En salle à Montréal

What Walaa Wants

24 janvier 2019

| PRIMEUR |
Semaine 04
Du 25 au 31 janvier 2019

RÉSUMÉ SUCCINCT
Elevée dans un camp de réfugiés en Cisjordanie alors que sa mère était en prison, Walaa rêve de devenir policière pour porter un uniforme, échapper au mariage et gagner un salaire. Mais son comportement rebelle et sa relation difficile avec sa mère sont un défi, tout comme les circonstances dans lesquelles elle vit.


Critique
| Élie Castiel |

★★★

DOUBLE EXIL FORCÉ

ELLE A GRANDI DANS UN CAMP DE RÉFUGIÉS EN CISJORDANIE. Dès sa pré-adolescence, elle se dit prête à aider les poseurs de bombe. Une idée en tête à 15 ans : joindre les forces policières palestiniennes. Engagée, frondeuse, combattante au sein de sa famille, elle tient de sa mère qui a fait de la prison en Israël et suit sa propre idée de l’existence.

Christy Garland filme Walaa, la rebelle, chez elle, d’une beauté terre-à-terre lumineuse, entourée des siennes (mère, sœurs) et de son frère, plus apte à penser à autre chose, comme ceux de son âge, même s’il défend la cause politique commune. Elle n’a pas la langue dans sa poche. Mais puis, une fois dans le camp d’entraînement, la jeune fille découvre les dures réalités de la formation. What Walaa Wants est la découverte d’un peuple qui croit toujours au rêve d’un état. Aucune référence directe à Israël de la part de Garland; censure sans doute.

Il est temps une fois pour toutes que les cinéastes,
d’un côté ou de l’autre, ou d’ailleurs, tournent des films
en proposant de solides ouvertures vers un
rapprochement politique, économique, social et culturel.
Une chose est claire : c’est possible.

Mais toujours est-il que le plan final nous montre le visage d’une Walaa convertie à une maturité assumée. Elle écoute les doléances d’une Palestinienne au sujet de son voisin de palier qui menace sa famille. Nous constatons, bouleversés, que malgré tout, la vie bat son plein dans ce territoire du double exil, victime de deux puissances inébranlables, Israël et ses excès colonialistes et le Hamas, incapable de poser des gestes vers une plausible réconciliation avec l’autre alors que c’est là, pour les deux camps, la seule solution imaginable.

Il est temps une fois pour toutes que les cinéastes, d’un côté ou de l’autre, ou d’ailleurs, tournent des films en proposant de solides ouvertures vers un rapprochement politique, économique, social et culturel. Une chose est claire : c’est possible. Cela plutôt que de voir chaque camp prêcher pour sa propre paroisse. Des cinéastes israéliens l’ont déjà fait.

Sortie
Vendredi 25 janvier 2019

FICHE TECHNIQUE

Réal.
Christy Garland

Origine(s)
Canada
Danemark

Année : 2018 – Durée : 1 h 29

Genre(s)
Documentaire

Langue(s)
V.o. : multilingue ; s.-t.a. & s.-t.f.
Le rêve de Walaa

Dist. @
ONF


Classement
Tous publics

Info. @
Cinéma du Parc

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel.  ★★★★ Très Bon.  ★★★ Bon.
★★ Moyen.   Mauvais. 0 Nul.
½ [Entre-deux-cotes]

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