En salle à Montréal

Power Rangers

23 mars 2017

RÉSUMÉ SUCCINCT
Jason, Kimberly, Billy, Zack et Trini, cinq adolescents atypiques de la ville d’Angel Grove, découvrent des amulettes multicolores, sédimentées dans la roche d’une mine. Ils constatent rapidement que ces artéfacts extraterrestres leur donnent des pouvoirs spéciaux.

SANS
COMMENTAIRES

Sortie :  vendredi  24 mars 2017
V.o. :  anglais / Version française
Power Rangers

Genre :  AVENTURES FANTASTIQUES  – Origine : États-Unis / Canada –  Année :  2017 – Durée :  2 h 05  – Réal. :  Dean Israelite – Int. :  Dacre Montgomery, RJ Cyler, Naomi Scott, Ludi Lin, Becky G., Elizabeth Banks – Dist./Contact :   Séville.

Horaires
@
  Cineplex

Classement
Tout public
(Déconseillé aux jeunes enfants)

Séquences_Web

T2 Trainspotting

RÉSUMÉ SUCCINCT
Vingt ans après avoir trahi ses amis en s’enfuyant avec le butin d’une transaction de drogue, Mark Renton revient à Édimbourg. Il retrouve d’abord Spud, toujours toxicomane, qui, désormais séparé de sa femme et de son fils, s’apprête à se suicider par surdose. Après avoir sauvé la vie de Spud in extremis, Mark rend visite à Simon qui, pétri de rancœur, l’accueille à coups de queue de billard. Par perfidie, Simon accepte de refaire équipe avec Mark et lui présente Veronika, une prostituée avec qui il s’est associé pour faire chanter des hommes en vue.

LE FILM DE LA SEMAINE
★★★  ½
Texte : Julie Vaillancourt

NOSTALGIE ET « NOUVELLES DROGUES »

Après le succès critique en 1994 de Shallow Grave (Petits meurtres entre amis), Danny Boyle réalise Trainspotting (1996), succès commercial et critique, qui révèle le cinéaste britannique sur la scène internationale, avec notamment une nomination aux Oscars du meilleur scénario, adapté du roman éponyme d’Irvine Welsh.

T2_En salle 01

Si T2 Trainspotting se veut aussi une adaptation romanesque du même auteur (Porno, 2002), il s’en inspire, sans pour autant y être fidèle;  le thème de la pornographie étant abordé en superficialité. Cela dit, on y retrouve tous les protagonistes principaux, alors que les acteurs du film de 1996, reprennent leur rôle, 20 ans plus tard. Un tour de force, dans une industrie basée sur l’égo et la superficialité de l’image ; le vieillissement des acteurs est organique et non pas créé par les artifices du maquillage. Pour le spectateur ayant découvert Transpotting lors de sa sortie en salles à la fin des années 90, le visionnement de la suite amène nécessairement son lot de réflexions personnelles sur le passage du temps, la société contemporaine et les nouvelles « drogues » des consommateurs.

Certains dialogues sont d’ailleurs éloquents ; pensons à l’excellent monologue prodigué par Mark Renton à Veronika, sur le thème « Choose Life ». Le slogan de la campagne antidrogue de la fin des années 80 est ici transposé à nos dépendances contemporaines à la technologie, faisant office de drogues, dans notre société du paraître où « l’interaction humaine ne se résume qu’à des données informatiques ».

T2 Transpotting, demeure dans la continuité de
l’oeuvre originale, avec les protagonistes, la signature
et l’humour qui en ont fait son succès et les nombreux
retours en arrière, donnant envie de découvrir
(ou de redécouvrir) Trainspotting, le premier.

À une époque où le cinéma américain multiplie plus que jamais les suites (et préquels) de films à succès afin de vendre du popcorn, le cinéaste britannique a le mérite de proposer une suite intelligente, où les protagonistes évoluent dans une continuité temporelle vraisemblable. En attendant deux décennies avant de proposer T2, des phrases sur le thème de la nostalgie, prennent tous leur sens: « Tu es un touriste visitant ta propre jeunesse » dira Simon « Sick Boy » à Mark, son ami d’enfance. À n’en point douter, la force de Danny Boyle est non seulement de rester fidèle à ses protagonistes et leurs parcours, avec une diégèse ancrée dans un contexte plus contemporain, mais aussi à son esthétique avec une signature assumée, et ce, malgré maints succès aux genres divers (Slumdog Millionaire, 28 Days Later, 127 Hours). Boyle démontre que l’on peut faire carrière à Hollywood, sans tomber dans le pathos du réalisateur qui perd ses repères. L’esthétique du premeir Trainspotting, qui a conduit plusieurs cinéastes de la fin des années 90 à s’en inspirer, citons Cours Lola Cours (1998), est encore présente dans T2, particulièrement dans les scènes associées à la consommation de drogue, lorsque Renton « rechute » ou encore lorsque Simon consomme de la cocaïne.

Quoique légèrement plus sage, à l’image de ses protagonistes (ex-toxicomanes), l’esthétique est dynamique, alliant vitesse du montage, arrêt sur image ou encore cadrages en gros plans décentrés. Notons aussi quelques citations à des classiques du cinéma; Spud campe le Jack La Motta de Raging Bull le temps d’une scène (dans le premier opus, c’était le bébé mort qui interprétait une célèbre scène de The Exorcist). D’ailleurs, ceci démontre le caractère un peu plus sage de T2 ; séquences moins « glauques », car moins de toxicomanie. Une musique pertinente, quoique mois exacerbée. Légèrement moins violent, outre le personnage de Robert Carlyle, toujours aussi colérique (doublé d’un sentiment de vengeance).

T2_En salle 02

Malgré tout, T2 paraît moins original que l’opus de 1996 : ce qui faisait office de coup de poing dans le premier, de par son caractère novateur, surprend moins, sans compter que les protagonistes, désormais quadragénaires, se sont quelque peu assagis. Néanmoins, T2 Transpotting, demeure dans la continuité de l’oeuvre originale, avec les protagonistes, la signature et l’humour qui en ont fait son succès et les nombreux retours en arrière, donnant envie de découvrir (ou de redécouvrir) Trainspotting, le premier.

Sortie :  vendredi  24 mars 2017
V.o. :  anglais / Version française
F2 Ferrovipathes

Genre :  COMÉDIE DRAMATIQUE  – Origine : Grande-Bretagne –  Année :  2016 – Durée :  1 h 58  – Réal. :  Danny Boyle – Int. : Ewan McGregor, Robert Carlyle, Johnny Lee Miller, Ewen Bremner, Angela Nedyalkova, Kelly Macdonald – Dist./Contact :  Columbia.

Horaires
@
  Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
(Langage vulgaire)

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Séquences_Web

The Gardener

RÉSUMÉ SUCCINCT
En 2009, alors octogénaire, Francis Cabot ouvrait les portes de son domaine de La Malbaie pour partager sa vision de l’horticulture. Les jardins Les quatre vents, qu’il a patiemment conçus et entretenus sa vie durant, se déploient sur huit hectares et constituent aujourd’hui l’un des plus beaux exemples de jardins privés au monde.

CRITIQUE
★★★ 
Texte : Julie Vaillancourt

TESTAMENT HORTICOLE

Récipiendaire du prix du meilleur film canadien au Festival de cinéma de la ville de Québec, The Gardener, premier long-métrage de l’écrivain Sébastien Chabot, met en scène les magnifiques jardins Les Quatre Vents. Si The Gardener utilise une direction photo soignée et efficace, permettant ainsi aux spectateurs de visiter les jardins (gros plan des fleurs et travellings dans les jardins d’un point de vue subjectif afin de favoriser le déplacement), le documentaire traduit d’emblée la vision d’un homme, celle de Frank Cabot, jardinier-horticulteur et philanthrope américain. Octogénaire, atteint d’une grave maladie pulmonaire, le créateur des Quatre Vents ouvre pour la première fois ses jardins privés à une équipe de tournage et se confie à la caméra sur sa passion, tant pour l’horticulture que pour sa région d’adoption. Les paysages bucoliques de Charlevoix s’animent tels des cartes postales en mouvement alors que les images d’archives rappellent le caractère pionnier des initiatives de la famille Cabot.

The Gardener demeure, sans conteste, un film
testament à l’image d’un homme et de ses jardins.

The Gardener

Si certains témoignages sont plus protocolaires (ceux d’Adrienne Clarkson, reconnue pour avoir été la 26e Gouverneure Générale du Canada, souffrent d’une surenchère, comme pour valider la crédibilité du documentaire), d’autres intervenants offrent une juxtaposition intéressante; d’un côté le caractère familial de l’aventure (Anne, la femme de Frank et son fils Colin), de l’autre, les experts en horticulture (Raynald Bergereon, jardinier aux Quatre Vents, puis Penelope Hobhouse et Tim Richardson, écrivains britanniques spécialisés en jardinage). Finalement, les témoignages de l’historien Jean Des Gagniers et du Père Louis Genest (qui discute de biodiversité dans la région), complètent le caractère historique lié à la région de Charlevoix. The Gardener demeure, sans conteste, un film testament à l’image d’un homme et de ses jardins. Bien qu’il procure au spectateur une envie irrésistible de visiter les Quatre Vents, le documentaire se distingue du film touristique ou promotionnel, étant davantage comparable au film sur l’art, celui de jardiner.

Sortie-Rappel : vendredi  17 mars 2017
V.o. :  anglais / s.-t.f.
Le jardinier

Genre :  DOCUMENTAIRE  – Origine : Canada [Québec] –  Année :  2016 – Durée :  1 h 28  – Réal. :  Sébastien Chabot  – Dist./Contact :  Les Films d’Aujourd’hui.
Horaires : @  Cinéma BeaubienCinéma du Parc

CLASSEMENT
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Séquences_Web

The Second Time Around

RÉSUMÉ SUCCINCT
Katherine est veuve, et femme autonome. Elle ne croyait plus au sentiment amoureux. Lorsqu’elle se retrouve dans une résidence pour personnes âgées suite à une fracture à la hanche, elle fait la rencontre d’Isaac Shapiro, qui partage avec elle le goût de la musique classique.

EN QUELQUES MOTS
★★ ½
Texte : Élie Castiel

Trente ans après  Dancing in the Dark / Danse à contre-jour (1986), un premier long métrage courageusement achevé, le Canadien Leon Marr laisse de côté le sens de la précision pour nous proposer une film, certes amusant et émouvant, mais qui sent les assises du produit télévisuel. Sans doute dû à une carrière dans le milieu de la télésérie.

The Second Time Around

L’âge, ses difficultés, ses oublis, sa mélancolie d’un temps meilleur, les anciennes amours. Bref, comme dans The Sense of an Ending (voir critique dans cette même livraison hebodmadaire), le sujet de l’âge qui avance sans crier gare revient dans un film beaucoup plus optimiste, mais non sans le moins emprunt de finitude.

Soulignons que Linda Thorson et Stuart Margolin composent
un duo amoureux vraisemblable, brisant une fois pour toutes
les barrières sociales et raciales. L’amour a bien ses raisons.

Les nombreuses références à l’opéra (Maria Callas, Agnès Baltsa, Ileana Cotrubas) et aux airs yiddish ne sont-elles pas en fin de compte des témoignages d’une autre époque, fiers complices d’un passé, pour certains, plus glorieux. Ces éléments narratifs rejoignent une histoire d’amour, sans doute, la dernière, entre deux personnages créateurs, l’un qui  crée des complets pour hommes sur mesure (dénonçant ainsi l’industrie factice du prêt-à-porter) et l’autre, chanteuses d’opéra qui n’a jamais tenu ses promesses.

Une comédie romantique pour les baby boomers qui se retrouvent aujourd’hui seuls ou accompagnés de ceux et celles fréquentant ces nombreuses maisons de retraite en forme de faux-hôtels-de plaisance qui pilulent de plus en plus dans les grandes villes. Mais soulignons que Linda Thorson et Stuart Margolin composent un duo amoureux vraisemblable, brisant une fois pour toutes les barrières sociales et raciales. L’amour a bien ses raisons.

Sortie :  vendredi  24 mars 2017
V.o. :  anglais

Genre :  COMÉDIE SENTIMENTALE – Origine :  Canada  –  Année :  2015 – Durée :  1 h 47  – Réal. :  Leon Marr – Int. : Linda Thorson, Stuart Margolin, Laura de Carteret, Jocelyne Zucco, Martha Gibson, Gena Mack – Dist./Contact :  SVBiz / Sancor Distribution.

Horaires
Cineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Séquences_Web

The Sense of an Ending

RÉSUMÉ SUCCINCT
Divorcé depuis quelques années, Tony Webster revoit les dernière quarante années de sa vie, faites de ruptures sentimentales et d’amitiés peu solides.

CRITIQUE
★★★
Texte : Élie Castiel

BILAN DE LA VIE

Suite à quelques courts, l’Indien Ratesh Batra nous avait séduits en 2013 avec le délectable The Lunchbox (Saveurs indiennes), une coproduction entre l’Inde, la France, l’Allemagne, les États-Unis et le Canada, scellant ainsi la reconnaissance internationale d’un auteur prometteur.

The Sense of an Ending

Dans The Sense of an Ending, c’est la Grande-Bretagne qui produit. Mis à part un petit rôle de facteur attribué à acteur d’origine indienne, Jim Broadbent et Charlotte Rampling dominent la distribution d’un film sur le bilan d’une vie.

Vers la fin de la soixantaine, Tim Webster repense à sa vie, ses amours, son adolescence, ses premières émotions, ce qu’il devra laisser derrière lui. Mais peu importe ce voyage à travers l’intérieur d’un homme en crise existentielle sans vraiment souffrir, qui finalement s’apprivoise à l’autre. Car ici, comme c’est le cas de plusieurs films britanniques, l’interprétation y est pour quelque chose. En fait, issu du théâtre (une des formes de la représentation préféré dans le pays de notre cher W. Shakespeare), l’art du jeu est un terrain en soi qui permet aux comédiens de diffuser autant de thèmes et de prises de conscience qu’une autre cinématographie nationale aurait fait par le truchement des images et/ou des effets spéciaux.

Un second long métrage moins abouti que le
premier, mais tout de même effectivement édifiant.

Sur ce point, Jim Broadbent, définitement l’un des plus brillants acteurs de sa génération illumine l’écran, diffuse une joie de vivre communicative, mais nous, spectateurs, le joignons dans sa souffrance intérieure. Nous réalisons en fin de compte que nous sommes tous, sans acune exception, coupables et innocents. Sur ce point, Charlotte Rampling nous motive autant dans un rôle plus restreint, quoique fortement imprégé d’humanité occulte.

Ce sont les personnages d’une vie. Et ironiquement, on s’aperçoit qu’en termes de relations humaines, les choses n’ont pas vraiment changé entres les années 60, 70… et aujourd’hui. Les voies de l’individu sont impénétrables, mais de temps en temps, elles se laissent pourtant amadouer. Un second long métrage moins abouti que le premier, mais tout de même effectivement édifiant.

Sortie :  vendredi  24 mars 2017
V.o. :  anglais

Genre :  CHRONIQUE – Origine :  Grande-Bretagne  –  Année :  2016 – Durée :  1 h 48  – Réal. :  Ritesh Batra – Int. : Jim Broadbent, Harriet Wolter, Charlotte Rampling, Billy Howle, Freya Mavor, Joe Alwyn, Michelle Dockery – Dist./Contact :  Entract Films.

Horaires
@  Cineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Séquences_Web

Tuktuq

RÉSUMÉ SUCCINCT
Caméraman à la télévision communautaire et grand amateur de chasse, Martin Brodeur est recruté par le parti au pouvoir afin d’aller tourner des images au Nunavik. Séparé temporairement de sa femme, le technicien voit dans ce séjour une occasion de se ressourcer, ainsi que de faire ses preuves professionnellement.

CRITIQUE
★★★ ½  |
Texte : Pierre Pageau

TERRITOIRES EXPLORÉS

Pour la majorité des Québécois, probablement aussi pour Robin Aubert, le peuple Inuit demeure un grand inconnu ; ils ne sont que des images. Avec Tuktuk, le cinéaste questionne ces  images, ces clichés, parce que Tuktuk est aussi un film sur le cinéma, sur le regard. En effet à partir du moment où un sous-ministre donne des instructions à Martin, le personnage principal, sur ce qu’il doit ou ne doit pas filmer des Inuit, le spectateur se questionne systématiquement à son tour sur ces images. 

Qui regarde ? Pourquoi ? Ce faisant, Robin Aubert place le spectateur dans une situation où il doit exercer un esprit critique sur ce qu’on lui montre. Travail pédagogique que tout film devrait faire. Surtout que cet univers particuleir, il y a eu tellement de belles cartes postales ou, au contraire, tellement d’images difficiles à regarder. De telles images, nous les avons vues, par exemple, dans le récent Iqaluit de Benoît Pilon ; mais Robin Aubert va plus loin en les interrogeant.

Tuktuq

Qui regarde ? Pourquoi ? Ce faisant, Robin Aubert
place le spectateur dans une situation où il doit
exercer un esprit critique sur ce qu’on lui montre.

Tuktuk, un titre original et, surtout, énigmatique. On apprend à la cinquantième minute que Tuktuk en langue inuktitut veut dire « caribou ». Ce qui nous donne une scène de dépeçage qui n’est pas sans nous rappeler la vision de Pierre Perrault dans La bête lumineuse. L’aspect abscons du titre correspond bien aux objectifs du cinéaste, comme c’est le cas dans la plupart de ses films : nous surprendre. Cette fois-ci il s’attaque à un geste de génocide posé contre une communauté Inuit.

Robin Aubert, on le sait, est aussi bien grand comédien que grand réalisateur ; ici il fait ce double travail. Il joue le rôle de Martin, caméraman de «show de cuisine» (bien qu’il puisse citer Kurosawa, une petite contradiction ?) que l’on envoie sur la Côte-Nord pour filmer. Il y va parce qu’un sous-ministre, qui sera le «méchant» du film, a besoin de lui ; on reconnaît facilement la voix de Robert Morin, en voix-off. On peut alors se souvenir que Morin, en tant qu’acteur, avait joué le rôle d’un méchant dans Journal d’un coopérant. Sans oublier son intérêt marqué pour nos communautés autochtones qui s’exprime dans 3 histoires d’indiens. Pour ces raisons et sa conception bien unique d’un tournage, Morin est ici un véritable complice dans cette aventure.

Je veux que les Inuit soient libres de nouveauCe sous-ministre veut avoir des images pour prouver que l’on peut déplacer toute la population du village pour permettre ensuite des forages. Ce schéma peut nous rappeler celui de Saints-Martyrs-des-Damnés dans lequel un éditeur envoyait dans un lieu « spécial » un journaliste pour enquêter. Le dialogue entre ce manipulateur et un «innocent» (au point de départ) peut aussi nous rappeler que ce film porte sur la question fondamentale des liens qui peuvent, ou doivent, se tisser entre des individus et entre des peuples. D’ailleurs, à la fin du film, le méchant fonctionnaire de l’État nous semble plus conciliant alors qu’il confronte Martin avec sa nouvelle prise de conscience ; lui aussi a eu des rêves.

Lorsque l’ex de Martin lui fait parvenir un ouvrage : Je veux que les Inuit soient libres de nouveau : Autobiographie (1914-1993), de Taamusi Qumaq, Martin va prendre davantage conscience qu’il n’est plus qu’un jouet aux mains d’un gouvernement qui veut déposséder un peuple de son territoire.  Cela va donner quelques moments un peu prêchi-prêcha bien cohérents, suivis d’une prise de conscience de Martin, mais qui, néanmoins, pèse un peu sur la narration. Cet aspect manifeste du film est cependant cohérent avec la volonté de Martin de laisser à son fils une vision différente du monde et des autres. Il faut apprendre à mieux connaître les autres, surtout s’ils sont différents de nous.  Cette description du film ne dit rien du travail sonore exceptionnel, qui contribue à créer une atmosphère cosmique aux images des paysages du Nord ; le rôle du vent est capital de ce point de vue. Mais aussi les sons naturels, sans oublier la création musicale de René Lussier.

Bientôt Robin Aubert risque de nous surprendre encore davantage avec ce que sera son cinquième long métrage, un film de zombies, Les affamés.

Sortie :  vendredi  24 mars 2017
V.o. :  français, inuktitut
Sous-titres : français

Tuktuq

Genre :  CHRONIQUE SOCIOPOLITIQUE – Origine :  Canada [Québec]  –  Année :  2016 – Durée :  1 h 33  – Réal. :  Robin Aubert – Int. : Robin Aubert, Robert Morin, Brigitte Poupart – Dist./Contact :  K-Films Amérique.

Horaires
@
  Cinéma Beaubien

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Séquences_Web

Wilson

RÉSUMÉ SUCCINCT
Socialement mésadapté, Wilson vit avec son chien, son seul véritable ami. Apprenant que son père est mourant, il retourne dans sa ville natale pour être à son chevet et tente en vain de renouer avec de vieilles connaissances. Le décès de son père réveille chez Wilson un désir d’accéder à une vie sociale plus normale, mais surtout de revoir son ex-femme, Pippi, qui l’a quitté dix-sept ans plus tôt après s’être fait avorter.

EN QUELQUES MOTS
★★
Texte : Pascal Grenier

Après Ghost World, le nouveau film de Craig Johnson, Wilson, est aussi une adaptation à l’écran d’une bande dessinée de Daniel Clowes. Cependant, on est loin de la réussite du film de Terry Zwigoff de 2001. Le thème de l’aliénation urbaine y est à nouveau abordé, mais le mélange de comédie noire et d’éléments dramatiques passe difficilement à l’écran.

Wilson

Le choix de Woody Harrelson pour incarner le personnage-titre est pourtant bien senti. Ce dernier incarne habilement ce rôle de mésadapté social d’âge mûr qui vit avec son chien. Après la mort de son père et le départ de son seul ami, il va chercher à briser sa solitude en retournant dans sa ville natale et se raccrocher au passé. Dans le premier tiers du film, le récit arrive à bien décrire le malaise que suscite ce personnage misanthrope et malhabile dans ses relations avec autrui. En revanche, lorsque Wilson découvre qu’il a eu une fille donnée en adoption, c’est à ce moment que le film dérape et perd de son charme.

S’ensuit une série de vignettes tantôt embarrassantes, tantôt saugrenues, où l’humour cède peu à peu le pas au drame. Par ailleurs, le film est platement mis en scène par Craig Johnson (The Skeleton Twins) et le rythme tient difficilement la route.

Sortie :  vendredi  24 mars 2017
V.o. :  anglais

Genre :  COMÉDIE DRAMATIQUE – Origine :  États-Unis  –  Année :  2016 – Durée :  1 h 34  – Réal. :  Craig Johnson – Int. : Woody Harrelson, Laura Dern, Judy Greer, Cheryl Hines, David Warshofsky, Isabella Amara – Dist./Contact :  Fox Searchlight.

Horaires
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

MISE AUX POINTS
★★★★★  Exceptionnel★★★★  Très Bon★★★  Bon★★  Moyen★  Mauvais½  [Entre-deux-cotes]  –  LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

Séquences_Web

2017 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.