En salle

Alita: Battle Angel

14 février 2019

| PRIMEUR |
Semaine 07
Du 15 au 21 février 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
Année 2563. Le monde se divise en deux : la cité céleste de Zalem et, en contrebas, Iron City. C’est là que le Dr Dyson Ido écume les dépotoirs à la recherche de pièces de robots tombés de la ville suspendue. Un jour, il découvre le tronc d’un androïde féminin et entreprend de lui redonner vie en lui greffant des membres robotisés.

Critique
| André Caron |

★★ ½

LE DÉCLIN DE L’EMPIRE HUMAIN

En 1993, après avoir vu Jurassic Park, Stanley Kubrick a entrepris de créer un enfant humain entièrement numérique pour son projet A.I.: Artificial Intelligence, avec l’aide de Dennis Murren, le génie des effets spéciaux d’ILM. Son but était de montrer un humain si photoréaliste à l’écran que personne ne verrait la différence, ce qui aurait servi le propos du film : David deviendrait, aux yeux du public, un vrai petit garçon. Kubrick n’y parviendra pas et c’est Steven Spielberg qui complètera le film après sa mort, avec Haley Joel Osment dans le rôle de l’enfant-robot. Kubrick était 25 ans en avance sur son temps. Son rêve vient de se réaliser dans Alita: Battle Angel.

Sauf que ce n’est pas le propos de cette superproduction de 200 millions de dollars. Tout le monde sait que la performance en « Motion Capture » de Rosa Salazar (Insurgent, CHIPs) se cache derrière cet être numérique, une cyborg super-soldat bien spéciale, la noble élue parmi toutes les unités d’élite de combat, comme l’étymologie de son nom l’indique. Elle ressemble d’ailleurs beaucoup au personnage Max de la série Dark Angel (2000-2002) que personnifiait Jessica Alba, ce qui ne surprend guère puisque James Cameron est impliqué dans les deux projets. Elle a beaucoup d’affinités avec la Major de Ghost in the Shell, ce qui n’est pas étonnant puisqu’Alita se base sur une BD manga. Situé au 26e siècle dans un monde en ruines dominé par une citée dans le ciel, le film recycle bon nombre de concepts et d’idée de dystopies récentes.

Mais surtout, Alita n’est qu’un simulacre d’humain, une machine à la forme féminine séduisante mais injustifiée, dont même le visage est déformé par des yeux disproportionnés. Puisqu’elle est un robot de combat, pourquoi doit-elle revêtir la forme d’une adolescente? Presque tous les humains du film sont aussi des cyborgs ou le deviennent en cours de route. Même Alita change de corps dans la deuxième partie. Le récit lui-même est un simulacre de science-fiction. L’aspect spectaculaire et divertissant de l’entreprise, techniquement solide de Roberto Rodriguez (Sin City), n’est que le simulacre de scènes similaires provenant d’autres films (Rollerball, Mad Max, Ready Player One). Si, dans A.I., la machine s’effaçait derrière l’humain, dans Alita, l’humanité disparaît derrière la machine.

Mais surtout, Alita n’est qu’un simulacre d’humain, une
machine à la forme féminine séduisante mais injustifiée, dont
même le visage est déformé par des yeux disproportionnés.

FICHE TECHNIQUE

Sortie
Vendredi 15 février 2019

Réal.
Robert Rodriguez

Origine(s)
États-Unis
Canada
Argentine

Année : 2019 – Durée : 2 h 02

Genre(s)
Aventures fantastiques

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française

Alita : L’ange conquérant

Dist. @
20th Century Fox

Classement
Tous publics
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

Info. @
Cineplex

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.   Mauvais. 0 Nul.
½ [Entre-deux-cotes]

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