En salle

L’autre côté de novembre

20 avril 2017

RÉSUMÉ SUCCINCT
Deux histoires parallèles, ou presque. L’une au Liban, l’autre à Montréal. Deux récits unis par le thème du souvenir, de la mémoire et de l’exil.

CRITIQUE
★★★
Texte : Élie Castiel

PARCOURS INTÉRIEURS

De Maryanne Zéhil, De ma fenêtre, sans maison nous avait échappé ; La vallée des larmes laissait une impression d’urgence, quitte à laisser de côté tous ces ingrédients techniques qui parfois faisaient défaut. Ici, L’autre côté de novembre, troisième titre aussi poétique que les deux précédents, évoque encore la thématique chère à la réalisatrice : l’exil (forcé ; en quelque sorte politique), le souvenir de meilleurs jours, la mémoire qui ne cesse jamais son parcours malgré le passage du temps, la condition de la femme dans une terre hostile (le Moyen-Orient), la possibilité de bonheur dans un monde qui s’écroule et, en filigrane, quelque chose de déchirant et poignant qu’on constate que si l’on voit de près, la conquête de la québécitude, l’assimilation sincère à une nouvelle patrie, le Québec, parfois, il faut l’avouer, protectionniste.

L'autre côté de novembre

L’émotion parcours son récit, celui d’une double identité gravement incarnée par Arsinée Khanjian, elle aussi entre deux mouvances territoriales, l’Arménie et par première alliance matriomoniale, le Liban. En comprenant ces racines millénaires, on peut également saisir le côté parfois mélodramatique du jeu des interprètes ; cela a avoir avec une relation qu’on se fait avec la vie, le parcours humain, l’enfer du quotidien.

Venant d’une tradition orale, Zéhil a su s’emparer
de ses sujets pour contruire avec franchise, sincérité
et sénérité un livre illustré d’images en mouvement.
Si celles-ci sont parfois boiteuses, qu’importe. Nous
suivons leur cœur meurtri même s’il porte des béquilles.

Comme toujours, Khanjian se distingue par son jeu ; les autres vivent leurs personnages dans un sentiment d’urgence, suivant une méthode moyen-orientale difficile à comprendre, mais qui prend son élan lorsque nous faisons partie de ces exilés politiques et que nous sommes pleinement conscients de notre double appartenance, celle à un Orient passionné, tentant de dialoguer avec un Occident cartésien et intransigeant.

Mais comme c’est le cas dans tous les pays du monde, L’autre côté de novembre est aussi un récit sur la relation de couple, sur la maladie, l’Alzheimer, sur les conflits au travail. Film social qui imbrique tous ces thèmes dans une durée de presque quatre-vingt minutes. Peut-être trop pour nous, issus de ces nombreux pays de l’Ouest. Mais venant d’une tradition orale, Zéhil a su s’emparer de ses sujets pour contruire avec franchise, sincérité et sénérité un livre illustré d’images en mouvement. Si celles-ci sont parfois boiteuses, qu’importe. Nous suivons leur cœur meurtri même s’il porte des béquilles.

[ Entrevue avec Maryanne Zéhil ici. ]

Sortie :  vendredi 21 avril 2017
V.o. :  arabe, français
Sous-titres : français
L’autre côté de novembre

Genre :  Drame  – Origine : Canada [Québec] –  Année :  2015 – Durée :  1 h 18  – Réal. :  Maryanne Zéhil – Int. :  Arsinée Khanjian, Pascale Bussières, Marc Labrèche, Raïa Haïdar, David La Haye, Béatrice Moukhaiber  – Dist. :  K-Films Amérique.

Horaires
Cinéma Beaubien

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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