En salle

The Death of Stalin

22 mars 2018

| PRIMEUR |
Semaine du 23 au 29 mars 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Russie, 1953. Après plus de 30 ans de carrière à la tête de l’URSS, le dictateur Joseph Stalin décède d’une attaque cérébrale. Bien loin de pleurer leur dirigeant, ses généraux et ses ministres se querellent déjà pour savoir qui prendra la barre de leur pays.

CRITIQUE
Charles-Henri Ramond

★★  ½

FAUTE D’HUMOUR

Étonnamment, les satires politiques sont excessivement rares. À contre-courant du flot de drames personnels, d’épopées héroïques ou de comédies romantiques, ce Death of Stalin d’Armando Iannucci vient à point nommé singer le côté bestial de l’être humain, n’y allant pas de main morte pour moquer les pires défauts du régime communiste, cristallisés ici dans les quelques jours de chaos qui suivirent la mort de Staline en mars 1953. D’aucuns trouveront dans cette farce une grande satisfaction, d’autres resteront stoïques. Ce qui a été notre cas.

Bref, certains diront qu’il s’agit d’une vision fidèle
de ce qui a sans doute été l’un des  moments
les plus horribles de l’Histoire récente de l’humanité.

Feu roulant de blagues triviales, comique de situation omniprésent, regard acide sur le pouvoir et l’ambition de nos dirigeants, Iannucci et ses collègues s’en donnent à cœur joie. Leurs personnages sont des salopards doublés de meurtriers… possèdent un sens de l’humour assez douteux et n’ont pour seule raison d’être que d’enfoncer l’autre afin de sauver sa peau. Bref, certains diront qu’il s’agit d’une vision fidèle de ce qui a sans doute été l’un des moments les plus horribles de l’Histoire récente de l’humanité.

Certes, le rythme ne faiblit pas en dépit d’une théâtralité marquée. Certes également, les références aux Monthy Python ou Mel Brooks arrachent bien quelques sourires. Et force est d’admettre que les comédiens cabotinent tous avec ferveur. Cependant, l’apathie et l’indifférence ne tardent pas à s’installer et restent tout au long du visionnement. Est-ce la distance entre les cultures, l’incompréhension du fort accent anglais ou tout simplement l’absence de repères historiques suffisants? Nul ne sait. Toujours est-il que notre appréciation s’éloigne assez largement des cinq étoiles accordées par une presse dithyrambique, principalement anglaise et américaine.

Comme si, alors que les relations entre l’Occident et la Russie se tendent, moquer « les rouges » devenait en soi une source de satisfaction ultime, quels qu’en soient le but, la forme ou le propos. Plus prosaïquement, avouons que l’alchimie entre les différents styles (comédie pure, drame, satire) n’opère jamais à son plein potentiel. Les ruptures de ton incessantes donnent à ces blagues potaches la sensation d’avoir été plaquées sur un fond de chronique d’une période sombre, par ailleurs beaucoup plus complexe et insaisissable que ce que veut bien nous laisser entrevoir le récit.

Sortie : vendredi 23 mars
V.o. : anglais ; s.-t.f.
La mort de Staline

Réalisation
Armando Iannucci

Genre : Comédie satirique Origine : Grande-Bretagne / France / Belgique – Année : 2017 – Durée : 1 h 47 – Dist. : Entract Films.

Horaires & info.
@ Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
(Langage vulgaire)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [Entre-deux-cotes]

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