En salle à Montréal

Au bout des doigts

21 février 2019

| PRIMEUR |
Semaine 08
Du 22 au 28 février 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans la banlieue difficile où il traîne avec ses amis, Mathieu Malinski doit garder secrète sa passion pour la musique. Ses mauvaises fréquentations et la délinquance pourraient le mener en prison mais Pierre Geitner , le directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique, a d’autres plans pour lui.

CRITIQUE
| Julie Vaillancourt |

★★★

FAIRE SES GAMMES

Les premières images du plus récent film de Ludovic Bernard nous entraînent avec dynamisme dans la gare de Paris, où les airs de piano classique, annexés à la frénésie de la ville, ne sont pas sans rappeler les symphonies urbaines. Pourtant très loin du classique Berlin, symphonie d’une grande ville / Berlin: Die Sinfonie der Grosstadt (1927), de Walter Ruttmann, et autres poèmes audiovisuels des années 20-30 en éloge aux villes, il n’en demeure pas moins que les premières images d’Au bout des doigts fascinent; du fait de leur évocation dynamique de la gare de Paris, de son affluence rythmée au son du jeu de piano de Mathieu Malinski.

Sans conteste, Au bout des doigts se positionne dans une
classe à part au sein de la courte filmographie du réalisateur.

Dès lors, le spectateur comprend la fascination de Pierre Geitner (Lambert Wilson) directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique pour le jeune prodige. Voyou à ses heures, il est incarné avec justesse par Jules Benchetrit qui campe ici son premier grand rôle à l’écran, aux côtés de l’inégalable Kristin Scott Thomas, dans le rôle de La Comtesse, une professeure de piano exigeante et émérite.

Si Ludovic Bernard débute dans le métier en tant que premier assistant pour des réalisateurs de renom, notamment auprès de Luc Besson dans Lucy (2014) et Guillaume Canet dans Les petits mouchoirs (2010), il réalisera par la suite le quelconque Mission Pays Basque (2017), puis L’ascension (2017), une comédie d’aventure, produit par Netflix. Sans conteste, Au bout des doigts se positionne dans une classe à part au sein de la courte filmographie du réalisateur. Bernard démonte qu’il a depuis longtemps fait ses gammes de la grammaire cinématographique. Sans nécessairement passer à l’Histoire, son troisième long métrage présente une maîtrise de la direction d’acteurs et de la direction photo, celle-ci grâce aux soins de l’opérateur Thomas Hardmeier (Yves Saint Laurent, de Jalil Lespert, 2014) qui aboutissent éloquemment à mettre en scène un scénario qui, loin d’être nouveau ou original (citons en ce sens 4 minutes / Vier Minuten, Chris Kraus, 2006, demeure habilement ficelé.

 

FICHE TECHNIQUE

Sortie
Vendredi 22 février 2019

Réal.
Ludovic Bernard

Origine(s)
France

Année : 2018 – Durée : 1 h 45

Genre(s)
Comédie dramatique

Langue(s)
V.o. : français

Au bout des doigts

Dist. @
TVA Films

Classement
Tous publics

Info. @
Cinéma Beaubien
Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.   Mauvais. 0 Nul.
½ [Entre-deux-cotes]

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