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Top 2019 – Maxime Labrecque

4 janvier 2020

Little Women (Greta Gerwig)
Nul besoin de connaître l’original, car le film de Gerwig s’autosuffit largement. Il s’agit d’une œuvre où la linéarité traditionnelle du récit s’égare au profit d’un montage qui repose sur des liens émotionnels et non de cause à effet. On plonge en pleine confiance dans cet univers qu’on souhaiterait ne jamais quitter.

Mad Dog Labine (Jonathan Beaulieu Cyr et Renaud Lessard)
Pour leur premier long métrage, les réalisateurs ont osé le mélange des genres en proposant un docufiction hautement savoureux, au cœur du Pontiac. Le talent des deux jeunes comédiennes contribue au succès de ce film qui commente avec humour et profondeur la vie dans une région parfois oubliée du Québec.

Booksmart (Olivia Wilde)
Pour son premier long métrage, Olivia Wilde propose une comédie réflexive à la fois irrévérencieuse et authentique qui joue avec les codes des films pour ados de manière assumée et renouvelée. Une comédie brillante qui regorge de trouvailles audacieuses et de dialogues mordants.

Honeyland (Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov)
Quel documentaire fascinant ! Le film dépasse la simple étude de cas pour proposer un microcosme de la société. Le portrait qui est dressé de cette femme forte est absolument marquant et touchant. Il s’agit, hors de tout doute, d’un exemple de résilience hors du commun, présenté dans une œuvre à la fois intime et grandiose

The Twentieth Century (Matthew Rankin)
Pour ce premier long métrage, Rankin s’amuse à gentiment subvertir l’épopée des plus brillants exploits et les fleurons glorieux de l’hymne national. Chez le réalisateur manitobain, chaque scène devient un tableau enivrant qui frappe l’imaginaire. Car au-delà du sujet, c’est véritablement son style qui se démarque, de même que son humour.

Parasite (Bong Joon-ho)
Même si le fait d’inclure la Palme d’or dans son palmarès peut sembler convenu, ici c’est amplement mérité. Une œuvre menée de main de maître; une histoire enlevante de laquelle on ne décroche jamais ; un commentaire acerbe sur les classes sociales; un titre qui veut tout dire.

Marriage Story (Noah Baumbach)
Se montrant digne de sa douce moitié, Noah Baumbach propose une œuvre à la hauteur de son talent pour dépeindre les relations familiales troubles. La courbe dramatique ne sombre pas dans la mièvrerie ou dans la facilité; au contraire, le film capte avec justesse les émotions contradictoires et parfois erratiques qui résultent d’un divorce.

Portrait de la jeune fille en feu (Céline Sciamma)
Je ne pensais pas un jour revivre l’intensité de La leçon de piano, mais le film de Céline Sciamma conjugue d’une manière tout aussi forte l’attirance, l’art et la puissance de la mer. Une œuvre vigoureuse et tendre tout à la fois, qui laisse des images marquantes dans l’esprit du spectateur.

Douleur et Gloire (Pedro Almodóvar)
Cette oeuvre met en scène un personnage qui a apparemment tout, mais qui souffre terriblement jusqu’à ce que la création le ramène à la vie. Portée à bout de bras par Antonio Banderas en pleine forme, Douleur et Gloire demeure une œuvre profondément honnête, voire réflexive, qui ne cherche pas le scandale, mais qui trouve réconfort dans la douceur.

Note : Je n’ai pas encore vu Uncut Gems, Les misérables, Atlantique et A Hidden Life. Mention spéciale à La femme de mon frère, The Irishman, Ad Astra et à Midsommar.

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