En salle à Montréal

Their Finest

20 avril 2017

RÉSUMÉ SUCCINCT
Londres, 1940. Le gouvernement cherche un moyen de redonner espoir à la population dont le quotidien est perturbé par des bombardements. Remarquée pour ses talents de rédactrice, Catrin Cole est embauchée par le ministère de l’Information pour travailler à des scénarios de films de propagande. .

CRITIQUE
★★ 
Texte : Charles-Henri Ramond

L’AMOUR AU TEMPS DE LA PROPAGANDE

Après Riot Club en 2014 (lire notre critique), la Danoise Lone Scherfig change radicalement de registre avec ce mélodrame classique et cruel qui se penche sur le cinéma réalisé en Angleterre durant la Seconde Guerre mondiale. Grâce à cette adroite mise en abyme du médium qu’elle pratique, la réalisatrice d’Italien pour débutants nous fait ainsi découvrir un pan de l’histoire du 7e art anglais, alors engagé dans une mission de renforcement du moral des populations civiles et de glorification de l’héroïsme des troupes.

Their Finest Hour and A Half Directed by Lone Sherfig

Le récit reprend à son compte plusieurs des caractéristiques
marquantes des productions de propagande, à savoir une
romance tragique, un acte de bravoure inespéré, la
résilience du héros et, ultimement, son triomphe sur l’adversité

Bien que s’appuyant sur un épisode fantasmé qui aurait eu lieu durant la Bataille d’Angleterre, Their Finest n’est pas exactement un drame de guerre1 . Son scénario ratisse large. En plus de l’évocation de quelques thématiques aux accents plus modernes (place des femmes dans la société et dans un milieu macho, rôle de l’artiste en ces temps de rationalisation, homosexualité…), le récit reprend à son compte plusieurs des caractéristiques marquantes des productions de propagande, à savoir une romance tragique, un acte de bravoure inespéré, la résilience du héros et, ultimement, son triomphe sur l’adversité.  Et s’il n’est pas indispensable de connaître ces vieilles bobines anglaises pour apprécier ce film, en avoir vu au préalable quelques spécimens peut aider à savourer un peu plus les références qui ressortent ici et là2.

Portée par une direction artistique des plus réussies qui prête une attention toute particulière au moindre détail, Scherfig adresse un vibrant hommage aux femmes, au cinéma et à ses valeurs sociales. Du moins dans une première partie, dénuée de toute analyse ou remise en cause, certes, mais qui dépeint de manière assez juste les environnements techniques et politiques complexes dans lequel ces œuvres furent conçues. C’est indéniablement la première heure qui parvient à captiver, tant par son interprétation que par l’originalité de son sujet. Par contre, la seconde moitié est plus convenue. Les auteurs se concentrent sur la relation amoureuse des deux protagonistes et se contentent de livrer presque à l’aveuglette un drame sentimental prévisible et somme toute assez distant. Sous les bombes, la passion n’est pas au rendez-vous.

1 Christopher Nolan s’en chargera dans très attendu Dunkirk que l’on devrait voir à la fin de cette année

2 Fort heureusement, Internet Archive, la plus grande cinémathèque du monde, en a plusieurs dans ses rayonnages. Nous vous en recommandons trois que nous jugeons représentatifs du genre : They Dive at Dawn (1944) et The Way to the Stars (1945), tous deux d’Anthony Asquith, ainsi que One of Our Aircraft is Missing (1942), de Michael Powell et Emeric Pressburger.

Sortie :  vendredi 21 avril 2017
V.o. :  anglais

Genre :  Comédie dramatique  – Origine : Grande-Bretagne –  Année :  2016 – Durée :  1 h 57  – Réal. :  Lone Scherfig – Int. : Gemma Atertoj, Sam Claflin, Bill Nighy, Jack Huston, Rachael Stirling,  Jeremy Irons  – Dist. :  Entract Films.

Horaires
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Classement
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