10 mai 2015
Un nom à bien retenir, celui du Français Marc Lainé. Une plume aussi limpide que brumeuse, libre, à l’instar des paysages nordiques autochtones qu’elle décrit. En quelque sorte, une écriture qui s’impose dans un territoire nu, comme s’il s’agissait de l’apprivoiser et de se laisser en même temps amadouer.
Les personnages de la dernière pièce de la saison 2014-2015 à Espace Go sont ainsi conçus. Perdus et pris par une étrange envie de s’infiltrer dans un espace quasi vierge, un non-lieu peu hospitalier qui les accueille néanmoins dans leur long processus identitaire.

Sylvie Léonard et Pierre=Yves Cardinal, en voiture et à l’écran (PHOTO : © Patrick Berger)
7 mai 2015
2 mai 2015
Est-il nécessaire de raconter les nombreuses péripéties de la folle aventure globetrotteuse de l’extravagant et très Britannique Phileas Fogg, imaginé par l’inventif et audacieux Jules Verne ? D’ailleurs, donner des détails sur un film ou sur une production théâtrale (ou autre performance scénique), c’est simplement gâcher le plaisir de la découverte. Et dans Le Tour du monde en 80 jours, c’est d’autant plus approprié que bienveillant.
C’est donc le travail des concepteurs qui nous animent le plus à discourir sur cette dernière présentation de la saison 2014-2015 du TNM. Pièce de résistance parce qu’elle s’adresse à un auditoire « tout public », pour ses extravagances, son décor phénoménal à la fois circulaire et horizontal, ses situations, sa folie contagieuse, l’interprétation de tous les comédiens, comme pris par un vent de délire jubilatoire qu’ils manipulent à leur guise, rendant l’espace théâtral un véritable terrain de jeu pour adultes-enfants consentants.

Le tour du monde en train (PHOTO : © Yves Renaud)
Et c’est tant mieux ! Le spectateur rejoint cette soudaine liberté acquise pour se replonger dans ses bravades de jeunesse, ses calembours virtueux, ses chicanes chimériques, son rapport idéalisé à la vie, son insouciance.
Pendant deux heures, nous sommes pratiquement incrustés dans le ventre de la mise en scène totalement intrépide et ludique de Hugo Bélanger, comme saisis par une étrange envie de ne pas rater cette unique occasion d’être ramenés à l’enfance. Mise en montage énorme, sublime, d’une puissance visuelle féérique qui traverse nos sens au premier degré, sans limites, sans préjugés, et surtout sans jugement. Comme l’enfance, simplement libre.
L’invraisemblable devient ici matière à réflexion, les prouesses vertigineuses d’un autre âge se transforment en effets spéciaux épiques, le spectacle forain s’avère d’un délicieux magnétisme.
Il y a une panoplie de personnages, comme on s’y attend. Dans le rôle de Fogg, Benoît Gouin confirme son registre de grand comédien, alliant flegme, classe, contrôle de soi et finalement répondant à l’appel des sentiments. Et bien entendu, son sous-fifre, Stéphane Breton, étonnant Jean Passepartout qui déclenche le rire autant par ses réparties bien ancrées dans l’absurde comique que par une présence scénique dont les gestes relèvent autant de la commedia dell’arte que de l’art circassien. Et puis, Carl Béchard, dominé par son rôle d’Inspecteur Fix, au jeu totalement délirant et vaudevillesque.
Sans oublier la Princesse Aouda, incarnée sensiblement par la gréco-québécoise Tania Kontoyanni. Naturelle, tragédienne dans la comédie, se servant majestueusement d’une idée à l’ancienne de l’art d’interprétation. Sur ce point, le TNM (comme sans doute d’autres théâtres québécois) donnent de plus en plus de rôles aux artistes issus d’autres communautés culturelles. S’intégrer et/ou s’assimiler à l’imaginative culture québécoise, c’est non seulement l’apprécier, mais y participer activement et s’y reconnaître. Le ton est donné. Il faut espérer que cette aventure se poursuive pour devenir finalement norme.

Le tour du monde en ballon/montgolfière (PHOTO : © Yves Renaud)
1er mai 2015
Nudité frontale, simulation mise à nu de l’acte sexuel à la première personne au son de musiques contemporaines démesurées et enivrantes. Le narcissisme n’a jamais atteint une dimension physique aussi chauvine et irrémédiable. Deux couples sur scène s’interrogent, remettent en question les liens qui les unissent à leur propre physicalité. Car tout dans Selfie, titre on ne peut plus approprié, n’est qu’une question d’image, de soi-même, pour soi-même, pour que les autres le remarque et s’arrêtent là.

Philippe Cy dans Selfie (PHOTO : © Julie Artacho)
30 avril 2015
Finalement les premières lueurs du printemps commencent à se manifester, nous donnant envie d’oublier pendant quelques mois nos mauvaises habitudes casanières. Question de profiter du soleil, côté cinéma traditionnel, les nuits sont plus belles que les jours car la saison printemps/été regorge de gros canons en plus, pour les cinéphiles avertis, de petites trouvailles parfois inattendues.

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