En salle

Le Labyrinthe du silence

16 octobre 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT

En 1958, le procureur allemand Johann Radmann, membre du parquet de Francfort, découvre la liste d’une quinzaine de nazis ayant servi à Auschwitz. Avec l’approbation de son supérieur, il ouvre une enquête sur les crimes qui ont eu lieu dans ce camp de concentration.

The Labyrinth of Lies

UNE QUÊTE TROP BALISÉE

Luc Chaput
CRITIQUE
★★★

Johann Radmann, un jeune procureur, réussit à avoir accès aux dossiers de l’administration nazie gardés dans les archives de l’armée américaine en Allemagne. Dans ce dédale d’étagères remplies à ras bord de fiches, photos et autres documents, il prend conscience de la tâche qui lui incombe.

Après les procès de Nuremberg des années 40 qui condamnèrent surtout des grands dirigeants nazis, un modus vivendi allemand évitait qu’on poursuive les sous-fifres car cela aurait créé une atmosphère de suspicion : tous coupables. C’est dans ce contexte que se déroule, à la fin des années 50, le travail de certains journalistes et de procureurs de l’administration du land de Hesse à Francfort. La plupart des Allemands ne connaissent donc pas l’existence des camps de concentration et d’extermination qu’ils prennent pour des camps de prisonniers ou même de vacances! Le film Nuit et brouillard (1955) de Resnais n’a pas encore connu une grande diffusion. On en voit plus tard l’impact auprès de certains étudiants dans les Années de plomb (Die bleierne Zeit) de Margarethe Von Trotta. Si ce contexte historique est relativement bien montré dans les échanges entre certains personnages, le scénario d’ Elisabeth Bartel et Giulio Ricciarelli reprend trop directement la structure en trois actes cher à Syd Field. On perçoit même les coutures dans cette quête de ce jeune procureur, désarçonné par certaines de ses découvertes.

La mise en scène de Ricciarelli se surpasse quelquefois. Ainsi, l’accumulation des témoignages des rescapés des camps de la mort ébranle la secrétaire quadragénaire de ces juristes. Le montage et l’utilisation d’une musique à caractère funèbre sont alors bien dosés. L’impact des procès de 1963-65 n’est pas assez souligné dans l’épilogue, ne serait-ce que par des extraits d’archives. On doit donc regretter que le film, dédié à la mémoire de l’acteur Gert Voss magistral dans le rôle du mentor Bauer, ne soit pas à la hauteur de son sujet, comme le furent récemment Phoenix ou La Vie des autres (Das Leben der Anderen).

Sortie : vendredi 16 octobre 2015
Version originale : allemand
S.-t.a. / S.-t.f. < Labyrinth of Lies / Im Labyrinth des Schweigens

Genre : Chronique historique – Origine : Allemagne – Année : 2014 – Durée : 2 h 03 – Réal. : Giulio Ricciarelli – Int. : Alexander Fehling, André Szymanski, Friederike Becht, Johannes Krisch, Hansi Jochmann, Johann von Bülow – Dist. / Contact : Métropole.
HorairesCineplex

CLASSEMENT
GÉNÉRAL

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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