En salle

Amanda

21 mars 2019


| PRIMEUR |
Semaine 12
Du 22 au 28 mars 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
David, la vingtaine, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure de choix plus engageants. Solitaire et rêveur, il tombe sous le charme de Lena, une voisine fraîchement débarquée. Le cours tranquille des choses vole en éclat quand sa sœur aînée meurt brutalement dans un attentat.

CRITIQUE
| Jean Beaulieu |

★★★ ½

LA « KIDESSE »

Plusieurs films français récents ont abordé la thématique d’un père devant s’occuper seul de ses enfants (entre autres, C’est ça l’amour de Claire Burger et Nos batailles de Guillaume Senez, tous deux présentés à CINEMANIA l’an dernier). À la différence cette fois que la figure paternelle est celle d’un jeune homme à peine sorti de l’adolescence, qui partage lui même le deuil de sa protégée. Le Kid de Chaplin, version 21e siècle? Pourquoi pas? Bien sûr, autre temps, autres mœurs.

À Paris, il y a un avant et un après 13 novembre 2015. Amanda est peut-être l’un des premiers films à tenter d’appréhender ce nouvel air du temps qui plombe maintenant la Ville lumière et sa population. Si des événements tragiques (évoqués discrètement, de façon presque abstraite) constituent le point névralgique du récit, on s’intéresse davantage aux traces qu’ils ont laissées sur les protagonistes endeuillés.

La fusion des deux énergies (des comédiens comme des personnages) offre un terreau solide pour que l’oncle et la nièce puissent se reconstruire dans une vie familiale éclatée et une ville qui ne sont plus tout à fait les mêmes.

L’histoire est surtout racontée à travers David (Vincent Lacoste, très à l’aise pour exprimer le malaise), mais c’est Amanda (Isaure Multrier, véritable découverte) qui vole presque toutes les scènes. Aussi gourmande de vie que de paris-brest et faisant preuve d’une étonnante maturité pour son âge, cette gamine lumineuse de sept ans offre le contrepoids idéal au grand adulescent éparpillé qu’est David. La fusion des deux énergies (des comédiens comme des personnages) offre un terreau solide pour que l’oncle et la nièce puissent se reconstruire dans une vie familiale éclatée et une ville qui ne sont plus tout à fait les mêmes.

Malgré son côté larmoyant (il est assez rare de voir autant de larmes dans un film français), sa musique extra-diégétique insistante et ses afféteries un peu forcées pour relier le début et la fin, Amanda finit pourtant par nous émouvoir. Tout tient dans le talent de Mikhaël Hers (Ce sentiment de l’été, autre film sur le deuil) à jongler délicatement avec les scènes graves, légères et significatives, sans précipiter son récit, afin que les spectateurs, tout comme les personnages (très bien rendus, y compris chez les rôles plus secondaires), puissent recoller les morceaux cassés en déambulant d’un décor à l’autre (quartiers de Paris peu souvent filmés, Périgord et Londres) et ressentir l’effet réparateur du temps.

FICHE TECHNIQUE

Sortie
Vendredi 22 mars 2019

Réal.
Mikhaël Hers

Origine(s)
France

Année : 2018 – Durée : 1 h 47

Genre(s)
Drame

Langue(s)
V.o. : français
Amanda

Dist. @
MK2 / Mile-End

Classement
Tous publics
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

Info. @
Cinéma Beaubien

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.   Mauvais. 0 Nul.
½ [Entre-deux-cotes]

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