10 novembre 2011
LE VENDEUR
CHRONIQUE SOCIALE | Canada [Québec] 2011 – Durée : 107 minutes – Réal. : Sébastien Pilote – Int. : Gilbert Sicotte, Nathalie Cavezzali, Pierre Leblanc, Pierre Mailloux, Jérémie Tessier – Dist. : Séville | Horaires / Versions / Classement : Cinéma Beaubien – Cineplex Divertissement
Résumé
Un veuf, âgé de 67 ans, suit sa routine quotidienne de vendeur de voitures sans trop se poser de questions jusqu’à ce qu’un drame personnel le frappe durement.
En quelques mots
Marcel Lévesque mène une vie réglée comme du papier à musique entre son logement coquet situé en face de son lieu de travail. Affable, grand-père attentionné, employé vedette de ce concessionnaire automobile, il réussit malgré les aléas de la crise économique à vendre ces grosses autos, véhicules emblématiques du modèle économique occidental. Déjà, dans son court métrage Dust Bowl Ha! Ha!, Sébastien Pilote avait montré dans des tons gris l’effet de la récession sur une famille ouvrière du Saguenay. Ici, dans une photographie lumineuse de Michel La Veaux qui met en valeur à la fois les intérieurs et la blancheur des voisinages enneigés, le scénariste-réalisateur nous fait côtoyer, par le biais de l’entregent bonhomme de son personnage principal, les divers aspects d‘une communauté vue à travers ses conflits sociaux mais aussi ses réunions de groupe toujours filmées à hauteur d’homme. En donnant à un client le nom de François Paradis, Pilote souligne discrètement l’évolution de notre société depuis le roman de Louis Hémon. Gilbert Sicotte, par son interprétation remarquable d’un homme qui continue à bien faire ce pourquoi il croit exister, ancre ce portrait régional aux multiples aspects universels. >> Luc Chaput
Malgré une longue carrière comme cinéaste et poète, le réalisateur danois Jorgen Leth s’est surtout fait connaître du public cinéphile par sa participation à The Five Obstructions. Il y répond brillamment à des directives casse-gueule de son admirateur Lars Von Trier qui agit en tant que quasi-producteur. L’objet de son travail est de refaire de diverses manières le court de 1967 qui l’a lancé, The Perfect Human. Pour leur 14e édition, les Rencontres internationales du documentaire de Montréal présentent une rétrospective de ce cinéaste ainsi que plusieurs autres nouveautés sur lesquelles nous reviendrons aussi sur ce site.
>> Luc Chaput
8 novembre 2011
BALLET en 3 actes sur une musique de Sergei Prokofiev | Dir. artistique : Andrei Litvinov – Cost. : Arthur Oliver – Danseurs : Natalia Balan (Juliette), Anatolie Ustimov (Roméo), Natalia Balan (Rosalinda), Artem Maurer (Paris), , Eugenio Tcaci (Mercurio), ainsi que Tatian Casian, Aybula Abdrakhamanov, Nikolai Khozin, Alexandru Nihtii, Ivan Meletiev, Vladimir Nikitin, Ecateria Ustimova, Igor Gerchiu, Cristina Tiprig, Genedaii Rybalchenko | Prochaines représentations : 8 et 9 novembre, à 19 h 30 – Théâtre Saint-Denis.
5 novembre 2011
Nous avons choisi intentionnellement le titre de notre critique en fonction de son double sens. D’une part, il met en exergue le pari du réalisateur : rendre le plus cinématographiquement possible une pièce du répertoire théâtral contemporain; de l’autre, il reflète le secret bien gardé du personnage principal, énigme qu’on ne vous dévoilera pas. Dans les deux cas, deux regards, deux points de vue qui, par un tour de magie, s’unissent pour produire un film d’une grande beauté narrative et visuelle. Dans ce long processus de création, la rencontre tumultueuse de deux mondes que le pouvoir de la parole finit par unir et apaiser.
>> Élie Castiel
Bashir Lazhar, un Algérien illégal dans la cinquantaine, apprend la tragédie survenue à l’école dans le journal. Il décide alors de se présenter à l’établissement scolaire pour offrir ses services à titre de remplaçant de la défunte. Il sera embauché, mais c’est dans un endroit en situation de crise que Lazhar va devoir enseigner. À sa façon, puisque dès le premier jour, il impose une dictée aux élèves (non initiés) tirée d’un texte d’Honoré de Balzac. Comment s’ajuster aux méthodes d’un enseignant venu d’ailleurs?
>>> Luc Chaput
La première édition du festival de films francophones avec sous-titres anglais eut lieu à Montréal, à l’initiative de Maidy Teitelbaum, à l’époque du référendum de 1995. Au cours des années, la qualité moyenne des films présentés s’améliora et la fréquentation aussi, ce qui amena la direction à passer d’une salle du Musée des Beaux-Arts au très beau et grand Cinéma Impérial, rue Bleury.
4 novembre 2011
L’HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE (The Big Picture)
DRAME/SUSPENSE PSYCHOLOGIQUE | France 2010 – Durée : 117 minutes – Réal. : Éric Lartigau – Int. : Romain Duris, Marina Fois, Catherine Deneuve, Niels Arestrup, Branka Katic – Dist. : Métropole | Horaires / Versions / Classement : AMC – Cinéma Beaubien – Cineplex Divertissement
Résumé
Après avoir tué accidentellement l’amant de sa femme, un homme met en scène sa propre mort, usurpe l’identité de sa victime, puis s’enfuit dans les Balkans, où il tente de refaire sa vie.
En quelques mots
Du roman populaire de Douglas Kennedy, Éric Lartigau en retire un thriller intense mâtiné de drame psychologique. Les deux genres s’entremêlent avec bonheur, donnant l’occasion aux comédiens d’apporter les subtilités requises dans leur jeu. En particulier, soulignons la présence charismatique de Romain Duris, remarquable à tout point de vue. Le charme opère tout le long de road movie dont les quelques invraisemblances dues au genre se font oublier grâce à un montage rigoureux et une transition parfaite entre les deux parties du film. Et de cette image montrant Paul (Duris) pointant l’horizon à travers la lentille de son appareil photo, un regard singulier sur le monde et la vie. >> Élie Castiel
27 octobre 2011
MONSIEUR LAZHAR
DRAME SOCIAL | Canada [Québec] 2011 – Durée : 95 minutes – Réal. : Philippe Falardeau – Int. : Fellag, Sophie Nélisse, Émilien Néron, Danielle Proulx, Brigitte Poupart – Dist. : Séville (Christal) | Horaires / Versions / Classement : AMC – Cinéma Beaubien – Cinéma Parallèle – Cineplex Divertissement
Résumé
Dans une école primaire de Montréal, deux élèves découvrent le suicide de leur institutrice. Apprenant la tragédie, un algérien d’âge mûr récemment arrivé au Canada offre ses services à titre de remplaçant.
En quelques mots
Le scénario de Philippe Falardeau abonde d’idées intéressantes : le pourquoi du suicide, la responsabilité des enseignants face aux élèves, celle des parents face à leurs enfants, celles aussi émanant des cadres administratifs face au métier qu’ils pratiquent. De ces propositions surgissent des thèmes aussi actuels que la responsabilité civile, le système d’éducation, le partage, le suicide, la multiplicité des images dans le monde d’aujourd’hui. À l’intérieur de cet amalgame de propositions, de comportements et de situations, les élèves et les enseignants subissent un processus de guérison long et impitoyable au cours duquel certains des protagonistes devront faire des choix. Falardeau présente ce rituel social insulaire comme une sorte d’exorcisme servant à vaincre le silence, l’apathie et, malgré les apparences, ouvrant grandes les portes à une possible renaissance de l’âme et de l’esprit. Gagnant de plusieurs prix dans des festivals internationaux et choisi pour représenter le Canada aux prochains Oscars, Monsieur Lazhar est un film essentiel bercé par une prose douce et lumineuse émanant d’un cinéaste d’une exceptionnelle humanité. >> Élie Castiel
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