Fantasia 2018 – I

14 juillet 2018

Voici venu le temps de l’année où les cinéphiles n’ont d’yeux que pour l’incontournable Fantasia, le festival de films de genre le plus prisé, non pas uniquement pour la sélection des films, mais aussi pour l’ardeur, l’enthousiasme et la convivialité des organisateurs. Avec le temps, la programmation s’enrichit d’œuvres auxquelles on n’aurait pas pu s’attendre il y a une ou deux décennies. Nous vous laissons le soin de les découvrir, vous, les inconditionnels de l’évènement. En attendant, nous avons demandé à Yves Gendron, fantasieux de la première heure, de couvrir l’évènement. Ses propos suivront une simple règle : ils seront rédigés avec ce qui sort des tripes, instinctivement, loin des propositions parfois philosophiques et analytiques dont nous sommes fièrement habitués. Question de rafraîchir le site en cette période estivale.

 

Élie Castiel
Rédacteur en chef

 

DANS LA BRUME

★★

Paris, No Man’s Land

Des vapeurs souterraines toxiques envahissent Paris, un couple de survivants cherchent à secourir leur fille retenue prisonnière dans leur appartement et vivant dans une bulle (on ne vous dira pas plus).

Production en grande partie française, mais réalisée par le Québécois Daniel Roby (Funkytown / 2011), les effets spéciaux ont été réalisés dans la Belle Province et le choix de lancer Fantasia avec ce film se comprend. Toutefois, il n’est pas certain que les amateurs du festival y trouvent leur compte.

Certes, c’est un film léché et efficace tant dramatiquement que visuellement. L’image d’un Paris envahie par les brumes est adéquatement saisissante et on suit les péripéties crédibles et tendues (bien que répétitives) des personnages réduits sagement à une petite unité familiale.

Cela dit, Dans la brume s’avère aussi être un film parfaitement convenu. Machine bien huilée, il réserve cependant peu de véritables surprises. En fait, l’avant-dernier retournement se voit venir une heure à l’avance. Film grand public conçu par des techniciens compétents, mais peu véritablement inspirés. Cela peut convenir au spectateur ordinaire, mais un véritable amateur de cinéma fantastique risque de s’y ennuyer faute de trouver du vrai mordant.

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul / ½ [Entre-deux-cotes]

P.S.
Dominique Rocher avait été d’abord engagé pour réaliser le film. Il a éventuellement quitté la production pour un autre film d’horreur ayant lieu aussi dans Paris, La nuit a dévoré le monde et présenté à Fantasia cette année. https://fantasiafestival.com/fr/films/la-nuit-a-devore-le-monde Il sera intéressant de voir comment les deux films se ressemblent et se distinguent. À suivre.

La version du film présenté à Fantasia est celle du réalisateur, avec une fin différente et une ou deux minutes de plus que la version présentée en France.

Le film prend l’affiche au Québec le 10 août.

 

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