24 mai 2018
Genre : Drame romantique
Origine : Philippines
Année : 2018
Durée : 1 h 55
Dist. : A-Z Films
Horaires & info.
@ Cineplex
Classement
Tout public
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Inédite dans la cinématographie québécoise, l’approche documentaire de Jean-François Lesage a le tour de surprendre. Contemplatives, ses propositions séduisent par leur façon singulière d’envelopper de mystère les multiples facettes de ce que nous sommes, pour mieux dévoiler ce qui nous définit. De ce fait, Lesage participe pleinement à l’édification de la mémoire collective en enregistrant pour la postérité quelques identifiants fugaces d’un « qui sommes-nous » québécois. Puisant dans les préoccupations légitimes de ses semblables, et s’amusant même de leurs discours anodins, Lesage dresse des portraits étonnants, variés, sincères et hautement réflexifs. Laissant trainer ses oreilles ici et là, le spectateur qui a choisi de s’immiscer dans l’ambiance du lieu pourra capter des conversations profondes et délicates, aussi éphémères qu’essentielles.
Répondant avec brio à ses deux précédents opus urbains, le cinéaste atteint la quintessence de sa démarche. Il s’éloigne des appartements encombrés d’un quartier en ébullition (Contes du Mile-End, 2013), repousse les limites du Mont-Royal (Un amour d’été, 2016 – lire notre critique) et nous transporte cette fois en Gaspésie, auprès d’un puissant cours d’eau méconnu des cartographes. Au bord, presque dans la marge, des gens de passage se dévoilent à la caméra. Plus marquant que dans les deux films précités, cet endroit sauvage et imprévisible revêt un rôle de révélateur. Il imprime même sur le déroulement du récit une trace indélébile. Grâce à lui, Lesage créé un parallèle surprenant entre la découverte de soi et l’exploration d’un milieu naturel encore vierge. Ne cherche-t-on pas au creux du lit de la rivière le fonds de notre âme ? Pour le cinéaste, la réponse est sans doute positive.
Maternité, famille, héritage culturel ou déception sentimentale, les thèmes évoqués sont nombreux et font appel à autant de questionnements entourant notre identité et notre relation à autrui. On retrouve dans cette fable philosophique ce qui caractérisait les deux précédents opus : sa symbiose avec l’environnement et l’introspection qu’il inspire. Au détour de ces discours légers ou profonds, par petites touches impressionnistes, se dessinent alors une connaissance, un ami, une sorte d’univers qui nous est propre et qui se rapproche au plus près de l’universel. Avec La rivière cachée, le triptyque se referme sur un monde qu’on ne se lasse pas de découvrir.

Genre : Documentaire
Origine : Québec [Canada]
Année : 2017
Durée : 1 h 15
Dist. : Les Films du 3 mars
Horaires & info.
@ Cinémathèque québécoise
Classement
E/C
(En attente)
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais.
½ [Entre-deux-cotes]
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Genre : Documentaire
Origine : Grande-Bretagne
Année : 2017
Durée : 1 h 33
Dist. : Films Eye Steel Inc.
Horaires & info.
@ Cinéma du Parc
Classement
Tout public
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Genre : Drame politique
Origine : Inde
Année : 2018
Durée : 2 h 09
Dist. : Imtiaz Mastan
Horaires & info.
@ Cineplex
Classement
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)
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Car libre et, à juste titre, ne faisant qu’à sa tête, parce qu’elle demeure convaincue que la femme doit contribuer à l’avancement éthique et moral du monde. Aujourd’hui, une dame frêle, certes, mais à 85 ans, encore dotée d’une intelligence hors-norme, résultat d’une vie marquée du sceau de la parole, de l’importance de la pensée, mais aussi consacrée à une lutte acharnée, celle de la reconnaissance des femmes dans toutes les sphères de la société américaine.
En défendant ses prises de position, à une époque, de surcroît les années 1950, un homme, son compagnon de vie, Martin Ginsburg, juge à la cour suprême, qu’elle épouse en 1954 et demeurera avec elle jusqu’à la mort de celui-ci, en 2010.
Non pas un détail que le film de Cohen et West illustre, mais point central dans la composition d’une vie, sans doute une des raisons qui ont contribué au succès de Ruth Bader Ginsburg. Dans un sens, à l’intérieur d’une Amérique patriarcale dominée par le pouvoir masculin, le couple Bader-Ginsburg est vu comme une des rares exceptions à la règle. Les documents d’archives et les témoignages nous le prouvent avec dextérité. Avant tout, RBG est un film sur la foi, non pas comme un précepte religieux, mais quelque chose qui a à voir avec la noblesse de cœur, l’égalité des choix de vie, le droit de chacun, quel que soit son identité sexuelle, d’accéder à la sphère de tous les possibles. À l’heure de tous les #MoiAussi (#MeeToo) de ce monde, il s’agit d’un document essentiel à une meilleure lecture et compréhension de la société, de la politique et de plus justes rapports entre hommes et femmes.
Sur ce point, défenseure de l’avortement à une époque qui ne rigole pas avec la question, Ruth Bader Ginsburg assume néanmoins la maternité (son propre choix) à sa façon, ce qui n’influence guère l’éducation des enfants, ni sa carrière, et encore moins sa relation avec Martin, le compagnon de sa vie avec qui elle partage quelque chose de rare, le charisme, le charme, la conviction et la curiosité intellectuelle qui bâtissent les grandes femmes et les grands hommes. Mais elle reconnaît aussi que cela n’aurait pu se passer qu’en Amérique.
Les droits de la femme est son combat quotidien, et le film le montre adroitement, notamment par le biais de documents d’archives et des témoignages, comme par exemple, son illustre défense à sa nomination comme membre de la Cour suprême des États-Unis en 1993, soixante ans après son mariage avec Martin Ginsburg
RBG est un portrait de femme fascinant, ne s’aventurant pas dans d’autres terrains comme la présidence actuelle aux États-Unis, le terrorisme ambiant, tel l’affaire Charlie Hebdo, les tueries dans les écoles en Amérique, et encore moins les conflits mondiaux comme le différent israélo-palestinien.
Elle est née à Brooklyn, ce quartier de New York qui n’a pas toujours été tendre avec ses habitants, mais d’où sont issus de grandes figures de la société américaine, prouvant jusqu’à quel point l’Amérique est bâtie par les immigrants venus de tous les coins du monde. Faut-il en dire plus ?
Quoi qu’il en soit, nous sommes les témoins privilégiés d’un documentaire sur une femme exceptionnelle, motivante, inspirée, d’une générosité intellectuelle à toute épreuve. Édifiant !

Genre : Documentaire biographique
Origine : États-Unis
Année : 2018
Durée : 1 h 38
Dist. : Métropole Films
Horaires & info.
@ Cinéma du Parc – Cineplex
Classement
Tout public
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais.
½ [Entre-deux-cotes]
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Les péripéties incessantes reposent sur le ressort dramatique des missions pour récupérer une source d’énergie volatile. L’ensemble du récit est motivé et limité par la rencontre entre Solo et Chewbacca. Les débuts de la rébellion se trouvent évoqués dans une suite chaotique de trahisons et de musique assourdissante permanente avec une précipitation du rythme dès le début.
Clins d’œil et autocitations de Rogue One et de Willow prévalent avec par exemple les embuscades de mercenaires hérités du western et les chiens monstrueux. Le tout se déroule dans un vase clos esthétique où Alden Ehrenreich incarne un décalque vocal et visuel de Harrison Ford, moins le charme et la prestance. Le film repose sur sa décoration évoquant les années 1970 et sur la cohérence globale de l’univers de Star Wars avec ses conventions (vitesse lumière, bestiaire varié, différentes poursuites et combats spatiaux). Il n’y a pas de temps mort mais une entropie et une confusion fréquentes. L’énergie collectée est fausse. Chaque nouvelle situation mouvementée s’accélère artificiellement pour masquer le fait qu’elle ne fait que copier et/ou surenchérir sur la précédente.
Tout n’est que recyclage, succédanés et rappels timides ou insistants des autres films de la saga avec par exemple la présence de Darth Maul comme figure maléfique dans l’ombre et Lando Calrissian réduit à un rôle monolithique de joueur arrogant avant de disparaître du récit pour un long moment. Le récit semble aussi embourbé que la photographie avec les mêmes personnages, les types d’environnement toujours semblables (planètes boueuses ou ensablées) et le pilotage automatique du montage.
Le plus grave défaut du film réside toutefois dans un cynisme général visible à travers la dérision systématique des personnages et des actions. Han Solo est désabusé comme il se doit mais les dialogues et les répliques sarcastiques, notamment ceux du droïde de Calrissian, rappellent sans cesse la frivolité des situations. Les figures secondaires n’ont pas d’autre utilité qu’introductive aux missions et à la rencontre entre Han Solo et Chewbacca qui elle-même ne dépasse pas le stade de l’anecdote gratuite sur l’âge de Chewie et l’origine du nom de Solo.

Genre : Aventures de science-fiction
Origine : États-Unis
Année : 2018
Durée : 2 h 15
Dist. : Buena Vista
Horaires & info.
@ Cineplex
Classement
Tout public
MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais.
½ [Entre-deux-cotes]
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17 mai 2018
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