En salle à Montréal

La tête haute

9 juin 2016

RÉSUMÉ SUCCINCT
La vie de Malony, de six à dix-huit ans. Treize ans au cours desquels une juge des enfants et un éducateur social tentent de le réhabiliter.

La tête haute

CRITIQUE
★★  ½
Texte : Claire Valade

COUP DE GUEULE

En 2015, pour la première fois en près de 30 ans, soit depuis Un homme amoureux de Diane Kurys en 1987, le Festival de Cannes s’ouvrait sur un film réalisé par une femme : La tête haute, quatrième long métrage de la comédienne Emmanuelle Bercot.

Remportant un certain succès d’estime sur le moment pour son sujet puissant et son trio d’acteurs formidables, le film a surtout connu ensuite une réception mitigée, adulé des uns et détesté des autres. Ce n’est pas très étonnant puisque l’œuvre elle-même est plutôt mitigée, à cheval entre le drame réaliste et le mélodrame populiste sans jamais vraiment trouver sa voix véritable.

Si le film comporte certaines qualités évidentes, entre
autres dans la documentation scrupuleuse du processus
judiciaire et de réhabilitation des délinquants juvéniles,
il reste que La tête haute irrite d’emblée, ne serait-ce
justement que par cet excès de sincérité zélée dans l’exposition.

Avec ses personnages paumés et butés contre la société, ses sauveteurs de l’ombre dévoués aux causes perdues, son ton âpre et discordant au point d’en être parfois carrément agressant, La tête haute est à des lustres de l’habituel flafla cannois d’ouverture. Dur et sans artifices, pur produit du réalisme social à la française, voilà un film en état de crise constant, qui se veut à la fois portrait (trop) minutieux du parcours d’un jeune délinquant typique, Malony, et hommage au travail désintéressé et titanesque de ceux et celles qui tentent de le remettre dans le droit chemin (plus particulièrement Florence Blaque, juge des enfants au bord de la retraite, et Yann Le Vigan, éducateur fatigué mais vaillant).

Si le film comporte certaines qualités évidentes, entre autres dans la documentation scrupuleuse du processus judiciaire et de réhabilitation des délinquants juvéniles, il reste que La tête haute irrite d’emblée, ne serait-ce justement que par cet excès de sincérité zélée dans l’exposition. Décuplée par cent, cette minutie à vouloir raconter les choses comme elles se passent vraiment devient écrasante de détails tellement spécifiques à l’administration française qu’ils en distraient le spectateur et obstruent le fil narratif naturel, empêchant l’émotion du récit, des personnages de se déployer de façon organique.

Texte intégral
Séquences
Nº 303 (Juillet-Août 2016)
En kiosque – Juillet 2016

Sortie : vendredi 10 juin 2016
V.o. : français

Genre :  DRAME SOCIAL – Origine :  France  –  Année :  2015 – Durée :  2 h  – Réal. : Emmanuelle Bercot – Int. : Rod Paradot, Benoît Magimel, Catherine Deneuve, Diane Rouxel, Sara Forestier, Élizabeth Mazev  –  Dist. / Contact :  TVA.
Horaires :  @  Cinéma Beaubien / Cineplex

CLASSEMENT
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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