En salle à Montréal

Tout le monde le sait

21 février 2019

| PRIMEUR |
Semaine 08
Du 22 au 28 février 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
Laura, qui vit depuis des années en Argentine, revient dans son village natal en Espagne à l’occasion du mariage de sa sœur cadette. Son mari Alejandro étant resté à Buenos Aires, elle est accompagnée par ses deux enfants pour ces retrouvailles tant attendues. Tout en renouant avec les plaisirs simples de sa jeunesse, Laura revoit Paco, son ancien amoureux devenu propriétaire du vignoble qui appartenait jadis à sa famille. Mais…

LE FILM
DE LA SEMAINE
| Élie Castiel |

★★★★

PISTES CONVOLUTIVES

Si la tendance se maintient, Asghar Farhadi pourrait décrocher le titre de cinéaste iranien le plus européen, après l’imaginatif Le passé (2013) et le récent Tout le monde le sait, dont il est question ici. Le couple, les amours du passé, la filiation, les regrets, l’ambition et le suspense psychologique qui nourrit, en grande partie, le cinéma.

De quoi bâtir un scénario truffé de bonnes intentions cinéphiles, comme le recours à des cinéastes comme Hitchcock et d’autres du même acabit qui ont probablement marqué le parcours de spectateur de ce cinéaste humaniste. Un récit qui tient donc la route malgré quelques longueurs par-ci, par-là, écrit par lui-même, conscient de l’âme espagnole et plus encore de la mentalité régionale, le récit ayant lieu dans un village où les mœurs semblent avoir évolué, alors qu’un dialogue magnifiquement fignolé nous prouvent que ce n’est pas tout à fait le cas.

Malgré la simplicité du récit, Tout le monde le sait est
un film un tant soit peu intentionnellement alambiqué
car il propose plusieurs pistes d’entendement,
les unes aussi convolutives que les autres.

Une disparition, celle d’Irene, la fille adolescente de Laura, qui retrouve un ancien amour, lui-même en ménage avec une autre femme du coin. Et qu’importe, le rapt, si tel est le cas, de la jeune fille est un prétexte à la mise en œuvre d’une direction d’acteurs époustouflante tant le réalisateur, d’entre autres, le magnifique À propos d’Elly / Darbareye Elly (2009) épouse une mentalité européenne qu’il acclimate à ses films iraniens. On s’en rend compte dans quelques détails, mais le but principal est de rendre l’expérience cinématographique aussi universelle que possible.

Qu’est-il arrivé à Irene. On le saura, et puis… aucune explication. Simplement un rapport entre l’âge adulte et l’adolescent. Un lien entre le cinéma et l’art d’interprétation. C’est-à-dire, dans le cas qui nous intéresse, une Penélope Cruz peut-être un peu trop envahie par son rôle, un Javier Bardem exceptionnel, rarement aussi vulnérable que conscient de ses limites. Et en fin de parcours, un Ricardo Darín présent, savourant chaque instant de sa présence devant la caméra comme d’un jeu séduisant entre la réalité et la fiction.

Malgré la simplicité du récit, Tout le monde le sait est un film un tant soit peu intentionnellement alambiqué car il propose plusieurs pistes d’entendement, les unes aussi convolutives que les autres. Car c’est de la nature humaine, de ses complaisances, des ses émerveillements et de ses caprices que parle le film. Ce n’est sans doute pas le meilleur film d’Asghar Farhadi, mais il demeure quand même une œuvre aussi intense que sincère.

FICHE TECHNIQUE

Sortie
Vendredi 22 février 2019

Réal.
Asghar Farhadi

Origine(s)
Espagne
France
Italie

Année : 2018 – Durée : 2 h 14

Genre(s)
Drame

Langue(s)
V.o. : espagnol, catalan / s.-t.a. & s.-t.f.
Everybody Knows
Todos lo saben

Dist. @
Universal Pictures


Classement
Tous publics

Info. @
Cinéma du Parc
Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.   Mauvais. 0 Nul.
½ [Entre-deux-cotes]

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