En couverture

Semaine du 8 au 14 avril 2011

8 avril 2011

LE FILM DE LA SEMAINE …

I SAW THE DEVIL (Akmareul boatda)

SUSPENSE PSYCHOPATHOLOGIQUE | Origine : Corée du Sud 2010 – Durée : 142 minutes – Réal. : Kim Jee-woon – Int. : Choi Min-sik, Chun Ho-jin, Lee Byung-hun – Dist. : Equinoxe | Horaires / Versions / Classement : AMC

Résumé : Un agent secret traque le psychopathe qui a tué sa fiancée. Au lieu de procéder à son arrestation, il entame un jeu cruel et dangereux avec le déséquilibré.

En quelques mots :  Après s’être fait plaisir (et à nous aussi) avec son brillant hommage au spaghetti western (Le Bon, la brute, le cinglé), l’excellent réalisateur coréen offre son film le plus sombre et le plus audacieux à ce jour avec I Saw the Devil, un suspense d’une violence inouïe. Faussement accusé par ses détracteurs de n’être qu’un autre film de torture porn parmi tant d’autres, I Saw The  Devil se révèle beaucoup plus machiavélique et totalement imprévisible. Ici, le (anti) héros se révèle en quelque sorte plus sadique et malgracieux que le psychopathe monstrueux auquel il décide de se frotter. Se croyant plus malin, il perd la raison et se fait prendre à son propre piège. D’un point de vue idéologique, le film est beaucoup plus proche d’un film comme Straw Dogs de Sam Peckinpah, film qui provoqua toute une polémique en raison de sa terrible description de l’incontestable brutalité de l’homme. Avec I Saw the Devil, Kim Jee-woon prouve qu’il est sans aucun doute le cinéaste de cinéma de genre le plus aventureux, innovateur et intelligent de l’heure et sa mise en scène d’une très grande maîtrise est la démonstration d’un cinéaste au sommet de son art comme en illustre cette séquence de massacre dans le taxi filmé d’une façon singulière. >> Pascal Grenier

AUTRES SORTIES EN SALLE … Suite

Semaine du 1er au 7 avril 2011

1er avril 2011

LE FILM DE LA SEMAINE …

VÉNUS NOIRE

DRAME HISTORIQUE | France 2009, 164 minutes – Réal. : Abdellatif Kechiche – Int. : Yahima Torres, Michel Gionti, Olivier Gourmet, Elina Lowensohn, André Jacob. – Dist. : Métropole | Horaires / Version / Classement : Cinéma Beaubien Cineplex Divertissement

RÉSUMÉ Au début du XIXe siècle, Vénus Hottentote, une jeune femme noire au physique très particulier, devient un objet de curiosité couru dans les spectacles de foire de différentes capitales européennes.

EN QUELQUES MOTS : Voir texte complet dans la section « Blogue »

AUTRES SORTIES EN SALLE … Suite

Douter de son regard

>> Sylvain Lavallée

Le titre de mon article de la semaine dernière s’appliquerait beaucoup mieux à celui-ci : j’écrivais alors qu’Abbas Kiarostami nous invite dans Copie Conforme à un exercice d’assouplissement du regard, qu’il met en scène la rigidité avec laquelle nous regardons l’autre. Pour son dernier film, Vénus noire, Abdelattif Kechiche propose une réflexion similaire grâce à une expérience beaucoup plus radicale, enfermant tant et si bien sa protagoniste principale dans le regard des autres qu’elle n’en devient plus qu’un objet, littéralement. Entreprise de réification, le film se pose donc comme une réflexion sur le regard du spectateur et son corolaire, la représentation et le spectacle. Le racisme n’est que le sujet apparent du film, d’ailleurs s’il en était autrement on ne pourrait pas être aussi happé par cette œuvre, de laquelle on ressort lessivé, accablé, abattu, broyé, etc. Si Kechiche s’était contenté de dénoncer le racisme, on pourrait regarder le film de loin, se dire que tout ça c’est du passé, qu’aujourd’hui une telle horreur n’est plus possible, et on repartirait avec la bonne conscience qu’on en a fait du chemin, moralement, depuis ce dix-neuvième siècle débauché et primitif. Mais ce n’est pas possible, Kechiche ne permet pas cette distance, et qu’il s’agisse d’une reconstitution, aussi impeccable soit-elle, est somme toute secondaire. Le racisme, c’est une forme extrême de regard tyrannique, c’est cette image fixe et immuable dans laquelle toute une race est contenue, réduite, où l’autre est donc tenu, contre son gré, en constante représentation. En faisant de ce regard lui-même le sujet de son film, Kechiche évite donc de tomber dans une plate (et évidente) dénonciation du racisme.

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Boris Lehman — Films récents à la Cinémathèque

25 mars 2011

MISSIVE SUR DES AMIS

>> Luc Chaput

Depuis près de cinquante ans, le cinéaste belge Boris Lehman  a filmé plus de 300 films, des courts, des moyens et des longs métrages qui sont le plus souvent des odes à l’amitié. D’ailleurs son film le plus long (380 minutes) s’appelle Babel 1, Lettre à mes amis restés en Belgique. Suite

Elizabeth Taylor

ÉTOILE FILANTE

>> Élie Castiel

Avec la disparition de Liz Taylor nous assistons à la fin d’un époque, celle des grands studios, véritables fabricants de stars. C’est aussi l’aboutissement d’un certain cinéma, à la fois élégant, raffiné, humaniste, celui de ceux et celles qui se donnaient corps et âme pour incarner leurs rôles et les figer dans le temps.

Rappeler sa carrière et ses pérégrinations amoureuses dans le détail serait un exercice répétitif et redondant. Car derrière la star, au-delà de ses nombreuses partitions à l’écran, une femme de cœur, ces dernières décennies alliée à des causes qui lui tenaient à cœur, comme la création de la Fondation américaine pour la recherche du sida (AmFAR), suite au décès de son grand ami Rock Hudson, son amitié avec Michael Jackson, qu’elle avait défendu lorsqu’il fut accusé (et acquitté) d’abus d’enfants.

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Antitube – Cinéastes rebelles

À L’ÉPOQUE DE LA GRANDE NOIRCEUR, 1937-1961

>> Élie Castiel

Ils ont pour noms Omer Parent, Gilles Groulx, Guy Borremans, Claude Jutra, Norman McLaren, Michel Brault … et partagent un dénominateur commun : la rebelllion exprimée à travers les images en mouvement expérimentales au cours des années 1937-1961.

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Printemps à la Cinémathèque québécoise

>> Élie Castiel

C’est un printemps de rêve que nous proposent les programmateurs de la Cinémathèque québécoise : chansons françaises, voyage en Italie, regard sur Edward Yang et, entre autres, découverte d’Eduardo Coutinho, peu connu du grand public cinéphile.

Du 14 avril au 13 mai, Rome est à l’honneur à travers la lucarne de 21 réalisateurs. Du 8 au 15 mai, retour de l’évènement Annecy Cinéma italien, toujours sous l’œil vigilant de Jean A. Gili.

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