2018

| PRIMEUR |
Semaine 49
Du 7 au 13 décembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.

EN BREF
| Élie Castiel |

★★★

Éviter les sentiers battus

Un ton attachant, une approche personnelle.
C’est rafraîchissant et ça repose des
clichés
souvent associés au genre.

Contrairememt à d’autres pays européens, la France, culture oblige, est plutôt timide, voire même discrète, lorsqu’il s’agit d’aborder le thème de l’homosexualité au grand écran. Si l’an dernier, Robin Campillo nous avait séduit avec 120 battements par minute, le nouveau film de Christophe Honoré, pourtant cinéaste qui s’assume, s’accorde un récit sans doute trop long sur les années sida. Film verbeux, comme tout film de l’hexagone qui se respecte, subtil, nourri d’un sentiment d’urgence de vivre, de plaire, bien sûr, et de profiter de l’instant présent. Honoré cadre bien, les plans sensuels évitent le mauvais goût et l’homosexualité n’est plus un choix, mais une réalité intégrée. Le tout bénéficie de la présence de comédiens investis dans des rôles qui semblent leur aller comme un gant. Il y a Vincent Lacoste, que nous admirons dans chacune de ses prestations et qui pour la circonstance, prête à son jeu une crédibilité à la fois fugace et vigoureuse. Pierre Deladonchamps soutient le rôle principal avec un mélange de vulnérabilité, d’abandon, de résignation et plus que tout, de détachement face à l’irréversible. Un ton attachant, une approche personnelle. C’est rafraîchissant et ça repose des clichés souvent associés au genre.

Sortie
Vendredi 7 décembre 2018

Langue(s)
V.o. : français

Réal.
Christophe Honoré

Genre
Drame

Origine(s)
France
Année : 2018 – Durée : 2 h 13

Dist.
MK2 / Mile End

Info. @
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

Roma

| PRIMEUR |
Semaine 49
Du 7 au 13 décembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Chronique d’une année tumultueuse dans la vie d’une famille de la classe moyenne à Mexico au début des années 1970.

 COUP DE COEUR
| Élie Castiel |

★★★★★

TRANSCENDER L’INTIME

Se classe indéniablement parmi les meilleurs films de l’année. Inspirant, captivant, hommage au cinéma (les Rossellini, Pasolini et Buñuel d’une certaine époque ne sont pas loin) et au quotidien comme sources d’inspiration et d’imaginaire. Un simple récit au cours d’une année au sein d’une famille de la classe moyenne de Mexico. Les années 70 du siècle dernier, un tournant pour ce pays, une nouvelle façon de voir le monde, mais aussi une modernité issue des autres pays de l’Amérique latine, la bourgeoise, et les États-Unis, si proches. Un monde qui ne semble pourtant pas s’avancer vers le nouveau siècle. Car de l’autre côté, sans murs, les habitants des favelas mexicaines voient les gratte-ciels comme des vaisseaux extraterrestres menaçants. Deux mondes à part.

Pour Alfonso Cuarón, une façon de se raconter, de mettre en évidence des menus détails routiniers de la vie de tous les jours par le biais d’une domestique autochtone, comme faisant partie de la famille, intégrée au groupe, délaissée par son petit ami, celui qui l’a mise enceinte et refuse de prendre ses responsabilités. Bref, le machisme ordinaire.

C’est à travers le regard de cette femme, véritable madone du bien, mère courage à la fois combattante et sensible que le récit avance, lentement, prenant son temps comme c’est le cas dans ces pays latins, et encore plus à cette époque.

C’est aussi, pour Cuarón, la possibilité de donner à la grande Yalitza Aparicio un premier rôle troublant, magnifique, illuminant l’écran d’un noir et blanc scintillant, savourant chaque scène où elle apparaît comme si le monde lui appartenait. Photogénique, exceptionnelle, on a du mal à dégager son visage de notre esprit bien longtemps après la projection.

Inspirant, captivant, hommage au cinéma (les Rossellini,
Pasolini et Buñuel d’une certaine époque ne sont pas loin)
et au quotidien comme sources d’inspiration et d’imaginaire.

Oui, projection, car le puissant Netflix (devenu depuis, également distributeur) a donné la permission à quelques salles de grandes villes de projeter le film, gagnant du Lion d’or à Venise cette année. Le cas Roma n’est pas seulement une question de film, mais s’inscrit aussi dans une perspective plutôt sombre entre Cinéma et Économie. À l’heure où tout est question de fric, même les grands noms comme Scorsese, les frères Coen et autres grands faiseurs d’images succombent à la tentation. Mais ne faut-il pas également blâmer un certain public qui n’a point d’égard pour le cinéma en salle? En anglais, le terme « gaze » est puissant et revêt une signification esthétique (cinématographique), social et politique déterminante. Les nouvelles formes de visionnage, si minces soient-elles changent justement ce gaze, ce « regard » autrefois innocent qui nous faisait succomber à la magie de l’immense toile blanche. Le cinéma, aujourd’hui, un produit de consommation.

Film-poème, film personnel où l’intime, transcendant, se confond à la fiction. Film sensoriel car les bruits font partie du quotidien. Et pourtant Cleo, la domestique ne dit presque rien. Les gestes, les intentions, la sagesse et la compassion valent mille et un mots. Épuré et bouleversant.

Sortie
Vendredi 7 décembre 2018

Langue(s)
V.o. : espagnol; s.-t.a. & s.-t.f.
Roma

Réal.
Alfonso Cuarón

Genre
Drame

Origine(s)
Mexique
États-Unis

Année : 2018 – Durée : 2 h 15

Dist.
Equinoxe Films
[ Netflix ]


Info. @
Cinéma Moderne 

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

Three Words to Forever

| PRIMEUR |
Semaine 49
Du 7 au 13 décembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Après 30 ans de vie commune, Sandy et Rob décident d’annoncer leur séparation lors du 55e anniversaire de mariage des parents de Sandy. Mais ils ne savent pas que les membres de leurs familles ont des problèmes similaires et qu’ils comptent sur eux pour les régler.

 SANS
COMMENTAIRES

Sortie
Vendredi 7 décembre 2018

Langue(s)
V.o. : filipino ; s.-t.a.
Tatlong salita sa magpakailanman

Réal.
Cathy García-Molina

Genre
Comédie dramatique

Origine(s)
Philippines

Année : 2018 – Durée : 1 h 48

Dist.
A-Z Films

Info. @
Cineplex

Classement
Tous publics

 

2.0

30 novembre 2018

| PRIMEUR |
Semaine 48
Du 30 novembre au 6 décembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Les téléphones portables et les tablettes s’échappent de leur propriétaire. Qui les contrôle? Comment rassurer la population? L’équipe du Pr Vaseegaran ne voit pas d’autre solution que de réactiver Chitti, le robot. Suite

A Sister’s Song

| PRIMEUR |
Semaine 48
Du 30 novembre au 6 décembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Marina, une jeune Israélienne, s’inquiète pour sa sœur Tatiana qui a décidé de devenir religieuse alors qu’elle était encore adolescente. Celle-ci vit maintenant dans un couvent en Grèce et a peu de contacts avec sa famille. Elle décide de la visiter pour mieux la connaître et, si Tatiana le désire, l’aider à changer sa vie. Suite

Clara

| PRIMEUR |
Semaine 48
Du 30 novembre au 6 décembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
L’astrophysicien Isaac Bruno se consacre à la recherche de preuves d’une civilisation extraterrestre. Clara, l’assistante énigmatique qu’il a embauchée depuis peu, le sort de son isolement et l’amène à découvrir de nouvelles dimensions de l’existence humaine. Suite

Joueurs

| PRIMEUR |
Semaine 48
Du 30 novembre au 6 décembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
La dépendance au jeu s’installe sournoisement tandis que se noue une relation amoureuse entre Ella, copropriétaire d’un restaurant familial et Abel, recherché par un collecteur de dettes.

EN BREF
| Élie Castiel |

★★★

Deux ou trois choses que je sais de lui

Pour demeurer fidèle à notre temps, encore un premier long métrage, et ce n’est pas fini. Tons graves, éclairages sensuellement glauques, caméra à la fois indiscrète et rapprochée, donnant aux personnages une raison, justement, pour moins cacher leurs secrets. Un Paris nocturne, celui de boîtes de nuit et surtout des jeux interdits. Il y a Stacy Martin, de l’incontournable Nymphomaniac du dérangeant Lars Von Trier, et Tahar Rahim qui a conservé discrètement son accent pied noir qui lui donne un charme certain, tout en soulignant sa présence exemplaire. Un mauvais garçon, une fille responsable qui s’attache à lui et n’hésite pas à l’imiter même si elle le connaît à peine. Un premier film, certes, mais un essai qui montre sa personnalité, son amour du cinéma et des plans, sa complicité avec les comédiens, et plus que tout, l’envie de crier haut et fort que les images en mouvement ne sont que la peinture de la réalité, quitte à la reconstruire à sa propre façon, particulièrement lorsque les références cinématographiques font partie intégrante du quotidien, comme c’est le cas chez Marie Monge.

Un premier film, certes, mais un essai qui montre
sa personnalité, son amour du cinéma et des plans, sa complicité
avec les comédiens, et plus que tout, l’envie de  crier haut  et fort
que les images en mouvement ne sont que la peinture de la
réalité, quitte à la reconstruire à sa propre façon…

Sortie
Vendredi 30 novembre 2018

Langue(s)
V.o. : français


Réal.
Marie Monge

Genre
Drame

Origine(s)
France

Année : 2018 – Durée : 1 h 45

Dist.
Axia Films

Info. @
Cinéma Beaubien

Classement
Interdit aux moins de 13 ans


MISE AUX POINTS

★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½
[Entre-deux-cotes]

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