En salle à Montréal

Vox Lux

25 décembre 2018

| PRIMEUR |
Semaine 51
Du 21 au 27 décembre2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
L’ascension de Céleste, des cendres d’une importante tragédie nationale jusqu’à sa réussite et sa vie de super star, entre 1999 et 2017.


CRITIQUE
| Sophie Leclair-Tremblay |
★★★★

FEU D’ARTIFICE INCESSANT

Genesis (Genèse), le stupéfiant premier des trois actes de Vox Lux, deuxième long métrage de Brady Corbet, après l’inédit en salle The Childhood of a Leader (2015), présente Céleste (Raffey Cassidy) au début de l’adolescence. Une tragédie se produit au lycée qu’elle fréquente et le tueur s’adresse spécifiquement à elle. Le « pacte avec le diable », tel que mentionné par la voix de Willem Dafoe, narrateur, est une intéressante métaphore qui décrit ce bref échange avec le meurtrier, ce dernier lui parlant avec douceur, comme si elle appartenait à un autre monde que celui de ses camarades, comme si elle pouvait être liée à la mission qu’il s’est lui-même donnée au moment où il décide de quitter ce monde en emportant beaucoup d’autres avec lui. Et cette mission, elle est plus grande que nature : être un symbole, ou plus précisément, se faire entendre. Et c’est ce qui se produit à ce moment, alors que Céleste (prénom venu des cieux) survit et devient la voix de la lumière, la voix de la chanson qu’elle a réalisée avec sa sœur (Stacy Martin) et qui deviendrait plus tard un hymne. Elle débute ainsi dans l’industrie musicale, accompagnée de son aînée et de son gérant (Jude Law), pour ensuite être propulsée dans la célébrité.

Dans son ensemble, la mise en scène de Brady Corbet se veut innovatrice, en partie par certaines sophistications audacieuses de la caméra et des cadrages prenants qui, en plus de l’extravagante trame sonore, contribuent à l’excellent rythme du film et rendent l’atmosphère de ce puissant long métrage à un niveau d’intensité encore plus élevé.

Et puis Regenesis (plus proche de « Renaissance »), deuxième acte où une fusillade se produit, attentat impliquant des meurtriers vêtus de masques aux couleurs de l’icône de la pop qu’est devenue Céleste, alors que celle-ci s’apprête à se produire dans un théâtre de la même ville. Céleste, à l’âge adulte (magnifiquement interprétée par Natalie Portman) est en préparation de ce gigantesque concert. Elle est aux prises avec diverses angoisses, notamment les médias, sa santé fragile, sa relation chaotique avec sa sœur et son gérant ainsi que les préoccupations liées à sa fille Albertine (Cassidy, sous l’apparence de la fille de Céleste). Céleste devient rapidement hantée par la deuxième tragédie, celle qui ramène à la case départ, au pacte avec le diable.

Elle est devenue prisonnière de son statut de symbole, d’icône. Céleste devra continuer à voir son nom écrit sur des vestes pour adolescentes comme de voir l’esthétique de ses vidéoclips sur des meurtriers masqués. L’atmosphère dystopique du long métrage se fait sentir lors de son flamboyant concert, le troisième et dernier acte du film (Epilogue / Épilogue). Céleste semble se libérer du qui-vive sur lequel elle se trouve constamment et propage sa lumière sur tous ces spectateurs qui lui vouent un culte. Dans son ensemble, la mise en scène de Brady Corbet se veut innovatrice, en partie par certaines sophistications audacieuses de la caméra et des cadrages prenants qui, en plus de l’extravagante trame sonore, contribuent à l’excellent rythme du film et rendent l’atmosphère de ce puissant long métrage à un niveau d’intensité encore plus élevé.

Réal.
Brady Corbet

Sortie
Mardi 25 décembre 2018

Langue(s)
V.o. : anglais

Genre
Drame

Origine(s)
États-Unis

Année : 2018 – Durée : 1 h 55

Dist.
Entract Films


Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

Info. @
Cinéma du Parc


MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.  Mauvais. 0 Nul.
½
[Entre-deux-cotes]

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