En salle

The Riot Club

26 mars 2015

… le film de Scherfig possède des résonnances
politiques et s’interroge en filigrane sur la question
du machisme ordinaire dans nos sociétés.

The Riot Club

Code d’honneur

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★

C’est avec Italien pour débutants (2000), An Education (2009), son film le plus accompli, et One Day (2011) que la Danoise Lone Scherfig se fait remarquer par les cinéphiles et notamment les critiques. Cinéaste sensible des récits initiatiques, c’est surtout en Grande-Bretagne qu’elle situe ses dernières fictions.

Elle s’intéresse notamment aux jeunes et aux mécanismes que ceux-ci déploient pour entrer dans la vie adulte. Dans le cas de The Riot Club, tiré d’un vrai fait divers, elle évoque le bouillonnant If, le film-culte de Lindsay Anderson, lui, beaucoup plus inspirée et, dans sa propre filmographie, An Education, mieux abouti et structuré.

Avec ce dernier opus à son actif, le côté caustique de l’entreprise prend une telle place dans le récit que ça en devient presque gênant. Après un début prometteur où les contours psychologiques des protagonistes s’insèrent sans trop insister dans la tête des spectacteurs, le rythme change, l’action devient violente et nous sommes devant ce qui ressemble à un film de genre, se démarquant malheureusement de la première partie, beaucoup plus solide. On soulignera cependant la présence remarquable de tous les comédiens, tous saisis par des situations qui les dépassent, mais qui les obligent aussi à extérioriser agressivement leurs pulsions.

Ces deux approches de mise en scène, malgré un sens remarquablement précis de la transition, ne peuvent s’imbriquer l’une dans l’autre. N’empêche que The Riot Club s’apprécie néanmoins pour ce qu’il a à dire sur ces cercles intimes de fils de privilégiés dans les universités occidentales, là où les adeptes, garçons issus de familles bien nanties, se croient tout permis et voient en leur actions néfastes une façon de respecter le code d’honneur. Sur ce point, le film de Scherfig possède des résonnances politiques et s’interroge en filigrane sur la question du machisme ordinaire dans nos sociétés. Par les temps qui courent, ces charges ne peuvent s’avérer que plus bénéfique pour le spectateur.

revueséquences.org
Sortie : Vendredi 27 mars 2015

V.o. : anglais

Genre : Drame – Origine :   Grande-Bretagne– Année : 2014 – Durée : 1 h 47 – Réal. : Lone Scherfig – Int. : Max Irons, Max Clafin, Douglas Booth, Holliday Grainger, Freddie Fox, Jessica Brown Findlay – Dist. / Contact : SVBiz (Soda Pictures Canada).
Horaires : Cineplex

CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★ (Exceptionnel). ★★★★ (Très Bon). ★★★ (Bon). ★★ (Moyen). (Mauvais). ½ (Entre-deux-cotes) – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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