En salle à Montréal

A Wrinkle in Time

8 mars 2018

 Semaine du 9 au 15 mars 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Suite à la disparition d’un célèbre scientifique, trois étranges créatures envoient la jeune Meg, sa fille, ainsi que son frère et son amie, dans un voyage spatial afin de la retrouver.

CRITIQUE
| PRIMEUR |

André Caron

DU BONBON ET DES CHANSONS

Si vous prenez un gâteau trois couleurs et que vous ajoutez du sirop d’érable, du chocolat fondant, de la mélasse et de la confiture aux fraises, vous aurez une bonne idée de la sensation indigeste que provoque le visionnement de cette boursouflure visuelle, un véritable trip d’acide pour les enfants. Le scénario réduit considérablement la complexité du roman original de Madeleine L’Engle, publié en 1962, pour se concentrer sur le tourisme interplanétaire entrepris par Meg (13 ans) et Charles Wallace (6 ans), les enfants d’un physicien disparu il y a quatre ans, accompagnés par un copain de Meg, Calvin. Le trio est guidé par trois femmes extraterrestres, mais on ne le saurait jamais tellement elles ont plutôt l’air de sortir tout droit d’un conte de fées. Tout ce beau monde est capable de plier l’espace-temps et d’atteindre d’autres mondes qui, bien sûr, souffrent d’anthropocentrisme et d’anthropomorphisme, l’apanage de la science-fiction au cinéma et à la télévision depuis les années 1950.

Mais s’agit-il vraiment de science-fiction ou de fantaisie pure ? Dans le rôle du savant qui s’est perdu dans l’espace, Chris Pine a connu des voyages plus vivifiants dans les deux récents Star Trek que dans ce film. Mais lui et Gugu Mbatha-Raw, qui interprète sa femme, jouent au moins sur la même longueur d’onde, alors que les enfants-vedettes peinent à nous convaincre du péril qu’ils affrontent, occupés qu’ils sont à réagir devant des écrans verts sur lesquels les images numériques viendront s’insérer plus tard.

Je crois bien qu’il aurait d’abord fallu payer les
scénaristes plus cher et les faire travailler plus fort.

Même si elle essaie de nous en mettre plein la vue, la réalisatrice Ava DuVernay (Selma), formée à la télé, recycle des idées visuelles mieux rendues ailleurs (comme dans Avatar, Alice in Wonderland ou même ce bon vieux Time Bandits de Terry Gilliam) et elle nous assomme avec de la musique et des chansons sirupeuses qui amplifient des émotions que les acteurs ne parviennent pas à jouer. L’ensemble croule sous les bons sentiments (aimer vous les uns les autres avec câlins, accolades, bisous, encore des accolades, d’autres câlins) et des dialogues déblatérant un jargon pseudo-scientifique des plus soporifiques. À tout le moins, vous pourrez savoir quels types d’images numériques un budget de cent millions de dollars peuvent acheter. Je crois bien qu’il aurait d’abord fallu payer les scénaristes plus cher et les faire travailler plus fort.

Sortie : vendredi 9 mars
V.o. : anglais / Version française
Un raccourci dans le temps

Réalisation
Ava DuVernay

Genre : Conte fantastique – Origine : États-Unis – Année : 2018 – Durée : 1 h 49 – Dist. : Buena Vista.

Horaires & info.
@ Cineplex

Classement
Tout public

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. O Nul. ½ [Entre-deux-cotes]

2018 © SÉQUENCES - La revue de cinéma - Tous droits réservés.