En salle à Montréal

The Souvenir

6 juin 2019

PRIMEUR
| Semaine 23 |

Du 7 au 13 juin 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
Une étudiante en cinéma timide mais ambitieuse commence à trouver sa voix d’artiste tout en naviguant dans une cour turbulente avec un homme charismatique mais indigne de confiance.

< Critique >
Anne-Christine Loranger

★★★

LE CHARME NAÏF DE L’ARISTOCRATIE

Durant les années 1980, Joanna Hogg était étudiante en cinéma. Caprices, son film de fin d’études, mettait en scène une jeune actrice inconnue qui avait pour nom Tilda Swinton. Quarante ans plus tard, c’est Honor, la fille de Swinton, qui tient le rôle inspiré par la vie personnelle de Joanna Hogg, ses déambulations pour trouver sa voix en tant que cinéaste et ses relations intenses avec Anthony, sorte de mystérieux dandy qui, malgré une relation destructive, lui permettra de se trouver elle-même en tant que femme et qu’artiste.

Il faut du temps pour entrer dans The Souvenir. L’approche est longue car le regard se fatigue au début à observer cette jeune fille de bonne famille, gauche et naïve, entrer à pas timides dans une relation avec un homme infiniment plus complexe et troublé qu’elle. Et pourtant, sans qu’on comprenne trop comment, la magie opère et la fascination de Julie pour Anthony, son emprise de plus en plus certaine sur elle, ainsi que ses tourments de cinéaste, nous provoquent et nous stimulent à la fois. À l’heure des #MeToo et des TimesUp, il est fascinant d’observer le regard d’une femme sur le chemin qu’elle a elle-même parcouru.

Finalement, comme cerise sur un chouette sundae, il y a Tilda Swinton qui tient le rôle de la bonne maman anglaise de Julie, attifée à la Margaret Thatcher, protectrice et bien élevée.

Joanna Hogg prend avec ce film un risque énorme, celui de nous ennuyer. Ce serait le cas si ce n’était de l’exquise cinématographie de David Raedeker, des décors de Stéphane Collonge et des costumes de Grace Snell, lesquels ont fort bien réussi à recréer l’ambiance étudiante contestatrice de ces années. Surtout, il y a le charme énigmatique de Tom Burke dans le rôle d’Anthony. Plus subtile est la transformation qui s’opère au sein du personnage de Julie interprété par Honor Swinton Byrne, qui émerge de sa chrysalide et commence à laisser tranquillement radier sa lumière. Finalement, comme cerise sur un chouette sundae, il y a Tilda Swinton qui tient le rôle de la bonne maman anglaise de Julie, attifée à la Margaret Thatcher, protectrice et bien élevée.

Not bad, disent les Anglais quand ils jugent que c’est excellent. Pas mal, en effet.

FICHE TECHNIQUE
Sortie
Vendredi 7 juin 2019

Réal.
Johanna Hogg

Genre(s)
Drame romantique

Origine(s)
Grande-Bretagne

États-Unis

Année : 2018 – Durée : 2 h

Langue(s)
V.o. : anglais
The Souvenir

Dist. @
Métropole Films

En salle(s) @
Cinéma du Parc

Classement
Tous publics
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.  Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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