En salle

The White Crow

16 mai 2019

| PRIMEUR |
Semaine 20
Du 17 au 23 mai 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
Jeune prodige du célèbre ballet du Kirov, Rudolf Noureev est à Paris en juin 1961 pour se produire sur la scène de l’Opéra. Fasciné par les folles nuits parisiennes et par la vie artistique et culturelle de la capitale, il se lie d’amitié avec Clara Saint, jeune femme introduite dans les milieux huppés. Mais les hommes du KGB chargés de le surveiller ne voient pas d’un bon oeil ses fréquentations « occidentales » et le rappellent à l’ordre.

< CRITIQUE >
Yves Laberge
★★★★ ½

EN LIBERTÉ SURVEILLÉE

Cette seconde biographie filmée sur la vie de Rudolf Noureev (1938-1993) s’ajoute à des documentaires et des ballets filmés réédités en DVD (en anglais, on orthographie son nom «Nureyev»). À 24 ans, Noureev avait déjà révolutionné la danse classique par son talent, son audace, son androgynie, sa détermination et son énergie.

Centré sur la première visite du futur chorégraphe à Paris, en 1961, le scénario de David Hare donne la juste part entre la danse et la vie privée de l’artiste soviétique en faisant valoir son culte de la beauté, tout en évitant l’idéalisation d’un personnage pouvant devenir égoïste, égocentriste et parfois cassant. Les scènes de ballet feront aimer la danse classique aux néophytes et montrent la nécessité du travail acharné pour réussir. En toile de fond, on revit les obsessions et la paranoïa propres à la Guerre froide mais aussi la sensation exaltante pour un jeune Soviétique de découvrir la magnificence de la vie parisienne. Oleg Ivenko personnifie merveilleusement Noureev, et le réalisateur Ralph Fiennes joue une interprétation judicieusement sobre du professeur de danse du jeune danseur.

On reprochera aux producteurs le choix du titre du film et quelques plans trop brefs dans certaines séquences, comme durant les répétitions, ou lors de la naissance du danseur – survenue inopinément dans un wagon du transsibérien! De plus, plusieurs scènes se déroulant dans le Paris des années 1960 manquent de réalisme et auraient dû être tournées directement en français, et non en anglais. Autre anachronisme: dans une séquence se déroulant au bureau de la police de l’Aéroport du Bourget, on aperçoit au mur une carte de l’Europe en anglais, alors qu’à cette époque en France, il était inconcevable que l’on trouve une carte autre qu’en français.

Les teintes des décors et la pureté des éclairages sont particulièrement réussies, tout comme le choix de la musique. The White Crow restera assurément le plus beau film britannique de cette année. Fort heureusement, il est projeté au Québec dans une version avec sous-titres français. Pour profiter de cette expérience cinématographique, il est préférable, au préalable, de ne rien lire sur ce film ou sur Noureev.

En toile de fond, on revit les obsessions et la paranoïa propres à la Guerre froide mais aussi la sensation exaltante pour un jeune Soviétique de découvrir la magnificence de la vie parisienne.

 FICHE TECHNIQUE
Sortie
Vendredi 17 mai 2019

Réal.
Ralph Fiennes

Origine(s)
Grande-Bretagne

France

Année : 2019 – Durée : 2 h 07

Langue(s)
V.o. : anglais, russe / s.-t.a. & s.-t.f.

Noureev
Nureyev. Belyy voron

Genre(s)
Drame biographique

Dist. @
Métropole Films

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cinéma Beaubien
Cinéma du Parc
Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.   Mauvais. 0 Nul.
½ [Entre-deux-cotes]

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