En salle à Montréal

Peterloo

30 mai 2019

| PRIMEUR. Semaine 22 |
Du 31 mai au 6 juin 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
Une représentation épique des événements entourant l’infâme massacre de Peterloo en 1819, où un rassemblement pacifique pro-démocratie à St Peter’s Field, à Manchester, s’est transformé en l’un des épisodes les plus sanglants et les plus célèbres de l’histoire britannique.

< CRITIQUE >
Luc Chaput
3

MARCHE LENTE VERS UNE TRAGÉDIE

Joseph, un soldat, revient traumatisé de la bataille de Waterloo1, le 18 juin 1815. Il rentre à pied à Manchester où sa famille travaille à très petit salaire dans les filatures. Dans ce Royaume-Uni où peu de personnes ont le droit de vote et où existent les « bourgs pourris », comtés avec peu d’électeurs alors que les grandes villes sont sous-représentés, Mike Leigh raconte les événements menant à la manifestation du 16 août 1819 sur le terrain de St Peter.

Filmée dans des teintes sombres par le directeur photo Dick Pope, la vie de la famille de Joseph, d’où ressort l’interprétation de sa mère Nellie par Maxine Peake, se déroule dans un contexte de nombreuses discussions, palabres, assemblées dont les tenants et aboutissants peuvent apparaître peu compréhensibles à plusieurs spectateurs. Pourtant, les épisodes judiciaires et la suppression de l’Habeas Corpus en 1817 offrent des parallèles avec la situation actuelle. Le grand nombre d’intervenants de tous types entrave la bonne marche de l’entreprise filmique même si des épisodes plus satiriques relèvent l’intérêt.

La peur de la Révolution française dans les classes mieux nanties est aiguillée par l’utilisation du symbole du bonnet phrygien par les organisations de défense des travailleurs ou en faveur du droit de vote pour tous. L’emploi de l’armée et de la milice pour la répression de ces manifestations devient donc une option trop facile2.

Les scènes bucoliques de rassemblements des participants dans les pâturages à l’extérieur de Manchester permettent de rajouter un allant aux préambules de la manifestation. Celle-ci est filmée dans un espace restreint où les coups de sabre pleuvent. Une panique s’en suit et dix-huit morts et de nombreux blessés tombent en ce lieu du centre-ville où cet événement est devenu Peterloo par contraction de Peter et de Waterloo. Mike Leigh, après ses grands films biographiques Turner et Topsy Turvy, n’a malheureusement pas réussi le projet de rendre complètement justice ce moment important de l’histoire de sa ville natale.

Filmée dans des teintes sombres par le directeur photo Dick Pope, la vie de la famille de Joseph, d’où ressort l’interprétation de sa mère Nellie par Maxine Peake, se déroule dans un contexte de nombreuses discussions, palabres, assemblées dont les tenants et aboutissants peuvent apparaître peu compréhensibles à plusieurs spectateurs.

1 Le duc de Wellington, pour cette victoire, reçoit du Parlement, une hénaurme bourse de £750,000 soit aujourd’hui l’équivalent de 133 M$ CAN. L’inflation gruge en plus les maigres revenus des travailleurs de cette ère.

2 Le commandant pour le Nord de l’Angleterre est le général Byng. Il sera absent de Manchester en ce fatal jour d’août. Il est le grand-père du général Byng of Vimy, gouverneur-général du Canada après la Première Guerre mondiale.

FICHE TECHNIQUE
Sortie
Vendredi 31 mai 2019

Réal.
Mike Leigh

Genre(s)
Drame historique
Origine(s)
Grande-Bretagne

Année : 2018 – Durée : 2 h 34

Langue(s)
V.o. : anglais

Dist. @
Métropole Films

En salle(s) @
Cineplex

Classement
Tous publics
[ Déconseillé aux jeune enfants ]

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.  Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

2019 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.