En salle à Montréal

Black Mass

16 septembre 2015

RÉSUMÉ SUCCINCT
En 1975, Jimmy « Whitey » Bulger, le gangster irlandais le plus redoutable de Boston, règne sur les quartiers du sud de la ville et sème la terreur parmi les propriétaires des restaurants et des bars. Intouchable, il peut compter sur la complicité silencieuse et efficace de son frère, Bill Bulger, un homme politique influent.

Black Mass

LE FROID DANS LE DOS

Élie Castiel
CRITIQUE
★★★★

Comédien dans plus d’une dizaine de productions, Scott Cooper tourne un premier long métrage plutôt réussi en 2009, Crazy Heart. En 2013, il récidive avec un peu moins de chance avec Out of the Furnace, mais revient en force avec Black Mass, inspiré de l’histoire véridique du célèbre gangster bostonien,Whitey Bulger, frère d’un sénateur de l’État du Massachussetts.

Qu’importe si nous savons peu sur chacun des  personnages,
qu’ils soient principaux ou secondaires,  qu’importe aussi
si la caméra se concentre sur le personnage de Depp.  Comment
ne pas souligner le caractère caméléon de  cet acteur aux mille
visages  qui, dans ce cas-ci, se donne entièrement à son art.

Compte tenu que le récit s’entame au milieu des années 70, il n’est pas surprenant que certains critiques convoqueront l’esprit scorsesien et réduiront le travail de Cooper à de la pure imitation. Au contraire, Scott assume son originalité avec une profonde sincérité et une énergie farouche. Il réussit à crééer une atmosphère glauque et troublante, oscillant entre les présages néfastes de la vie et de la mort. Et il se permet même d’imprégner le film d’un humour, certes noir, mais qui permet au spectateur de respirer un peu devant la violence de certaines situations et le climat d’ensemble malsain.

Car il est primordial de souligner que le film de Scott Cooper respecte un des codes fondamentaux du cinéma comme médium voyeur, manipulateur et sensationnaliste. Et tant mieux ! Comme film de genre, Black Mass s’avère l’un des films des plus originaux de ce début de la saison. L’interprétation monolithique de Johnny Depp lui confère justement une aura de personnage mythique, hors du commun. Mais ce qui compte avant tout dans cette étude d’un milieu particulier, c’est avant tout l’excellent casting. Qu’importe si nous savons peu sur chacun des personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, qu’importe aussi si la caméra se concentre sur le personnage de Depp. Comment ne pas souligner le caractère caméléon de cet acteur aux mille visages qui, dans ce cas-ci, se donne entièrement à son art.

Ce parti pris est intentionnel, fonctionne à merveille et rend le film aussi puissant qu’il ne l’est. Mais Black Mass est avant tout un film sur le cinéma, sur le pouvoir qu’il se permet de s’octroyer en transformant les marginaux en héros mythiques. Car dans tout acte de la représentation, les meilleurs récits portent sur des personnages d’inadaptés, pour la simple raison qu’ils ont plus de choses à raconter. Le cinéma peut se permettre de le faire et Scott Cooper réussit avec une authentique et troublante détermination.

revuesequences.org

Sortie : vendredi 18 septembre 2015
Version originale  :  anglais
Version française > Messe noire

Genre : Chronique policière – Origine : États-Unis – Année : 2015 – Durée : 2 h 02 – Réal. : Scott Cooper – Int. : Johnny Depp, Joel Edgerton, Benedict Cumberbatch, Peter Sarsgaard, Kevin Bacon, Jesse Plemons – Dist. / Contact : Warner.
Horaires : @ Cineplex

CLASSIFICATION
Interdit aux moins de 13 ans
(Violence / Langage vulgaire)

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. Mauvais. ½ [ Entre-deux-cotes ] – LES COTES REFLÈTENT UNIQUEMENT L’AVIS DES SIGNATAIRES.

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