1er avril 2011
LE FILM DE LA SEMAINE …
VÉNUS NOIRE
DRAME HISTORIQUE | France 2009, 164 minutes – Réal. : Abdellatif Kechiche – Int. : Yahima Torres, Michel Gionti, Olivier Gourmet, Elina Lowensohn, André Jacob. – Dist. : Métropole | Horaires / Version / Classement : Cinéma Beaubien – Cineplex Divertissement
RÉSUMÉ : Au début du XIXe siècle, Vénus Hottentote, une jeune femme noire au physique très particulier, devient un objet de curiosité couru dans les spectacles de foire de différentes capitales européennes.
EN QUELQUES MOTS : Voir texte complet dans la section « Blogue »
AUTRES SORTIES EN SALLE … Suite
>> Sylvain Lavallée
Le titre de mon article de la semaine dernière s’appliquerait beaucoup mieux à celui-ci : j’écrivais alors qu’Abbas Kiarostami nous invite dans Copie Conforme à un exercice d’assouplissement du regard, qu’il met en scène la rigidité avec laquelle nous regardons l’autre. Pour son dernier film, Vénus noire, Abdelattif Kechiche propose une réflexion similaire grâce à une expérience beaucoup plus radicale, enfermant tant et si bien sa protagoniste principale dans le regard des autres qu’elle n’en devient plus qu’un objet, littéralement. Entreprise de réification, le film se pose donc comme une réflexion sur le regard du spectateur et son corolaire, la représentation et le spectacle. Le racisme n’est que le sujet apparent du film, d’ailleurs s’il en était autrement on ne pourrait pas être aussi happé par cette œuvre, de laquelle on ressort lessivé, accablé, abattu, broyé, etc. Si Kechiche s’était contenté de dénoncer le racisme, on pourrait regarder le film de loin, se dire que tout ça c’est du passé, qu’aujourd’hui une telle horreur n’est plus possible, et on repartirait avec la bonne conscience qu’on en a fait du chemin, moralement, depuis ce dix-neuvième siècle débauché et primitif. Mais ce n’est pas possible, Kechiche ne permet pas cette distance, et qu’il s’agisse d’une reconstitution, aussi impeccable soit-elle, est somme toute secondaire. Le racisme, c’est une forme extrême de regard tyrannique, c’est cette image fixe et immuable dans laquelle toute une race est contenue, réduite, où l’autre est donc tenu, contre son gré, en constante représentation. En faisant de ce regard lui-même le sujet de son film, Kechiche évite donc de tomber dans une plate (et évidente) dénonciation du racisme.
25 mars 2011
MISSIVE SUR DES AMIS
>> Luc Chaput
Depuis près de cinquante ans, le cinéaste belge Boris Lehman a filmé plus de 300 films, des courts, des moyens et des longs métrages qui sont le plus souvent des odes à l’amitié. D’ailleurs son film le plus long (380 minutes) s’appelle Babel 1, Lettre à mes amis restés en Belgique. Suite
ÉTOILE FILANTE
>> Élie Castiel
Avec la disparition de Liz Taylor nous assistons à la fin d’un époque, celle des grands studios, véritables fabricants de stars. C’est aussi l’aboutissement d’un certain cinéma, à la fois élégant, raffiné, humaniste, celui de ceux et celles qui se donnaient corps et âme pour incarner leurs rôles et les figer dans le temps.
Rappeler sa carrière et ses pérégrinations amoureuses dans le détail serait un exercice répétitif et redondant. Car derrière la star, au-delà de ses nombreuses partitions à l’écran, une femme de cœur, ces dernières décennies alliée à des causes qui lui tenaient à cœur, comme la création de la Fondation américaine pour la recherche du sida (AmFAR), suite au décès de son grand ami Rock Hudson, son amitié avec Michael Jackson, qu’elle avait défendu lorsqu’il fut accusé (et acquitté) d’abus d’enfants.
À L’ÉPOQUE DE LA GRANDE NOIRCEUR, 1937-1961
>> Élie Castiel
Ils ont pour noms Omer Parent, Gilles Groulx, Guy Borremans, Claude Jutra, Norman McLaren, Michel Brault … et partagent un dénominateur commun : la rebelllion exprimée à travers les images en mouvement expérimentales au cours des années 1937-1961.
>> Élie Castiel
C’est un printemps de rêve que nous proposent les programmateurs de la Cinémathèque québécoise : chansons françaises, voyage en Italie, regard sur Edward Yang et, entre autres, découverte d’Eduardo Coutinho, peu connu du grand public cinéphile.
Du 14 avril au 13 mai, Rome est à l’honneur à travers la lucarne de 21 réalisateurs. Du 8 au 15 mai, retour de l’évènement Annecy Cinéma italien, toujours sous l’œil vigilant de Jean A. Gili.
LE FILM DE LA SEMAINE …
HORS-LA-LOI (Outside the Law)
DRAME HISTORIQUE | France / Algérie / Belgique 2010, 138 minutes – Réal. : Rachid Bouchareb – Int. : Jamel Debbouze, Roschy Zem, Sami Bouajila, Assaad Bouab, Sabrina Seyvecou– Dist. : Cinéma du Parc / VSC | Horaires / Versions : Cinéma du Parc
Résumé : L’histoire de trois frères chassés de leur terre algérienne et qui se retrouvent à Paris, au même moment où l’Algérie se bat pour son indépendance.
En quelques mots : Est-ce un pur hasard de la distribution ou s’agit-il d’une décision arrangée avec le gars de vues ? Toujours est-il que ce film sort ici à un moment, alors que ce que l’on peut se permettre d’appeler le Printemps arabe poursuit implacablement et coûte que coûte les voies d’un destin démocratique qui paraît de plus en plus utopique car ambigu, cherchant à s’installer dans la vie sociale sans savoir où vraiment se diriger. Mais ici, il est question du passé et il s’agit d’un film essentiel pour comprendre la dynamique historique de l’arabisme. Bouchareb semble l’avoir compris. Il n’évite par contre pas le côté romanesque de l’intrigue, préférant s’adresser à un public plus large. Et tant mieux car le résultat est d’autant plus convaincant que nous sommes en présence d’un trio de comédiens remarquables (Jamel Debbouze, Roschdy Zem et Sami Bouajila) incarnant des personnages qui, par leurs actions, témoignent des diverses manifestations paradoxales de l’entité arabe (et maghrébine). La mise en scène, classique mais efficace, nous conduit dans une trajectoire épique où action, psychologie, humour et cours d’histoire s’incorporent au récit avec intelligence et sobriété. Avec Hors-la-loi, le cinéaste éclaire avec humanisme et dignité l’âme des opprimés. Et nous sortons de la projection fraternellement revigorés. >> Élie Castiel
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