En couverture

Triplex Nervosa

26 avril 2015

LES PORTES CLAQUENT

Élie Castiel
THÉÂTRE
★★★

L’idée de départ est louable. Parler du Mile End montréalais, lieu de toutes les origines, de tous les comportements, des vices et des vertus. Le commun des mortels croise l’artiste en mal de vivre ou en pleine gestation de projets. Les multiples ethnies s’assemblent sans se ressemblent. Le melting pot est une façon de vivre plutôt que le fruit des circonstances.

Le texte de Marianne Ackermann est un bel hommage à Montréal, la métropole où elle a décidé de s’installer, ayant quitté, il y a 35 ans, sa ferme du sud de l’Ontario. Pour thème dans Triplex Nervosa, lorsque l’intime fait partie de la possible vente d’un triplex. Vendre ou rester ? S’installer ailleurs ou continuer son quotidien comme si de rien n’était ?

TH_Triplex Nervosa (3)

Daniel Brochu (Luisa Tate) et Kayleigh Choinière (Alisha Tate) — © Globetrotter

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Benjamin-Constant

L’ORIENTALISME EST UN HUMANISME

Élie Castiel
EXPOSITION
★★★★★

Chez ceux d’expression française, Delacroix, Ingres et bien entendu, Benjamin-Constant. Chez les transalpins, Giulio Rosati ; chez le anglos-saxons, David Roberts. Et tant d’autres. Mais chez tous, une idée de l’orientalisme qui dépasse la simple expression. Leur art pictural leur permet de transcender le quotidien et la « femme » devient en quelque sorte le centre d’attraction. 

La sexualité n’est pas dans la captation extrovertie de leurs tableaux, mais dans des détails : une main, une nuque, une position acceuillante, un visage qui dit mille mots et exprime une multitude de fantasmes, naturellement, sans aucune mesure de complot. Misogynes ces tableaux ? Non pas, mais une invitation aux plaisir des sens, chez l’homme, chez la femme. Nous sommes bel et bien à une autre époque que la nôtre, et cela il faut bien le comprendre pour apprécier les œuvres du peintre.

Janissaire et eunuque (1876)

Janissaire et eunuque (1876) — © MBA de Montréal

D’ailleurs, à ce propos, plusieurs spectateurs (ou visiteurs) voient ces tableaux avec le regard d’aujourd’hui. Ils font fausse route et feraient mieux d’éviter l’exposition. Suite

Empire

PETITES SUBVERSIONS

Élie Castiel
VARIÉTÉS
★★★ ½

Le concept n’est pas nouveau. Il faut juste revenir quelques années en arrière, au festival Juste pour rire. Qu’il s’agisse du Crazy Horse de Paris ou de quelques autres événements dont le but des promoteurs est de susciter le regard curieux des spectateurs adultes. D’où la classification « Interdit aux moins de 18 ans », provocatrice, incitative à de multiple possibilités.

Le vrai spectacle, c’est ce que vous découvrirez
par vous-même, selon votre perception du monde, l’idée
que vous vous faites de la sexualité et de la notion de spectacle.

Et pourtant, après les 90 minutes de Empire, nous sommes sur notre faim en ce qui a trait à la notion de l’érotique. Ce qui n’empêche pas que les numéros, plus proches du cabaret que du cirque, sont pour la plupart bien aiguisés, ne durent pas une éternité, varient dans leur formes et leur contenu et ravivent une idée libératrice de la sexualité chez les spectateurs, la plupart des jeunes dans la trentaine/début de la quarantaine, C’est un peu vulgaire, et tant mieux ! C’est aussi de cela que se nourrit ce genre de spectacle. C’est dévergondé, pour le grand plaisir de l’auditoire, ce dernier beaucoup plus timide dans la vraie vie à épancher ses pensées intimes. Empire n’innove en rien la méthode, mais se voit avec un plaisir coupable jouissif.

VAR_Empire Suite

Ludi Magni

24 avril 2015

L’ARÈNE

Élie Castiel
THÉÂTRE
★★★ ½

La plèbe, le peuple, la majorité silencieuse amassée dans une arène sanglante où la métaphore du pouvoir et de l’asservissement atteint des sommets insoupçonnables. Comme dans la Rome du temps des Empereurs sans peur et avec beaucoup de reproches.

Et pourtant, c’est bien aujourd’hui que ça se passe. Terrible mise en abyme que Benoît Drouin-Germain a imaginé pour Ludi Magni, ces jeux cruels de la Cité impériale, dans un environnement contemporain. Humour oblige, nul doute pour apaiser les passions, cet essai sur le pouvoir, la manipulation et la compétion féroce (que le meilleur gagne) véhicule les tenants et aboutissants d’une société actuelle qui carbure aux mieux offrants et ne recule devant rien pour glorifier la réussite individuelle, convertie en norme impitoyable.

TH_Ludi Magni

Un essai théorique et ludique sur la condition humaine (PHOTO : © Christine Bourgier)

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Semaine du 24 au 30 avril 2015

23 avril 2015

[Cliquez sur le titre pour accès à la critique et/ou autres informations]

LE FILM DE LA SEMAINE
THE SALT OF THE EARTH
[ Documentaire ]

The Salt of the Earth_Primeurs 2

PRIX SPÉCIAL DU JURY [ Un certain regard ]
Festival de Cannes 2014

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Nuits d’Afrique 2015

20 avril 2015

AMBIANCES CHAUDES
ET RYTHMES TRÉPIDENTS

Élie Castiel
ÉVÈNEMENT

Nuits d'Afrique 2015

PHOTO : © Denis Beaumont

À l’instar de ses précédentes éditions, la 29e vise toujours à présenter une Afrique autre que celle véhiculée dans les médias écrits, virtuels, résaux sociaux et les nouvelles-télé. Un immense continent qui, malgré les nombreuses et souvent tragiques difficultés d’ordre politique, économique et sociale, se plie avec un enthousiasme délirant aux exigeances salutaires de sa tradition musicale.

Comme il s’agissait d’un soutien aussi éthique qu’incitatif à mieux assumer ce nouveau siècle intransigeant, parfois sans vergogne, prêt à toutes les bassesses et à toutes les dictatures. Avec Nuits d’Afrique, c’est un continent qui vibre aux sons de ses créateurs – chanteurs, danseurs, musiciens. Suite

TDP 2015-2016

NOUVELLE(S) VAGUE(S)

Élie Castiel
THÉÂTRE 

Surprise de taille que celle réservée lors du lancement de la saison 2015-2016 du Théâtre Denise-Pelletier, injustement taxé de scolaire par certains. Effectivement, les pièces présentées sont choisies en fonction des élèves du secondaire, mais cela n’empêche pas qu’elles s’inscrivent dans le répertoire québécois et international de façon admirable, tous âges confondus.

Avec Claude Poissant comme nouveau maître à bord du navire-TDP, les propositions de la nouvelle saison préservent le côté classique (On badine pas avec l’amour ; Münchhasen), et moderniste (Le miel est plus doux que le sang ; L’Orangeraie, que nous attendons avec impatience).

Mais côté-jardin (salle Fred-Barry), on constate une plus grande ouverture vers la création des jeunes générations, pour la plupart d’ici. Excellente initiative de démocratisation selon laquelle le classicisme des œuvres présentées dans la grande salle se juxtapose harmonieusement avec la modernité des récits proposés dans la salle intime par des talents contemporains. Offrant ainsi aux jeunes spectateurs une vision beaucoup plus rassembleuse du théâtre et aux plus âgés, un vision réaliste de l’activité scénique montréalaise.

TH_Le miel est plus doux que le sang

Le miel est plus doux que le sang (PHOTO : © TDP)

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