En salle

Guibord s’en va-t’en guerre

1er octobre 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT
Fraîchement arrivé de son Haïti natale, Souverain se rend au bureau de comté du député Guibord à Rapides-aux-Outardes, dans le Nord-du-Québec. Bien au fait du système politique du Canada et de la province, le jeune novice est engagé pour un stage.

Guibord s'en va-t-en guerre

FANFARE ET FANFARONS

Charles-Henri Ramond
CRITIQUE
★★  ½

Usant de la caricature pour dépeindre un appareil d’état hautement risible, Philippe Falardeau appuie sa réalité sociale typiquement de chez nous sur un second niveau de lecture à l’ironie de tous les instants.

La comédie satirique est un art qui se manie avec précaution. Quelques-uns se sont brûlé les ailes à vouloir s’y attaquer. On a vu le résultat avec Idole instantanée (Yves Desgagnés, 2005), L’Empire Bo$$é (Claude Desrosiers, 2012) ou, plus récemment, avec Ego Trip. Philippe Falardeau n’est pas novice en la matière. Déjà en 2012, il avait tâté du genre en coscénarisant Au nom du fils, brûlot anti-clergé réalisé par son ami belge Vincent Lannoo (qui, à son tour, a participé à l’élaboration de ce Guibord).

Usant de la caricature pour dépeindre un appareil
d’état hautement risible, Philippe Falardeau appuie
sa réalité sociale typiquement de chez nous sur un
second niveau de lecture à l’ironie de tous les instants.

Le scénario de Guibord s’en va-t’en guerre repose sur une idée aussi probable que farfelue. Un jeune Haïtien idéaliste, du nom de Souverain, vient faire un stage dans le comté de Steve Guibord, député fédéral indépendant isolé au fin fond du Québec. Un jeune noir et sa valise, son immense sourire au milieu d’un visage illuminé et, en face, dans des bureaux situés au-dessus d’un magasin de lingerie coquine, l’incrédulité d’un élu qui ne saisit pas bien ce qui se passe. En quelques plans à peine, l’émeu de Congorama a refait surface, offrant ainsi à Falardeau la meilleure des introductions possibles à son pamphlet social.

Célébration en hommage à la victoire de la paix ? Trompettes de la renommée du député Guibord ? Satisfaction haïtienne d’avoir enfin pu jouer un rôle central sur l’échi­quier mondial ? La fin de cette intrigue décalée mais brouillonne s’offre ainsi à notre perspicacité.

Texte complet : Séquences (nº 298, p. 13 – En kiosque)

revuesequences.org

Sortie : vendredi 2 octobre 2015
Version originale : français
S.-t.a.  <   My Internship In Canada

Genre : Satire politique – Origine : Canada [Québec] – Année : 2015 – Durée : 1 h 48 – Réal. : Philippe Falardeau – Int. : Patrick Huard, Irdeus Exantus, Suzanne Clément, Robin Aubert, Micheline Lanctôt, Clémence Dufresne-Deslières – Dist. / Contact : Séville.
Horaires : @ Beaubien Cineplex Excentris

CLASSEMENT
Visa GÉNÉRAL

MISE AUX POINTS
[ Les cotes reflètent uniquement l’avis des signataires ]
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ]

2024 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.