En salle à Montréal

Mes provinciales

21 décembre 2018

| PRIMEUR |
Semaine 50
Du 14 au 20 décembre 2018

RÉSUMÉ SUCCINCT
Étienne monte à Paris pour faire des études de cinéma à l’université. Il y rencontre Mathias et Jean-Noël qui nourrissent la même passion que lui. Mais l’année qui s’écoule va bousculer leurs aspirations, en leur faisant traverser des épreuves amicales, amoureuses et artistiques qu’ils n’auraient pu guère soupçonner.

CRITIQUE
| Élie Castiel |

★★★★

CINÉMA ET SENTIMENTS

À voir de près, Mes provinciales est le premier film de Jean-Paul Civeyrac à sortir au Québec, et en réseau indépendant car aucun distributeur local n’a osé en prendre charge. Kino Lorber, sorte de Criterion du numérique et de la sortie en salle s’est occupé de sa diffusion en Amérique du Nord, incluant, bien entendu, le Canada et le Québec. Voici pour la petite histoire qui, par les temps qui courent, vaut la peine d’être racontée.

Pour le film : le ton romanesque de l’ensemble (amours passagères, nombreuses références à la littérature, à la poésie et aux livres de cinéma) est ce qui caractérise ce (très) long film sur le rêve de la création, reposant essentiellement sur l’ouvrage Les provinciales de Blaise Pascal auquel Etienne (Andranic Manet, effacé et pourtant conservant dans son visage et dans son regard, une sorte de dégaine candide) fait référence. Comme dans tout film français qui se respecte, les amours passagères prennent une place considérable et on constatera la présence d’un personnage homosexuel montré avec grâce et subtilité, sans faire de bruit.

Film-cinéma, film-bouquins, film-débats, film-intello (dans
le sens positif). Tout bonnement, Mes provinciales est un film
mélancolique, atteint d’une tristesse qui vient de l’âme.

À voir de près, Mes provinciales est le premier film de Jean-Paul Civeyrac à sortir au Québec, et en réseau indépendant car aucun distributeur local n’a osé en prendre charge. Kino Lorber, sorte de Criterion du numérique et de la sortie en salle s’est occupé de sa diffusion en Amérique du Nord, incluant, bien entendu, le Canada et le Québec. Voici pour la petite histoire qui, par les temps qui courent, vaut la peine d’être racontée.

Pour le film : le ton romanesque de l’ensemble (amours passagères, nombreuses références à la littérature, à la poésie et aux livres de cinéma) est ce qui caractérise ce (très) long film sur le rêve de la création, reposant essentiellement sur l’ouvrage Les provinciales de Blaise Pascal auquel Etienne (Andranic Manet, effacé et pourtant conservant dans son visage et dans son regard, une sorte de dégaine candide) fait référence. Comme dans tout film français qui se respecte, les amours passagères prennent une place considérable et on constatera la présence d’un personnage homosexuel montré avec grâce et subtilité, sans faire de bruit.

Un monde à part, celui des étudiants de la fac. On assiste aux cours, on défend ses idées. L’espace cinéma s’ouvre petit à petit, on continue ou on lâche prise, la musique classique sert de renfort au quotidien et la création est une motivation pour vivre. On prend des notes par écrit et à peine en utilisant le portable, même dans les cafés ou chez soi.

Il y a ceux qui vivent dans un terrain intellectuel privilégié et celles qui préfèrent s’engager socialement. On s’aime, on s’apprécie, on s’oublie quelque temps. On partage les petits appartements parisiens. Les faux pas s’accumulent et mine de rien, on s’excuse de tout et de rien. La vie, quoi!

Car, justement, la vie prend son cours comme il se doit. L’éblouissant noir et blanc et l’écran cinémascope illustrent Paris comme un endroit aussi favorisé pour tourner qu’étranger aux provinciaux. Ville prise par la caméra en un gris en forme de spleen baudelairien sauf pour un des derniers plans où, finalement, le soleil semble répondre aux attentes. Les dialogues (plutôt discours), abondants, témoignent d’une époque disparue, situant le film dans une intemporalité (même si des nouvelles à la radio citent Emmanuel Macron) naviguant entre le réel d’une ville filmée dans des rues désertes ou à peine peuplées et les halls de la fac où les « futurs cinéastes » préparent leurs premières lancées.

Film-cinéma, film-bouquins, film-débats, film-intello (dans le sens positif). Tout bonnement, Mes provinciales est un film mélancolique, atteint d’une tristesse qui vient de l’âme. Mais aussi, le témoin-fantôme d’un aujourd’hui qui, en général, refuse catégoriquement de tenir un discours consistant et éclairé sur l’art et son rapport à la vie. Est-ce la fin?

Un monde à part, celui des étudiants de la fac. On assiste aux cours, on défend ses idées. L’espace cinéma s’ouvre petit à petit, on continue ou on lâche prise, la musique classique sert de renfort au quotidien et la création est une motivation pour vivre. On prend des notes par écrit et à peine en utilisant le portable, même dans les cafés ou chez soi.

Il y a ceux qui vivent dans un terrain intellectuel privilégié et celles qui préfèrent s’engager socialement. On s’aime, on s’apprécie, on s’oublie quelque temps. On partage les petits appartements parisiens. Les faux pas s’accumulent et mine de rien, on s’excuse de tout et de rien. La vie, quoi!

Car, justement, la vie prend son cours comme il se doit. L’éblouissant noir et blanc et l’écran cinémascope illustrent Paris comme un endroit aussi favorisé pour tourner qu’étranger aux provinciaux. Ville prise par la caméra en un gris en forme de spleen baudelairien sauf pour un des derniers plans où, finalement, le soleil semble répondre aux attentes. Les dialogues (plutôt discours), abondants, témoignent d’une époque disparue, situant le film dans une intemporalité (même si des nouvelles à la radio citent Emmanuel Macron) naviguant entre le réel d’une ville filmée dans des rues désertes ou à peine peuplées et les halls de la fac où les « futurs cinéastes » préparent leurs premières lancées.

Film-cinéma, film-bouquins, film-débats, film-intello (dans le sens positif). Tout bonnement, Mes provinciales est un film mélancolique, atteint d’une tristesse qui vient de l’âme. Mais aussi, le témoin-fantôme d’un aujourd’hui qui, en général, refuse catégoriquement de tenir un discours consistant et éclairé sur l’art et son rapport à la vie. Est-ce la fin?

Sortie
Vendredi 14 décembre 2018

Langue(s)
V.o. : français ; s.-t.a.
A Paris Education

Réal.
Jean-Paul Civeyrac

Genre
Drame

Origine(s)
France

Année : 2018 – Durée : 2 h 17

Dist.
Kino Lorber.

Classement
Non classé

Info. @
Cinéma Beaubien
Cinéma du Musée

MISE AUX POINTS
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul
½ [Entre-deux-cotes]

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