En salle à Montréal

Mad Dog Labine

4 avril 2019

Semaine 14
Du 5 au 11 avril 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
À Pontiac, dans l’Outaouais, le pays des lacs et des rivières, loin de la grande ville. Lindsay, à la moue insolente, laissée à elle-même alors que son père est parti à la chasse, et son amie Justine, enfant de hippies qui gagnent miraculeusement à la loterie. Un portrait sincère et vivant, sans misérabilisme, seulement de la tendresse.

PRIMEUR
| CRITIQUE |
Sophie Leclair-Tremblay

★★★ ½

LE RÉCONFORT DE LA MARGINALITÉ

Mad Dog Labine, film né d’une collaboration entre les réalisateurs Jonathan Beaulieu-Cyr et Renaud Lessard, explore la région de Pontiac et ses divers habitants sous une forme cinématographique audacieuse, celle du docufiction. Alors que la caméra interroge un jeune garçon qui parle de la région en mentionnant certaines particularités ou impressions, ces scènes résonnent avec l’intégralité d’une oeuvre dont la maîtrise du langage visuel permet le mélange fin et nuancé de documentaire et de fiction.

Le spectateur suit les aventures de Lindsay ‘’Mad Dog’’ Labine (interprétée avec candeur par une jeune actrice non-professionnelle, Ève-Marie Martin), une adolescente qui cherche à repousser, l’air buté, l’attitude rébarbative. Toutefois, une forme de passion se dégage de sa façon d’être, sa façon d’exister dans cette région éloignée, ce petit univers qu’elle semble être la seule à vouloir pour avenir.

Et la langue principale des personnages de Mad Dog Labine, le joual, apporte un parfum de nostalgie aux péripéties et aux interactions des personnages, la musique ou la radio servant à exprimer l’âme de la région. Que dire de cette émission de radio nocturne où une voix lasse s’adresse avec poésie aux citoyens de Pontiac pour parler de chasse, activité magistrale et symbolique pour eux?

Elle se débrouille seule, roulant à trottinette ou sur un engin à roues quelconque à travers les chemins campagnards de Pontiac. Lindsay est accompagnée de son amie Justine, surnom pour Justice, au sein de ses aventures. Justine désire faire un voyage humanitaire et possède un caractère plus sensé et réfléchi que Lindsay, et sa façon de s’exprimer apporte un équilibre brillant à ce duo provenant d’un monde à la fois lucide et excentrique.

Elles ont le grand projet de parvenir à mettre la main sur les dix mille dollars qu’elles ont remporté avec un billet de loterie, situation compliquée par le fait qu’elles soient toutes les deux loin d’avoir l’âge légal. Les deux personnages et leur grande aventure prend la forme d’une proposition loufoque et on ne peut plus charmante. Elle n’est pas sans rappeler la complexité et l’absurdité de l’univers de Réjean Ducharme, tout en contradictions, éclatant au passage la langue française.

Et la langue principale des personnages de Mad Dog Labine, le joual, apporte un parfum de nostalgie aux péripéties et aux interactions des personnages, la musique ou la radio servant à exprimer l’âme de la région. Que dire de cette émission de radio nocturne où une voix lasse s’adresse avec poésie aux citoyens de Pontiac pour parler de chasse, activité magistrale et symbolique pour eux?

FICHE TECHNIQUE

Sortie
Vendredi 5 avril 2019

Réal.
Jonathan Beaulieu-Cyr

Origine(s)
Québec [ Canada ]

Année : 2019 – Durée : 2 h 15

Genre(s)
Docufiction

Langue(s)
V.o. : français / s.-t.a.
Gratteux

Dist. @
Maison 4:3

Classement
Tous publics

Info. @
Cinéma Beaubien
Cinéma Moderne / dès le 6 avril 2019

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.  Mauvais. 0 Nul.
½ [Entre-deux-cotes]

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