En salle

Celle que vous croyez

28 septembre 2019

Semaine 39
du 27 septembre au 3 octobre 2019

 RÉSUMÉ SUCCINCT
Claire Milaud, professeure de littérature à l’université, traverse une crise existentielle. Au début de la cinquantaine, divorcée, malheureuse dans sa relation avec un jeune homme, elle se crée un faux profil dans Internet en se faisant passer pour Clara Antunes, une femme de 25 ans.

PRIMEUR
< LE FILM de la semaine >
Élie Castiel

★★★★ 

La spirale du désir

Safy Nebbou et Juliette Binoche appartiennent à la même génération. Caractéristique d’autant plus pertinente que le rôle accordé à l’actrice dans Celle que vous croyez est fait sur mesure. L’adaptation du roman de Camille Laurens est une sorte de spirale du désir, du besoin du rapprochement des corps et plus que tout, de cet instinct à vaincre la solitude. Un film thérapeutique, dans le vrai sens du terme, d’où la présence d’une Nicole Garcia remarquable, et plus que tout, complice dans un premier essai avec Juliette Binoche. Aucun duel de stars, mais une connivence exemplaire.

Et comme mise en scène, une liberté qui va intentionnellement dans toutes les directions; le divorce du personnage féminin qui révèle finalement une raison dramatique, du déjà-vu, mais réinventé, fait partie de ces va-et-vient entre le présent, l’imaginaire, et le passé. Nebbou ne semble pas à l’aise avec le récit horizontal. Il préfère les contours sinueux, les éclats qui confrontent les moments de silence ou de quiétude.

Et puis l’attrait de l’inconnu de la part d’une (anti)héroïne magnifiquement cinématographique. Un être sincère, plus qu’elle en tout cas, muni des aspirations de la jeunesse et de la découverte de l’autre. Pour parfaire le rôle d’Alex, François Civil (plus de 47 prestations à son actif) conjugue la grâce et la douleur avec une parfaite déréliction, une mélancolie quasi sensuelle.

Jeux parallèles qui prennent en ligne de compte le cadre du film, une réflexion non seulement sur l’attrait, mais également sur la curiosité, le côté organique de l’existence et ses dérives. Risquer le tout pour le tout, quitte à se casser la gueule; pour aimer, se faire aimer.

Film-témoin et dans le même temps, adaptation d’une œuvre littéraire à l’heure du virtuel. Imaginer, croire en l’utopie, se créer une image. En quelques mots, une déconstruction de soi, pour simplement être.

Entre Safi Nebbou et ses comédiennes (et comédiens, bien sûr), une espèce d’entente réciproque qui s’explique autant par le jeu que par une compréhension extraordinaire du récit. Sur ce point, il faut revenir sur Binoche. Elle bénéficie d’un rôle auquel elle est habituée. Et lorsqu’elle se rend compte de la différence d’âge entre elle et son amant-rêvé, il y a là comme une sorte de confession émanant de l’actrice. Le temps est peut-être venu pour qu’elle assume des personnages de son âge.

Film-témoin et dans le même temps, adaptation d’une œuvre littéraire à l’heure du virtuel. Imaginer, croire en l’utopie, se créer une image. En quelques mots, une déconstruction de soi, pour simplement être.

FICHE TECHNIQUE
Sortie
Vendredi 27 septembre 2019

Réal.
Safy Nebbou

Genre(s)
Drame

Origine(s)
France

Belgique

Année : 2018 – Durée : 1 h 42

Langue(s)
V.o. : français

Celle que vous croyez

Dist. @
Axia Films

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

En salle(s) @
Cinéma Beaubien
Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.   Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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