En couverture

Semaine du 21 au 27 septembre 2012

20 septembre 2012

LE FILM DE LA SEMAINE …

Faust

DRAME | Origine : Russie – Année : 2011 – Durée : 2 h 20 – Réal. : Alexandre Sokourov – Int. : Johannes Zeiler, Hanna Schygulla, Anton Adasinsky, Georg Friedrich, Antje Lewald – Dist. / Contact : FunFilm | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc – Excentris

Résumé
Penseur et rebelle, Faust est également un homme attiré par la luxure, la cupidité et les incontrôlables impulsions. D’après l’œuvre de Goethe.

En quelques mots
★★★★
Lion d’or au Festival de Venise 2011, le nouveau film-d’œuvre d’Alexandre Sokourov est en soi un pari intellectuel pour la simple raison qu’il ne s’agit pas pour le cinéaste d’établir uniquement un dialogue avec les fondements artistiques, littéraires et politiques du siècle précédent, mais au contraire, d’intégrer ces mêmes préoccupations existentielles dans un univers purement cinématographique géré par les lois rigides et complexes de la forme et de la narration. Car tout dans Faust est question de mise en scène. Après Moloch (1999), Taurus (2000) et Le Soleil (2004), premiers trois volets d’une tétralogie, ceux-ci consacrés aux grands dictateurs du XXe siècle, en l’occurrence Hitler, Lénine/Staline et l’empereur Hiro-Hito, Sokourov choisit ici l’angle du mythe, de l’anti-héros littéraire tel qu’imaginé par Goethe. Contrairement aux premiers films de la série, Faust convoque l’idée de l’allégorie plutôt que de l’Histoire, fable qui rejoint le comportement de l’homme lorsque ce dernier est confronté au chaos d’une perte de quelque chose qu’il ne peut saisir, qui lui échappe ; en d’autres mots, son âme. Au nom de quoi ? Au nom de qui ? Au profit sans doute d’une rétribution terrestre, une sorte de damnation infernale ; et si l’on se fie aux images, on est en droit de se demander s’il ne s’agit pas d’un châtiment dantesque qui ressemble aux supplices de l’enfer. D’où la caméra de Bruno Delbonnel (directeur photo, entre autres dans Harry Potter and the Half-Blood Prince et Dark Shadows) qui se faufile partout et illumine les espaces d’un XIXe siècle aux tons brumeux rappelant la peinture allemande (et flamande) qui a donné naissance à l’art romantique. Ce dialogue entre le cinéma et l’iconographie n’est sans doute pas nouveau dans la pensée sokourovienne. Mais ici il ne fait que s’affirmer davantage pour produire une œuvre généreusement ingénieuse, austère et brillante. Intentionnellement, Sokourov déroute le spectateur, le poussant à décortiquer une intrigue abstraite puisqu’il s’agit de faire évoluer l’âme, de la situer au milieu des humains, de la rendre concrète. Ce n’est donc pas par hasard si Faust commence par l’autopsie d’un cadavre, comme si cet acte nous prévenait que le film n’est après tout que la confrontation entre le corps et la pensée, entre la matérialité et l’intellect, entre la séduction et l’abandon et, finalement, sur le rapport de l’homme à l’univers. De cette aventure, Sokourov projette des images déformées, révèle des comportements excessifs et parfois grotesques. Et finalement, l’homme, objet imparfait manipulé par la puissance et l’attrait compulsif de ses faiblesses, finit par succomber à ses pulsions. En quelque sorte, Alexandre Sokourov nous parle tout simplement de la condition humaine. Mais il le fait avec une intelligence qui tient de la pure magie parce qu’il s’agit d’une interrogation, chose sur laquelle repose tout acte cinématographique. >> Élie Castiel

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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Semaine du 14 au 20 septembre 2012

18 septembre 2012

LE FILM DE LA SEMAINE …

Bullhead
(Rundskop)

DRAME | Origine : Belgique  – Année : 2011 – Durée : 2 h 04  – Réal. : Michael R. Roskam – Int. : Matthias Schoenaerts, Jeroen Perceval, Jeanne Demday, Barbara Sarafian – Dist. / Contact : FilmsWeLike | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc

Résumé
Impliqué dans une affaire douteuse avec un commerçant de bœuf, un jeune agriculture est confronté avec un secret de son propre passé qui brouille les événements.

En quelques mots
★★★★
Le premier long métrage du scénariste et réalisateur belge Michaël R. Roskam est essentiellement une rencontre admirable. Un rendez-vous perspicace, inventif et viscéral entre la caméra et le corps, entre la fiction et sa représentation, entre une envie folle de faire du cinéma et une idée claire et précise de ce que peuvent être les images en mouvement.  À partir de ces propositions purement intellectuelles,  Roskam façonne un polar inusité en lui attribuant une mise en scène magnifiquement impressionnante qui utilise les divers facettes de l’expérience cinématographique avec doigté et un sens presque parfait du rythme, de la retenue et de la syntaxe. Il y a un milieu, le paysan, peu propice au genre ; et une langue, forte, âpre, à laquelle nous ne sommes pas habitués. Et puis, une mise en situation qui flirte avec l’espace et le temps avec une telle liberté qu’elle remet en question les préceptes rigides de la durée. Comme toile de fond, un trafic d’hormones destiné au bétail qui a lieu dans cet environnement particulier, rural, loin de tout. Le trafiquant, c’est Jacky, petit éleveur qui se livre à ce jeu instinctivement, comme si le futur n’existait pas. Lui-même ne cache-t-il pas un secret qui remet en question sa masculinité ? Nous ne révélerons pas l’importance de cet enjeu car c’est sa particularité qui justifie le comportement du principal intéressé. À partir de retours en arrière puissants et parfois même insoutenables, nous serons les témoins d’un drame humain qui transforme ce polar glauque et  intentionnellement corrompu en une chronique intime d’une grande force d’évocation. Mais Bullhead, c’est aussi le possible tête-à-tête avec un acteur monumental en voie de devenir l’une des nouvelles sensations du cinéma européen et que nous verrons bientôt dans De rouille et d’os ; c’est Matthias Schoenaerts, terriblement physique, nourri aux testostérones, efficace, totalement habité. Comme dans un tour de magie, il incarne avec autant de robustesse que d’énergie ces expériences et tribulations de la condition humaine que sont la sexualité, le désir, la violence, l’effroi et la culpabilité. Entre lui et les bêtes, une symbiose, une masse de chair qui se métamorphose, se déploie et se concrétise en énergie vitale. Avec Bullhead, Michaël R. Roskam nous prouve avec tact, détermination et avant tout, passion, que le cinéma a un grand avenir devant lui. Un grand cinéaste est né. >> Élie Castiel

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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La traviata

16 septembre 2012

MYRTÒ PAPATANASIU … EXCEPTIONNELLE

>> Élie Castiel

Courtisane réputée et femme libre, Violetta aime Alfredo, jeune homme de bonne famille, d’un amour sincère. Mais pour sauver l’honneur de la famille, le père d’Alfredo réussit à convaincre la jeune femme de renoncer à cet amour. Prise de désespoir et consumée par la maladie, Violetta en mourra.

Myrtò Papatanasiu (PHOTO : © Yves Renaud)

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Semaine du 7 au 13 septembre 2012

7 septembre 2012

LE FILM DE LA SEMAINE …

Adieu Berthe
(L’enterrement de mémé)

COMÉDIE SATIRIQUE | Origine : France  – Année : 2012 – Durée : 1 h 40  – Réal. : Bruno Podalydès – Int.: Denis Podalydès, Valérie Lemercier, Isabelle Candelier, Bruno Podalydès,  Samir Guesmi, Pierre Arditi, Michel Vuillermoz  – Dist. / Contact : Métropole | Horaires / Versions / Classement : Cinéma Beaubien – Cineplex Divertissement

Résumé
Au décès de sa grand-mère, un homme prend conscience qu’il traverse une crise existentielle, tiraillé entre sa maîtresse, qu’il aime sincèrement, et sa femme, qu’il aime toujours, sans compter qu’il préfère passer son temps à faire des tours de magie que de s’occuper de la pharmacie familiale.

En quelques mots
★★ 1/2
Ce n’est pas par hasard si Armand (Denis Podalydès) tient une pharmacie. Derrière le comptoir, autant de médicaments que de recettes pour atteindre un équilibre en matière de relations humaines. À partir d’une idée fort originale, Bruno Podalydès offre à son frère un rôle où la magie de l’interprétation ne cesse de se réiventer. Podalydès, le comédien, se transforme selon le hasard, le moment du jour, les événements. Comme par magie, instinctivement. Intentionnellement, le cinéaste mène le récit un peu à l’ancienne, comme si le temps s’était arrêté. Mais dans la mise en scène, il y a une vivacité, un entrain. Et chez les protagonistes,une envie de mordre à la vie comme si les lendemains n’existaient pas. Film sur le deuil en premier lieu, Adieu Berthe se transforme en une quête existentielle dominée par l’esprit de l’absurde, par un étrange sentiment face à la mort, et finalement, par un rapport entre la vie et la finitude des plus sereins. Les dialogues, brillament écrits, s’inscrivent dans la réalité contradictoire et incohérente du quotidien, d’où ces inventions lexicales voulues (Haroun Taziouff plutôt que Tarzieff). Trancher, choisir, assumer, moments d’incertitudes qui traversent un film accompli, sans doute le plus beau de Bruno Podalydès. >> Élie Castiel

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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L’Affaire Dumont

6 septembre 2012

FAIT DIVERS

Comme prémisse, une affaire de mœurs qui ressemble à tant d’autres. Michel Dumont, un livreur de dépanneur séparé et père de deux jeunes enfants, est accusé et condamné pour une agression sexuelle qu’il nie avoir commise. À partir de ce scénario on ne peut plus télévisuel et propice aux heures de grande écoute, de ce curieux équilibre entre le fait vécu et l’événement sensationnaliste, Podz a tiré un film original, bourré d’idées narratives et de propositions esthétiques malgré ses apparences de simplicité, touchant, d’une humanité à la fois déconcertante et conciliatrice.

>> Élie Castiel

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Semaine du 31 août au 6 septembre 2012

31 août 2012

LE FILM DE LA SEMAINE …

Elena

DRAME | Origine : Russie  – Année : 2011 – Durée : 1 h 49  – Réal. : Andrey Zvyagintsev – Int.: Nadezha Markina, Andrey Smirnov, Elena Lyadova, Alexey Rozin, Evgenia Konushkina, Vasiliy Michkiv, Alexey Maslodudov – Dist. / Contact : FunFilm | Horaires / Versions / Classement : Cinéma du Parc – Excentris

Résumé
Elena, ex-infirmière, vit avec Vladimir, un homme riche qu’elle vient d’épouser. Chacun d’eux a un enfant d’une première relation. Lorsque Vladimir subit un infarctus, il refait son testament en faveur de sa fille. Elena ne pourra plus aider son fils, père de famille au chômage.

En quelques mots
★★★★
Il y a, dans Elena, un pessimisme qui explique la situation actuelle de la nouvelle Russie, sortie depuis de nombreuses années du carcan soviétique pour s’engouffrer dans un capitalisme sauvage dont les conséquences sociales ont transformé l’individu. Elena, le personnage principal, est le produit de ce changement, cette mutation qui a fait du noyau familial un organisme où finance et sentiments se côtoient sans cesse. D’une grande valeur esthétique malgré sa simplicité narrative, le très beau film d’Andrey Zviaguintsev se perçoit comme un portrait familial dont le drame intime se confond avec la réalité sociale, économique et politique d’un pays où l’ambiguïté des rapports humains se conjugue avec appât immédiat du gain, égoïsme, amour filial, survie, culpabilité, rachat et pardon. Le film s’ouvre et se conclut sur une même image, un oiseau sur une branche devant la baie vitrée d’un immeuble, représentation on ne peut plus claire de la métaphore de l’enfermement et de la liberté, du risque et de l’affrontement. Mais la nouvelle Russie n’a bénéficié qu’aux riches, aux plus nantis. Les autres se débrouillent comme ils peuvent, soit par des combines ou par les tours du hasard. Et ils vivent dans des immeubles délabrés, se permettent tout de même les nouveaux moyens de communication, et chose bizarre, leur télé reste toujours allumée. À partir de ces images contemporaines, la proposition d’un cinéaste se transforme en un drame humain, une puissante allégorie politique. C’est ainsi qu’on peut percevoir le geste commis par Elena, acte irréversible qui représente la tendance d’une nouvelle forme de société universelle dont la devise est la survie économique. Sur ce point Elena est un film politiquement engagé, dressant le portrait d’un monde actuel aveuglé par les lois du profit immédiat, caractéristique qui se manifeste au-delà du domaine public. Désormais, si l’on en croit le cinéaste, et nous aurions raison de le croire, la société occidentale traverse une crise de valeurs issue des effondrements financiers. Et pour rendre cette fable plausible, une actrice exceptionnelle dans un rôle magnifique qui lui donne l’occassion de manifester une myriade de sentiments. C’est Nadezha Markina, d’un naturel digne, rebelle, risqué, s’ouvrant à la vie comme si chaque jour était un combat pour la survie. À cheval sur l’Asie du Nord et l’Europe, la Russie d’aujourd’hui reste ouverte à tous les possibles. Reste à savoir où cela la mènera. >> Élie Castiel

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Remarquable. ★★★ Très bon. ★★ Bon. ★ Moyen. ☆ Mauvais. ☆☆ Nul … et aussi 1/2 — LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

AUTRES SORTIES EN SALLE … Suite

FFM 2012| Coup de cœur

29 août 2012

Le monde nous appartient
(The World Belongs to Us)

DRAME | Origine : Belgique / France – Année : 2012 – Durée : 1 h 28  – Réal. : Stephan Streker –  Scén. : Stephan Streker – Int.: Vincent Rottiers, Ymanol Perset, Olivier Gourmet, Reda Kateb, Dinara Drukarova, Sam Louwyck – Prod. : Michael Goldberg, Boris Van Gils / MG Productions (Belgique)

Résumé
Une nuit, sur un pont… un coup de couteau. Il y a Pouga. Et il y a Julien. Destins parallèles de deux jeunes hommes qui se ressemblent sans se connaître.

Suite

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