En salle à Montréal

Aladdin

23 mai 2019

| PRIMEUR |
Semaine 21
Du 24 au 30 mai 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
Le charmant et très attachant voleur Aladdin, la courageuse princesse Jasmine qui veut être maîtresse de son destin et le génie qui pourrait bien être la clé de leur avenir connaissent des aventures rocambolesques.

< CRITIQUE >
Luc Chaput
★★ ½

LES HABITS TROP GRANDS DU PRINCE

Un jeune voleur croise une jeune femme dans un marché et en tombe amoureux. Poursuivi par les sbires du calife, il réussit à s’échapper en espérant la revoir. Cette fiction, tirée des Contes des Mille et une Nuits1, a déjà fait l’objet de nombreuses adaptations cinématographiques et a inspiré The Thief of Bagdad, film majeur de Douglas Fairbanks mis en scène par Raoul Walsh (1924) et qui garde encore aujourd’hui sa belle aura.

Le réalisateur Guy Ritchie et son scénariste John August recalibrent un peu avec des acteurs et de multiples effets numériques le dessin animé de John Musker et Ron Clements sorti en 1992 et mettant en vedette dans le rôle du Génie l’improvisation diabolique de Robin Williams. En plaçant, de manière plus réaliste, dans un lieu moyen-oriental d’il y a quelques siècles, cette aventure, Ritchie et son équipe s’obligent donc à mener tambour battant les poursuites dans un environnement restreint. Les acteurs jouant Aladdin et Jasmine ainsi que l’interprète de Jafar, l’Iznogood de vizir ou de la servante et amie de Jasmine ont une apparence plus politiquement correcte après les débordements arabophobes du cinéma américain.

Dans le rôle du Génie, Will Smith est plus à l’aise lorsqu’il prend une forme plus humaine et montre qu’il peut être intimidé par une femme qui l’intéresse tout en étant doué de bagout lors des réceptions. Pourquoi avoir persisté à faire du Génie dans sa gigantesque version un personnage bleu alors que les effets spéciaux ne sont pas toujours à niveau et permettent ainsi un décrochage du spectateur?

La progression de l’intrigue est un décalque du dessin animé mais rajoute plus d’une demi-heure à la durée. Un singe ami d’un tapis volant et un perroquet espion pimentent de-ci delà les manœuvres. L’entrée à Agrabah d’Aladdin, devenu par magie prince, concurrence, par ses débordements sérieusement et vainement, l’entrée de Cleopatra (Elizabeth Taylor) à Rome dans le film de Joseph Mankiewicz. Cette reprise d’un grand succès animé permettra assurément à Disney d’engranger de nouveaux profits dans des marchés offusqués hier par la représentation de leurs cultures mais laisse un goût d’inutile déjà-vu.

Pourquoi avoir persisté à faire du Génie dans sa gigantesque version un personnage bleu alors que les effets spéciaux ne sont pas toujours à niveau et permettent ainsi un décrochage du spectateur?

1 Ces Contes sont connus en Occident au début du XVIIIe siècle par la traduction et l’adaptation du Français Antoine Galland auquel l’Alépin Antun Yusuf Hanna Diyab apporta une contribution maintenant mieux reconnue.

FICHE TECHNIQUE
Sortie
Vendredi 24 mai 2019

Réal.
Guy Ritchie

Origine(s)
États-Unis

Année : 2019 – Durée : 2 h 08

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française

Aladdin

Genre(s)
Conte

Dist. @
Buena Vista Canada

Classement
Tous publics

En salle(s) @
Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.  Mauvais. 0 Nul.
½ [Entre-deux-cotes]

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